Ils ont un point commun : leur intérêt pour la nutrition des enfants !
Mamadou, Agathe et Aminata, démontrent leur intérêt pour le droit des enfants de Mossibougou à une bonne nutrition.
Le griot Mamadou, le médium de Mossibougou
Les griots sont incontournables en termes de communication dans les villages de la région du Poro, du Tchologo et du Bounkani, dans le Nord de la Côte d’Ivoire. Cela demeure une pratique culturelle puissante pour la sensibilisation en langue locale, des communautés rurales. Dans ces communautés les actions sont multipliées pour permettre aux familles et surtout aux enfants d’avoir accès aux services de base et de jouir pleinement de leurs droits pour un bon départ dans la vie. À Mossibougou, un quartier de la ville de Ouangolodougou, Mamadou Toungara exerce son métier de griot depuis un bon nombre d’années, il ne se rappelle pas quand il a commencé mais il sait qu’il a été influencé par feu son oncle, lui aussi griot à une certaine époque. Aujourd’hui, il a 61 ans, mais son pas est toujours affirmé : il carbure comme un jeune, pour parcourir tout le village. Sa voix ne faiblit pas, le griot continue de la lever grâce à son microphone qui lui sert d’écho pour faire resonner le message des droits de l’enfant à la santé et la nutrition et influencer positivement les comportements. Il a reçu cette année, des mains des autorités de Ouangolodougou, une reconnaissance de son travail et de son engagement pour le bien-être de la communauté.
Fabrice Gahié, point focal communication du district Sanitaire de Ouangolodougou, confirme que les griots sont des partenaires efficaces. Le week-end du 14 septembre, Mamadou a été sollicité et a assuré la mobilisation de la communauté quant à l’intégration des Micronutriments en poudre (MNPs) dans l’alimentation des enfants de 6 à 23 mois.
Une maman 10/10
Maman de deux enfants, dont un garçon de 6 mois, Agathe Traoré était présente sur la place publique de Mossibougou où avait lieu une sensibilisation de masse sur l’introduction des Micronutriments en poudre (MNPs) pour renforcer la nutrition et la croissance des enfants de 6 à 23 mois. Agathe a été une bonne élève lors de cette session de sensibilisation. Elle a suivi et posé des questions pertinentes, car attentive aux besoins de son enfant.
Il y a plusieurs étapes dans l’administration des micronutriments en poudre. En premier lieu, il faut se laver correctement les mains ainsi que ceux de l’enfant. Ensuite, une fois par jour, il faut verser tout le contenu du sachet dans une portion du repas que l’enfant pourra terminer afin que l’enfant bénéficie de tous les nutriments.
Durant cette sensibilisation, les acteurs de la nutrition ont profité pour passer les messages de la nutrition : L’importance d’une bonne nutrition des femmes enceintes et des femmes allaitantes, la nécessité de l’allaitement maternel pour les enfants de 0 à 6 mois, la poursuite de l’allaitement jusqu’à au moins deux ans, l’introduction à partir de six mois des aliments de compléments, dont la vitamine A et désormais les Micronutriments en poudre (MNPs). Les MNPs sont comme des suppléments alimentaires dans lesquels il y a des micronutriments, souvent limités dans les repas des jeunes enfants qui ne sont pas souvent variés. Les carences en micronutriments ont plusieurs conséquences sur la santé et le développement des jeunes enfants dont l’anémie. Les micronutriments servent à enrichir l’aliment de complément permettent aux enfants de bien se développer, grandir, avoir une bonne vue, être éveillés et surtout résister aux maladies tueuses de l’enfant.
Une sororité de femmes engagées pour la nutrition
Avec sa coéquipière Kadidja Koné, Aminata dirige une association de 56 femmes et de mères engagées pour la santé et la nutrition des enfants de Mossibougou. Chaque samedi de 9h à 13h, les mobilisatrices communautaires font une réunion d’organisation de leurs activités et cotisent la somme de 100 Fcfa pour ce qu’elles ont nommé « La caisse de la solidarité » qui sert à soutenir les membres de la communauté. Avant la sensibilisation, Kadidja et Aminata ont mobilisé les femmes qui sont venues nombreuses lors de la session de sensibilisation le samedi 14 septembre. Elles seront également sollicitées pour assurer un suivi c’est-à-dire vérifier que les mères des enfants de 6 à 23 mois donnent chaque jour les Micronutriments en poudre à leur enfant.
Aminata, est elle-même maman de trois enfants dont le dernier a six mois. Il bénéficiera lui aussi de la distribution des Micronutriments en poudre (MNPs).
J’ai décidé de m’engager pour la nutrition et la santé des enfants de ma communauté car je suis moi-même une mère, de plus, je suis loin de ma famille, cette association est comme ma famille, je donne beaucoup de mon temps et de mes efforts et en retour je reçois énormément pour le bien-être de mes enfants.
La nutrition a un rôle déterminant sur la santé et le développement de l’enfant. Les enfants bien nourris ont de meilleures chances d’être en bonne santé, d’avoir une bonne croissance et plus tard de s’instruire. Le monde entier tire des bénéfices d’une bonne nutrition. À l’inverse, la malnutrition est dévastatrice tant physiquement qu’intellectuellement, et représente une énorme charge pour les pays. Grâce à la Coopération Allemande KFW, l’UNICEF et le Programme National de Nutrition (PNN) s’engagent à booster la nutrition des enfants de la région du Tchologo et du Bounkani, car l’organisme d’un enfant bien nourri peut mieux affronter les maladies.