Vaccin contre la COVID-19 : de la réticence à la prise de conscience
« Personne n’est sain tant que tout le monde ne l’est pas. »
« La COVID-19 n’existe plus », clame la plupart des réticents quand on leur parle du vaccin.
Jackson, 44 ans, un pêcheur libérien, immigré à San Pedro en Côte d’Ivoire depuis 7 ans, craignait que le vaccin l’empêche de pratiquer son activité à cause des effets secondaires.
Les effets secondaires à la suite de vaccin sont souvent récurrents. Les vaccins étant constitués pour la plupart, de la souche du virus ou du microbe responsable de la maladie, permettent à notre corps de reconnaitre l’identité de la maladie et de développer les anticorps nécessaires pour lutter contre la maladie, dans le cas où nous rentrons en contact avec le virus. Les vaccins en général n’empêchent pas d’attraper le virus mais ils permettent à notre corps de ne pas manifester les symptômes et d’éviter les formes graves de la maladie. Cependant face à l’ampleur que peut prendre une épidémie et les conséquences qu’elle peut avoir sur la santé publique, sur la vie sociale, économique et surtout sur la vie humaine, les effets secondaires qu’on peut manifester à la suite du vaccin, sont bien moindres face aux conséquences de la maladie.
Ainsi, après avoir exprimé son point de vue, Jackson a été sensibilisé par Ahmed, un agent mobilisateur de San Pedro et a accepté de faire sa première dose du vaccin contre la COVID-19.
Ahmed est un mobilisateur hors pair, il a démontré lors de cette campagne son engagement pour la santé de sa communauté et pour la santé de chaque enfant.
« Pour faire le travail de la mobilisation, il faut être sympathique, souriant et confiant pour mieux expliquer l’importance du vaccin aux communautés »
Par son leadership, Ahmed a su attirer plus d’une vingtaine de passants sur le site de vaccination et en une heure, a convaincu, plusieurs réticents, à se faire vacciner.
Ce fut le cas de Safiatou Zongo, 33 ans, une mère allaitante, qui, après que son bébé ait reçu son vaccin de routine, s’est laissée convaincre et a accepté de faire le vaccin contre la COVID-19.
50% de la population sur toute l’étendue du territoire ayant fait au moins leur première dose du vaccin contre la COVID-19, ont contribué à réduire le nombre de cas et donc de contamination. En effet, pour maitriser une maladie contagieuse et éviter que des contaminations de masse ne déclenchent une épidémie, il faut qu’un ratio de 70% de la population cible soit vaccinée voire 100%.
Le gap est encore grand et « Personne n’est sain tant que tout le monde ne l’est pas ». Cette citation, reprise surtout par les entités engagées au cœur de la pandémie, fait sens au vu de notre interdépendance, de notre proximité permanente dans ce village global qu’est le monde et nos habitudes sociales qui sont ancrées lors de nos activités, nos voyages, etc...
Ici en Côte d’Ivoire, la population résidente est estimée à 30 215 522, à Abidjan elle est estimée à 6 504 015 habitants dans les 2 119 km2 du District autonome d'Abidjan soit plus de 22 % de la population du pays. Les transports en commun qui demeurent l’un des moyens de déplacement fard, empêchent la distanciation sociale. Sans oublier nos gestes de rapprochement qui sont réguliers tels que les poignées de mains, les accolades, surtout à l’endroit des enfants qui sont les plus vulnérables.
Les membres du Comité d'urgence du Règlement sanitaire international de l'OMS ont exprimé leur « inquiétude quant au risque permanent posé par la maladie, avec un nombre de décès encore élevé par rapport à d'autres maladies infectieuses respiratoires. » Depuis le début de la pandémie en Côte d’Ivoire, nous avons atteint 88 185 cas confirmés et 834 décès enregistrés au total, le 27 février 2023.
Selon les experts il y a une « adoption insuffisante du vaccin dans les pays à revenu faible et intermédiaire, ainsi que dans les groupes à haut risque au niveau mondial, et l'incertitude associée aux variants émergents ».
Avec nos champions et nos partenaires, tels que Word Cold Council, Global Affairs Canada et USAID, l’UNICEF s’engage à convaincre plus de 7 000 000 de personnes à partir de 12 ans à se faire vacciner et ainsi se protéger des formes graves de la maladie, d’ici fin 2023.
Cependant, il faut reconnaitre les efforts des agents de santé dans cette campagne de vaccination, qui arrivent à rassurer les communautés sur le vaccin et même les enfants et adolescents de 12 ans et plus avec l’accord parental. En effet, environ 1 800 000 doses ont été administrées depuis le debut de la campagne, le 13 février dernier. Madou Michael, 29 ans, venu à l’hôpital du quartier Zimbabwe de San-Pedro dans le cadre d’une consultation avec sa fiancée, nous a partagé la raison pour laquelle il n’avait pas fait son vaccin jusque-là :
« En tant qu’ouvrier au Port Autonome de San-Pedro, je n’ai pas eu le temps de faire le vaccin contre la COVID-19 auparavant. Aujourd’hui, j’ai été motivé par les agents de santé, qui ont su me mettre en confiance. »
Pour d’autres encore, comme les grand-mères de Mohamed, il leur fallait juste un rappel et Mohamed, 12 ans après avoir fait son vaccin, les a encouragé à en faire autant. Aujourd’hui, ayant fait leur troisième dose, elles sont complètement vaccinées contre la COVID-19.
Chacune de leurs histoires nous donne espoir sur la prise de conscience collective concernant le vaccin et en particulier l’inclusion des enfants et des jeunes et dans la sensibilisation et la lutte contre la COVID-19 en Côte d’Ivoire car nous sommes tous concernés.