Le dividende de la paix permet aux villageois de cultiver leur propre nourriture
La reprise agricole à Djuma Malilo favorise la sécurité alimentaire et renforce la cohésion communautaire
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Il y a deux ans encore, Djuma Malilo, un village du territoire de Nyunzu dans la province du Tanganyika, était un village fantôme. Les champs, autrefois prospères, étaient abandonnés, victimes silencieuses d’un conflit violent entre les communautés Bantou et Twa. Ce conflit avait provoqué un exode massif, laissant la terre stérile et les villageois dispersés.
Mais aujourd'hui, Djuma Malilo est un symbole de renaissance. Grâce à l'approche nexus, qui allie interventions humanitaires, de développement et de consolidation de la paix, les champs sont de nouveau en pleine activité.
Les initiatives de paix menées par l'Initiative de Leadership Cohésif, avec le soutien de l'UNICEF, ont restauré la confiance entre les deux communautés, ouvrant la voie à une nouvelle ère de coopération et de prospérité partagée.
Les plans d'action communautaires, qui priorisent les services sociaux essentiels et une participation équitable, ont permis aux membres des deux communautés de revenir dans leur village natal.
Aujourd'hui, ils travaillent ensemble dans les champs, où le soja, le maïs, le sorgho et le blé, autrefois négligés, poussent à nouveau, transformant les terres en lieux de travail productif.
« Avant, il y avait une hostilité ouverte entre les deux communautés, mais nous sommes désormais sur la voie de l'autosuffisance », se réjouit Alain Bitariho Bahati, chef du village.
Cette reprise agricole réussie n’est pas le fruit du hasard. Pour la soutenir, l'UNICEF et ses partenaires ont lancé le Projet de Résilience Alimentaire Communautaire.
Ce projet, élément clé de l'approche nexus, vise à relancer l'économie locale, réduire la pauvreté et améliorer la nutrition, en particulier pour les populations les plus vulnérables.
Les récoltes de Djuma Malilo et des cinq villages voisins sont acheminées vers une nouvelle usine de traitement, située en périphérie de Kalemie et financée par l'UNICEF.
Il s’agit de la première installation de ce type dans la région, permettant de transformer sur place les aliments qui, auparavant, devaient être envoyés plus loin.
Dirigée par Sœur Kongolo Senga Thérèse, du Centre Socio-Éducatif l’Espérance Compagnie de Marie Notre-Dame (CSEEC), cette usine a déjà commencé à moudre le blé en farine.
D’autres aliments comme le maïs, les fèves de soja et les patates douces seront bientôt traités ici. La farine - qui est enrichie durant le processus - est ensuite redistribuée dans les villages ou vendue en surplus, apportant des nutriments essentiels à toute la population.
Ce projet ne se limite pas à l’aspect économique. Les femmes, notamment au sein des coopératives de mères, jouent un rôle clé dans cette renaissance agricole. Grâce à un soutien mutuel et des initiatives communautaires, elles renforcent leur résilience collective et contribuent activement à l'amélioration de la sécurité alimentaire de leurs villages.
L'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), en partenariat avec l'UNICEF, a formé les villageois aux meilleures pratiques agricoles tout en leur fournissant des outils pour optimiser leurs rendements.
La sécurité alimentaire et la nutrition sont désormais au cœur de cette dynamique de paix. Ces efforts visent à non seulement améliorer l’accès à une alimentation saine, mais aussi à promouvoir des pratiques favorisant la cohésion sociale, telles que l'éradication de la malnutrition et la promotion de l'allaitement maternel.
En travaillant directement avec les communautés, l'approche nexus renforce leur résilience, les aidant à mieux surmonter les vulnérabilités du passé et à construire un avenir plus stable et prospère.