À Nafana, des familles sont mobilisées pour offrir un avenir sain à leurs enfants

Les séances de vaccination et de supplémentation en vitamine A rassemblent chaque semaine des familles venues de plusieurs villages.

Lydia Kouadio
Un bébé de 7 mois reçoit sa dose de vitamine A.
UNICEF / 2026 / Franck Dejongh
27 juillet 2026

Chaque mercredi, un rendez-vous est devenu incontournable. Dès les premières heures de la matinée, le centre de santé de Nafana s'anime. Des dizaines de femmes arrivent avec leurs nourrissons dans les bras ou dans le dos. Certaines ont parcouru plusieurs kilomètres à pied ou à moto depuis les quatre villages voisins qui dépendent du centre de santé. Les mercredis sont consacrés à la vaccination des enfants, à la supplémentation en vitamine A ainsi qu'aux conseils nutritionnels destinés aux parents. 

« La vaccination protège la santé de mes dix enfants » Salimata  

Pour Salimata Coulibaly, la vaccination est devenue une évidence. Installée à Nafana depuis près de dix ans après son mariage, cette mère de dix enfants, dont trois paires de jumeaux, veille à ce qu'aucun rendez-vous vaccinal ne soit manqué. Ce matin, elle est venue avec ses derniers nés, Maïmouna et Alidou, âgés de près de deux mois. Entre les soins apportés à sa famille et son activité dans un jardin maraîcher où elle cultive des oignons, des choux et des aubergines, elle trouve toujours le temps de se rendre au centre de santé. 

« La vaccination facilite la santé et évite les maladies. Tous mes enfants ont reçu leurs vaccins à temps. » Salimata  

La maternité lui a appris la résilience. 

Salimata nourrit ses jumelles après la séance de vaccination.
UNICEF / 2026 / Franck Dejongh

J'ai été malade pendant cinq mois pendant une grossesse. Être mère m'a appris la souffrance, mais surtout la responsabilité de bien élever mes enfants pour qu'ils deviennent quelqu'un demain.

Salimata

Elle souligne également le soutien de son mari, pleinement conscient de l'importance de la vaccination.  

De jeunes mères convaincues 

À seulement 18 ans, Lanta Marie est déjà mère de deux enfants. Elle partage son quotidien entre les travaux des champs où elle cultive le maïs, le riz et le haricot et les soins apportés à sa famille.  

« Pour moi, la vaccination, c'est comme un médicament qui protège mes enfants. » Lanta Marie 

Quant à Barakissa Zibo, elle attend son tour avec ses trois enfants : les jumeaux Adama et Awa, âgés de trois ans, ainsi que le petit Yacine Seïdou, huit mois. 

Installée dans le village depuis six ans, elle poursuit l'allaitement maternel de son dernier enfant tout en introduisant progressivement des bouillies de maïs.

Prise du périmètre brachial à un enfant.
UNICEF / 2026 / Franck Dejongh

Elle dit : « Je fais confiance aux infirmiers pour les vaccins et les conseils sur l'alimentation de mes enfants. » Barakissa Zibo 

En plus de la vaccination, les enfants entre 6 mois et 5 ans reçoivent en routine, leur supplémentation en vitamine A. Venue accompagner ses deux filles, Sawadogo Barakissa connaît bien son importance. Sa fille aînée, Mariam, a deux ans tandis que la petite Hadidjatou est âgée de dix mois.  

« Je veux que mes filles grandissent en bonne santé, aillent à l'école et réussissent leurs études, pour cela il leur faut la santé dès aujourd’hui. » Sawadogo Barakissa 

Comme de nombreuses familles, elle repart également avec une moustiquaire imprégnée afin de protéger ses enfants contre le paludisme.

Trois jeunes mères peules venues de Diangala, un village voisin, pour vacciner leurs enfants.
UNICEF / 2026 / Franck Dejongh

À quelques mètres de la salle de vaccination, Djeneba Sidibé berce son tout premier enfant, Mamadj, âgé de deux mois. 

Peule, vivant au village de Diangala, elle découvre encore les responsabilités de la maternité.  

« Ce n'est pas facile. Je m'occupe de mon bébé seule, mais je veux lui donner toutes les chances de grandir en bonne santé.» Djeneba 

 

Une grand-mère qui transmet les bons réflexes 

Assise à l'ombre du centre de santé, Traoré Massouka observe ses trois petits-enfants attendre leur dose de vitamine A. 

Mère et grand-mère, elle accompagne régulièrement ses trois petits-enfants, Ibrahim, Bakaramoko et Bintou lors des séances de vaccination lorsque sa fille n’est pas disponible. 

Pour elle, les bénéfices sont visibles. 

« Quand les enfants sont vaccinés, ils tombent moins malades et restent en pleine forme.» Massouka 

Aller vers les communautés pour ne laisser aucun enfant de côté 

Brahima, agent de santé communautaire vaccine un enfant.
UNICEF / 2026 / Franck Dejongh

Depuis trente ans, Brahima Sanogo sillonne les pistes de Nafana en tant qu'agent de santé communautaire.  

Sur son vélo, il parcourt les villages et les campements pour sensibiliser les familles. 

Les jours de marché sont aussi devenus des occasions privilégiées pour organiser des séances de vaccination au plus près des populations. 

« Avant, la majorité des enfants n'étaient pas vaccinés. Aujourd'hui, nous allons directement vers les communautés pour effectuer la vaccination.» Brahima 

Son collègue, Issouf ne cache pas sa fierté, il renchérit : 

« Nous avons envie de travailler. Voir ces enfants grandir en bonne santé est notre plus grande récompense. Grace à l’engagement de l’infirmier, le travail est bien fait.» Issouf 

Présent au centre de santé de Nafana depuis onze ans, l'infirmier diplômé d'État Florentin Kossonou a été témoin de l'évolution des mentalités et des pratiques. 

À son arrivée, certaines communautés, notamment les populations Lobi ou Miénga récemment installées dans la zone, étaient encore méfiantes et réfractaires vis-à-vis de la vaccination. Aujourd'hui, la situation est bien différente. 

Il a fallu beaucoup de sensibilisation. Les familles ont vu les conséquences des épidémies de rougeole et les décès d'enfants. Progressivement, elles ont compris l'importance de la vaccination.

Florentin Kossonou
L’infirmier du centre de santé en pleine sensibilisation à la communauté.
UNICEF / 2026 / Franck Dejongh

Désormais, certaines familles parcourent plus de cinq kilomètres pour rejoindre le centre chaque mercredi. Pour lui, cette mobilisation est la preuve que les messages de prévention ont porté leurs fruits. Au-delà de la vaccination, le centre prend également en charge les enfants souffrant de malnutrition modérée ou sévère sans complication grâce aux aliments thérapeutiques prêts à l'emploi, à la supplémentation en vitamine A ainsi qu'aux démonstrations culinaires destinées aux parents d'enfants âgés de six mois et plus. 

À Nafana, la vaccination, la supplémentation en vitamine A et les conseils nutritionnels représentent un investissement quotidien dans l'avenir des enfants. Semaine après semaine, les communautés sont mieux protégées contre les maladies et la malnutrition.