Marquée par la guerre mais pleine d’espoir
Sous le regard de Djeneba, des situations terribles se sont produites, pourtant elle continue de rêver.
Djeneba Diallo n’a que 13 ans. Et pourtant, ses yeux d’enfant ont déjà vu ce que personne, même adulte, ne devrait jamais voir.
Elle a quitté le Burkina Faso avec sa famille, fuyant les violences de la crise du Sahel. Elle appartientà l’ethnie peul, l’une de celles qui ont payé le prix fort dans les massacres. Djeneba se souvient encore des corps sans vie. Elle se souvient de la peur qu’elle a ressentie, de la précipitation que tout le monde avait. Il était vital pour tous de fuir.
« J’ai vu des gens mourir. J’ai eu peur. » Djeneba
Aujourd’hui, elle vit dans un tout autre monde. Un camp de réfugiés, celui de Nioronigué, une zone de paix où les rires des enfants se font entendre plus souvent. Nioronigué est un site situé dans le nord de la Côte d’Ivoire non loin de la frontière avec le Burkina Faso, précisément dans le département de Ouangolodougou, région du Tchologo.
Elle apprend au sein de l’École de Transit Apprenant (ETA) de l’EPP Nioronigué. Chaque matin, elle prend son sac bleu chargé de ses cahiers et se rend à l’école afin d’ouvrir son esprit. Elle écoute, elle note, elle questionne. Elle veut devenir médecin. Pour elle, ces hommes et ces femmes en blouse blanche qui entrent dans le camp et assistent les malades sont des héros. Et elle veut, un jour, faire comme eux.
Quand je les vois arriver, avec leurs blouses, je me dis que moi aussi, un jour, je viendrai aider les autres comme ils le font.
À ses côtés, il y a sa famille et particulièrement sa grande sœur Mariam Diallo, dont elle est très proche. Mariam est animatrice de Cp1 à l’EPP Nioronigué que Djeneba fréquente en tant qu’élève en classe de Cm1. Mariam a malheureusement arrêté son parcours scolaire à cause de la crise. En classe de Terminale D et à quelques mois du baccalauréat, elle a tout abandonné pour se retrouver dans le Nord de la Côte d’Ivoire avec sa famille. En peu de temps, elle est devenue fugitive, puis réfugiée. Elle aussi aurait voulu passer son bac, poursuivre ses études. Mais aujourd’hui, elle se rend utile autrement.
Je n’ai pas pu finir le lycée mais je veux que d’autres enfants y arrivent. Cependant je ne compte pas abandonner ce rêve, car j’ai pour ambition de devenir médecin.
Leurs trajectoires ont été marquées par la guerre et leur vie n’est plus la même. Mais elles avancent. L’une enseigne, l’autre apprend.
Dans les situations d’urgence, les droits des enfants ne doivent jamais être mis de côté. L’UNICEF et (Donateur) travaillent ensemble pour que chaque enfant demandeur d’asile, puisse grandir protégé, et éduqué.