Des produits locaux pour mieux nourrir les enfants de Siempurgo
Organisées en coopérative, les femmes de Siempurgo produisent, transforment et valorisent des produits locaux afin d’améliorer l’alimentation des jeunes enfants.
À Siempurgo, Coulibaly Minimingnan, 42 ans, verse de l’eau, de la farine de maïs, de la farine de soja et de la pâte d’arachide dans une casserole. À feu doux, elle montre aux autres femmes de sa coopérative comment préparer une bouillie plus nutritive pour les enfants à partir de six mois. Cultivés localement, ces produits contribuent à rendre les aliments de complément plus disponibles, accessibles et adaptés aux besoins des jeunes enfants du village.
Autrefois, les familles utilisaient généralement du riz ou du maïs pour préparer les bouillies. Les femmes ne savaient pas toujours comment associer ces céréales à d’autres aliments riches en nutriments, comme le soja et les arachides, afin de mieux répondre aux besoins nutritionnels des enfants pendant la période d’introduction de l’alimentation de complément.
Avant, nous ne savions pas comment enrichir les bouillies des enfants. Il y avait des cas de malnutrition dans le village. Mais depuis que nous avons commencé à donner ces aliments aux enfants, nous voyons que les choses ont changé. Nous cultivons nous-mêmes ces céréales et nous les utilisons pour préparer leurs bouillies.
Le changement a commencé avec les démonstrations culinaires organisées par le Programme national de nutrition et l’UNICEF Côte d’Ivoire, à travers l’ONG Animation Rurale de Korhogo, grâce à l’appui du Comité japonais pour l’UNICEF. Cette approche s’inscrit dans le cadre du soutien à la production locale et à la consommation d’aliments de complément nutritifs et, sains, abordables et durables pour les jeunes enfants.
Au cours de ces séances, les femmes ont appris à associer le maïs, le soja et les arachides afin de mieux répondre aux besoins nutritionnels des jeunes enfants. Après leur formation, elles reproduisent les démonstrations entre elles pour maîtriser les recettes, renforcer les bonnes pratiques d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant et transmettre ces nouvelles habitudes aux autres mères de la communauté.
Coulibaly Nandja Rachelle, mère de six enfants et membre de la coopérative, a elle aussi appris à préparer des bouillies enrichies pour les plus jeunes. Comme les autres participantes, elle peut désormais utiliser les produits issus de son champ pour diversifier les repas servis à ses enfants.
Cette démarche s’inscrit dans un appui plus large aux coopératives et à la chaîne de valeur locale. À l’échelle du projet, 460 membres de coopératives ont été formés à produire, transformer et commercialiser des aliments de complément nutritifs et, sains, accessibles aux enfants, tout en créant des opportunités économiques pour les ménages.
En 2026, une unité de transformation a également été construite à Siempurgo. Elle réduit désormais la pénibilité du travail, permet aux femmes de transformer plus rapidement leurs récoltes et renforce l’ancrage local d’une solution durable, adaptée au contexte rural ivoirien.
« Avant, nous pilions à la main. Maintenant, nous avons le moulin. Nous sommes soulagées et nous n’allons plus piler les céréales au mortier. », se réjouit Minimingnan.
Ces changements dans les pratiques alimentaires commencent également à être perçus au sein des familles.
« Depuis que ma femme a suivi la formation de la coopérative et participé aux démonstrations culinaires, nous avons le sentiment que les enfants se portent mieux », témoigne le mari de Minimingnan.
Selon lui, les enfants semblent mieux grandir et les parents disent les voir tomber moins souvent malades depuis l’adoption de ces nouvelles habitudes alimentaires. Convaincu de l’utilité du travail de la coopérative, il soutient désormais son épouse en l’aidant dans les travaux champêtres.
Aujourd’hui, les femmes membres de la coopérative valorisent mieux les produits locaux qu’elles cultivent. Une partie de la production sert à nourrir les familles, tandis que les surplus sont commercialisés afin de contribuer aux dépenses des ménages.
En associant formation nutritionnelle, production locale, transformation des récoltes, les femmes de Siempurgo contribuent progressivement à améliorer l’alimentation des jeunes enfants tout en renforçant leur autonomie économique. Leur expérience montre comment les produits locaux peuvent devenir un levier durable pour améliorer la nutrition des enfants, soutenir les communautés et renforcer les économies locales.