La promotion de l'entrepreneuriat et l'emploi des jeunes dans les zones de crise humanitaire.
Hama, Oumou et Mbarka ont développé leurs activités économiques grâce au coup de pouce du projet PAFFEM.
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Assis dans la cour familiale dans son village de Toya situé à 10 kilomètres de la ville mystérieuse de Tombouctou, Hama Djoubalo, donne à manger à son petit troupeau de moutons. Emporté dans ses pensées, il effectue un voyage dans le temps et raconte l’accident dont il a été victime en 2012.
« Je suis l’un des enfants victimes de l’accident d’engins explosifs. J’avais 14 ans lorsque j’ai ramassé la grenade qui m’a ôté le bras et le pieds du côté droit », relate Hama. « Comme vous me voyez, j’ai une main, j’ai un pied. Ce que vous voyez ne sont que des prothèses », dit-il avec sourire et humour pour montrer à combien il s’est adapté à son handicap.
À 26 ans, Hama bénéficie d'un soutien pour son activité d'embouche grâce au projet PAFEEM (Promotion de l'Accès au Financement, à l'Entrepreneuriat et à l'Emploi au Mali). Ce programme, initié par le Gouvernement du Mali et financé par la Banque Mondiale, est mis en œuvre par l'UNICEF en collaboration avec l'ONG AMSS (Association Malienne pour la Survie au Sahel) dans les régions de Tombouctou et Taoudenni.
Le projet se divise en deux sous-composantes. La première portant sur les activités génératrices de revenus (AGR), qui visent à créer ou renforcer de petites initiatives d'auto-emploi et à élaborer des plans d'affaires pour améliorer les revenus des jeunes et des femmes ainsi que ceux de leurs familles. Ces AGR sont particulièrement essentielles durant la période de soudure et face à d'autres chocs socio-économiques, tant au niveau individuel que communautaire. La deuxième composante porte sur les Travaux Publics à Haute Intensité de Main-d’œuvre (TP-HIMO) apportent un soutien direct aux revenus des jeunes et des femmes en situation de pauvreté et de vulnérabilité dans les régions de Tombouctou, Taoudenni, Gao, Kidal, Mopti, Bandiagara et Douentza, grâce à leur engagement dans le programme. Cette approche permet aux travailleurs vulnérables de générer des revenus à court terme tout en contribuant à la restauration des infrastructures communautaires essentielles et à la résilience des communautés, en particulier dans les zones affectées par des conflits et les impacts du changement climatique.
« J’ai reçu la somme de 235 mille FCFA (US$400) qui m’a permis d’acheter des moutons. Je les nourris et les revends une fois qu’ils peuvent me rapporter plus d’argent. Je réinvesti le capital et je couvre mes besoins avec le bénéfice. Grâce à cette activité, je suis autonome », explique Hama.
« J’ai reçu la somme de 235 mille FCFA (US$400) qui m’a permis d’acheter des moutons. Je les nourris et les revends une fois qu’ils peuvent me rapporter plus d’argent. Je réinvesti le capital et je couvre mes besoins avec le bénéfice. Grâce à cette activité, je suis autonome ».
Dans le même village, Oumou, a, elle aussi bénéficié de l’appui du PAFEEM. « J’ai reçu 235 000 FCFA (US$400) du projet et j’ai entrepris dans le commerce du riz. Avec cet argent, j’ai acheté du riz que je revends et grâce à Dieu, j’ai réalisé un bénéfice. Cet argent est très utile pour ma famille et moi », se réjouit Oumou, âgée de 17 ans.
A l’instar des autres pays de la sous-région, plus de la moitié de la population est âgée de moins de 25 ans au Mali. Le manque d'opportunités d'emploi est l’un des terreaux fertiles pour le recrutement par des groupes armés non étatiques, ainsi que pour l'immigration illégale. La frustration liée à l'absence de perspectives peut conduire de nombreux jeunes à envisager des options très risquées.
C’est pour répondre à cette situation que le Gouvernement a conçu avec l’appui technique et financier de la Banque Mondiale, le Projet PAFEEM. La composante 3 du PAFEEM mise en œuvre par l’UNICEF et ses partenaires opérationnels, cible principalement les femmes et les jeunes au nombre de 23,600 individus (12,600 pour les AGR et 11,000 pour les TP-HIMO) dans 31 communes des régions de Tombouctou, Taoudenni, Gao, Kidal, Mopti, Bandiagara et Douentza.
Selon le Gouverneur de la région de Tombouctou, M. Bakoun Kanté, ce projet répond à un besoin important. « Cette année, nous avons reçu des pluies plus abondantes, un phénomène inhabituel pour Tombouctou, mais ce projet nous a permis de curer les caniveaux, facilitant ainsi l'évacuation des eaux pluviales et évitant des inondations dans les familles, » indique le Gouverneur.
« Je remercie également les autorités et les partenaires de mise en œuvre qui ont eu l'idée et l'initiative de mettre en place ce projet. Celui-ci a véritablement contribué à aider les jeunes de la région de Tombouctou. Le projet concerne les communes de Tombouctou, Diré et de Sobounou, et nous avons réalisé un lancement apprécié par tous », a-t-il conclut.
Pour le Maire de la commune urbaine de Tombouctou, c’est un honneur que de telles initiatives, importantes pour les communautés, viennent sortir les jeunes du chômage. « Depuis le lancement de l'opération, les caniveaux ont été curés, et les tas d'ordures, visibles un peu partout, ont été dégagés. Les écoles ont également bénéficié des interventions de ces jeunes, qui ont rendu les établissements scolaires bien plus propres. Toute personne ayant connu Tombouctou avant ces opérations remarquera rapidement les améliorations de salubrité », relate MR. Aboubacrine Cisse, maire de la ville de Tombouctou. Selon lui, il est crucial de poursuivre ces efforts pour assurer un cadre de vie sain. « Si nous bénéficions d'un soutien, il est de notre devoir de maintenir ces efforts par la suite. Je tiens également à exprimer toute notre gratitude envers les partenaires qui se sont impliqués », a-t-il poursuivi.
Ce projet a été bien accueilli dans les rangs des jeunes. MBarka Mohamed, l’une des bénéficiaires explique ce qu’il a changé dans sa vie. « Nous étions à la maison et n’avions rien faire. Chaque jour je peux désormais me rendre au travail. Je me sens utile à ma communauté et je suis fière de voir ma région assainie et propre. Avant je ne gagnais rien, mais aujourd’hui je suis comme une fonctionnaire, car chaque mois je m’attends à un revenu et cela me permet de résoudre plusieurs de mes besoins », dit-elle. Parallèlement aux activités TP -HIMO Mbarka Mohamed a pu développer son activité de fabrication de jus locaux. « L’argent que je gagne grâce au projet PAFEEM, me permet de développer mon activité de production de jus et de gagner plus d’argent chaque mois. Je remercie les partenaires pour avoir mis en place une telle initiative qui contribue à réduire le chômage chez les jeunes, comme moi », poursuit-elle.
Le responsable du projet PAFEM pour l'UNICEF dans les régions de Tombouctou et Taoudenni, Boulher Arby a indiqué que le PAFEEM prévoit de constituer des Groupements d'Intérêt Économique (GIE) pour permettre aux jeunes d'accéder à des financements destinés à des activités d'adaptation aux changements climatiques. À ce jour, le PAFEEM a bénéficié à 4625 personnes dans les deux régions, dont 2538 pour les Activités Génératrices de Revenus (AGR) et 2087 pour les Travaux à Haute Intensité de Main-d'œuvre (TP-HIMO). Ce programme dont la mise en œuvre a commencé en janvier 2024, se poursuivra jusqu'en septembre 2025.