Une journée de vaccination pour offrir un avenir plus sain à plus de 60 enfants

À Kadarvogo, chaque séance de vaccination représente une protection précieuse pour les enfants.

Lydia Kouadio
vaccination infantile à Kadarvogo
UNICEF / 2026 / Frank Dejongh
03 août 2026

Au centre de santé de Kadarvogo, localité frontalière marquée par un riche brassage culturel entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso, plus de 60 enfants ont été vaccinés la matinée du lundi 6 juillet 2026. Un « petit mal » nécessaire pour protéger les enfants contre des maladies graves et potentiellement mortelles mais évitables par le vaccin. 

Ce centre de santé du district sanitaire de Ouangolodougou dans la région du Tchologo est fréquenté aussi bien par les populations ivoiriennes que burkinabées. Ici, les mères connaissent l'importance de la vaccination et savent généralement contre quelles maladies chaque vaccin protège leur enfant. 

Avant chaque séance de vaccination, les agents de santé organisent des sessions de sensibilisation en plusieurs langues locales à savoir le moré, le peul, le sénoufo et surtout le dioula afin d'informer les familles sur la gratuité des vaccins et de mobiliser la communauté. 

« Nous sensibilisons les parents avant chaque séance pour qu'aucun enfant ne soit laissé de côté » Coulibaly Siby, infirmier du centre de santé. 

 

Des mères convaincues de l'importance de la vaccination 

Chaque lundi, jour de vaccination au centre de santé, des mamans, leurs bébés au dos et posées sur la moto de leur conjoint, se rendent au rendez-vous vaccinal au centre de santé. 

vaccination infantile à Kadarvogo, Fatoumata Bolly et sa fille au centre de santé.
UNICEF / 2026 / Frank Dejongh

Fatoumata Ouattara, mère du petit Oudou, âgé de quatre mois, partage son temps entre les travaux champêtres, en cultivant du soja, du haricot et du coton, et les soins à son enfant. Elle pratique l'allaitement maternel exclusif. 

Assise sous le préau du centre de santé, la jeune Fatoumata Bolly serre sa fille Bibata Barry contre elle en attendant son tour. Cette mère de 19 ans est convaincue de l'importance de la vaccination. 

« La vaccination représente pour moi la santé de mon enfant et je suis heureuse d’y contribuer simplement en venant à l’hôpital. », confie la jeune mère. 

À l'issue de la séance, Fatoumata Bolly bénéficiera de conseils sur la nutrition infantile et l'utilisation des farines locales pour l’intégration des aliments de compléments car sa fille a déjà six mois. 

De son côté, Soura Nawa, 20 ans est venue faire vacciner sa petite Rokia, âgée de deux mois, convaincue des bienfaits de la vaccination. Elle se souvient encore avec émotion de ses deux maternités. 

J'étais heureuse de prendre ma première fille dans mes bras et j'ai également bien vécu ma deuxième grossesse. La vaccination empêche les maladies d’atteindre mes enfants et cela me motive à être présente à chaque séance.

Soura Nawa
Soura Nawa et son mari qui l’accompagne aux séances de vaccination.
UNICEF / 2026 / Frank Dejongh

Au centre de santé de Kadarvogo, les hommes jouent également un rôle important. Dès les consultations prénatales, de nombreux maris accompagnent leurs épouses, depuis la grossesse jusqu'à l'accouchement et même lors des séances de vaccination comme celle-ci. Le mari de Soura Nawa, Brahima Ouattara était présent avec sa moto attendant sa femme et sa fille qui a bénéficié du vaccin. D’autres pères étaient également présents. Ils sont sensibilisés à l'importance de la vaccination et encouragent leurs familles à respecter le calendrier vaccinal.

 

Un nouveau-né vacciné dès son premier jour de vie 

Un nouveau-né reçoit ses premiers vaccins.
UNICEF / 2026 / Frank Dejongh

À peine remise de son accouchement, Barikassa Diallo, âgée de 28 ans, a à ses côtés, son quatrième enfant, né le jour même. Le nouveau-né a déjà reçu ses premiers vaccins : le BCG contre la tuberculose, le vaccin contre l'hépatite B et le vaccin contre la poliomyélite. La mère est également à jour de ses propres vaccinations.  

La sage-femme Sidibé Madjalia, qui travaille depuis trois ans au sein du centre de santé, a réalisé la préparation à la naissance, a pratiqué l'accouchement de Barakissa ainsi que l’administration des vaccins de son bébé. 

« Elle est arrivée à 7 h 50 et à 7 h 55, elle était déjà en train d’accoucher. C'était un accouchement normal, sans grande difficulté.» raconte la sage-femme. 

Elle souligne les progrès réalisés par le centre de santé ces dernières années : 

La Sage-femme Sidibé Madjalia.
UNICEF / 2026 / Frank Dejongh

Lorsque je suis arrivée, il était difficile pour les femmes de réaliser les bilans prénataux et les échographies. Aujourd'hui, il y a eu beaucoup d’amélioration et les femmes peuvent aisément faire ces examens grâce à l’organisation et aux partenariats que nous avons mis en place.

Sidibé Madjalia, un agent de santé communautaire au service des familles depuis plus de sept ans

Carnets de vaccination à la main, Kadidjatou Traoré est présente au centre de santé pour dénombrer les enfants vaccinés ainsi que les différents vaccins administrés. Au quotidien, elle sillonne régulièrement le village pour sensibiliser les familles. Elle est devenue un visage familier. 

« Je mobilise les familles, je les encourage à fréquenter le centre de santé et je réfère les enfants souffrant de malnutrition » Kadidjatou 

Son engagement est aussi nourri par son histoire personnelle. Mère de six enfants et installée dans le village depuis près de trente ans, elle a connu une époque où l'accès aux soins relevait du parcours du combattant. Elle se souvient d'une époque où il n'existait aucun centre de santé à proximité jusqu’en 2017, à peine deux après la naissance de son dernier fils. 

Avant, il n'y avait pas d'hôpital. Beaucoup de femmes allaient jusqu’au Burkina Faso pour se faire soigner ou dans l’un des villages voisins de Kadarvogo. Certaines se perdaient en route. Il n'y avait pas de motos, seulement des vélos et des ânes. Beaucoup d'enfants ont manqué cette étape importante de la vaccination et ont développé la polio ou d'autres maladies graves pourtant évitables. Les populations se tournaient vers les médicaments traditionnels et beaucoup d’enfants ont perdus la vie.

Kadidjatou
Kadidjatou, agent de santé communautaire, apporte son appui pour les séances de vaccination.
UNICEF / 2026 / Frank Dejongh

Les six enfants de Kadidjatou n'ont pas eu la chance de recevoir les vaccins. Aujourd'hui, elle dit aux mères : vous avez cette chance, profitez-en. Elle contrôle les carnets de vaccination de chaque enfant, vérifie et rappelle les rendez-vous aux parents concernés.  

Un centre de santé essentiel pour toute la communauté 

Native de la localité, Traoré Latifatou a choisi de mettre ses compétences au service de sa communauté en rejoignant le centre de santé de Kadarvogo. À seulement 23 ans, Traoré Latifatou, aide-soignante, est fière de travailler dans le village qui l'a vue grandir. Elle participe aux accouchements et assure, avec l'équipe, une prise en charge quotidienne des patientes. 

Avoir un centre de santé à proximité est essentiel. Lorsqu'une femme est en travail, elle peut rapidement accéder aux soins et accoucher en toute sécurité.

Latifatou, aide-soignante au centre de santé de Kadarvogo
UNICEF / 2026 / Frank Dejongh

À Kadarvogo, chaque piqûre est un geste de prévention, chaque carnet de vaccination complété est une victoire contre les maladies évitables et chaque enfant vacciné représente l'espoir d'une génération en meilleure santé.