Autonomiser, Entreprendre, Bâtir l’Avenir
Le programme PAFEEM n’est pas seulement une initiative de développement – c’est un véritable levier pour l’avenir des communautés dans les zones de crise humanitaire.
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Dans les régions touchées par des crises humanitaires, reconstruire une vie digne et durable représente un défi immense. Le Programme de Promotion de l'Accès au Financement, à l'Entrepreneuriat et à l'Emploi au Mali (PAFEEM), lancé par le ministère de l’Économie et des Finances du Gouvernement du Mali, constitue une réponse concrète et porteuse d’espoir. Bien plus qu’une simple initiative de développement, le PAFEEM est un puissant moteur d’autonomisation, d’inclusion sociale et de résilience économique pour les populations les plus vulnérables – personnes déplacées, jeunes sans emploi, femmes et personnes en situation de handicap.
Aissata Barry
Aissata Barry, 37 ans, et sa famille ont été contraintes de fuir Koro, dans la région de Bandiagara, en raison de l’insécurité grandissante. En quête de refuge, elles ont rejoint Sévaré (Mopti) en plusieurs vagues, fuyant le conflit armé. Après quatre longues années de déplacement, Hassane Barry, son époux âgé de 76 ans, ne parvient toujours pas à relancer son commerce florissant d’autrefois. « Nous avons tout laissé derrière nous. J’étais un commerçant prospère à Koro, mais ici, je ne fais rien », confie-t-il, entouré de ses enfants, le regard empreint de nostalgie. La famille Barry a survécu grâce à la solidarité des familles hôtes et à la détermination inébranlable d’Aissata.
Il est 9 heures du matin. Aissata parcourt les ruelles de Sévaré, un seau sur la tête et un autre dans la main, pour vendre du lait. Elle remplit de petits sachets qu’elle vend entre 50 et 100 francs CFA, selon les moyens de ses clients. cette activité lui a permis de se faire un nom et d’oublier, ne serait-ce qu’un instant, les séquelles de la crise sécuritaire.
Malgré les difficultés, un tournant a marqué leur quotidien En 2024 : Aissata a bénéficié du programme PAFEEM. « j’ai entendu parler du programme à la radio et je me suis inscrite. Quelques jours plus tard, j’ai reçu un appel m’informant que j’étais retenue parmi les bénéficiaires », raconte-t-elle, un sourire aux lèvres. Grâce aux formations reçues, elle a pu diversifier ses activités : elle vend désormais aussi du savon et du détergent.
« J’ai investi l’argent et réalisé des bénéfices. Je soutiens mon mari et mes six enfants, tous inscrits à l'école. L’un passe le baccalauréat cette année, un autre a obtenu son Diplôme d’Études Fondamentales (DEF). J’ai même inscrit un de mes enfants dans une école de santé. Les trois autres sont en sixième, troisième et deuxième année. Grâce à ce programme, je parviens à subvenir aux besoins de ma famille », s’enthousiasme-t-elle.
Ibrahim Dicko
À Komoguel II, à Mopti, Ibrahim Dicko, 37 ans et non-voyant, milite pour la dignité des personnes handicapées. « Personne ne devrait être obligé de mendier à cause de son handicap. Je suis handicapé, mais cela ne fait pas de moi quelqu’un qui doit tendre la main pour vivre », affirme-t-il avec conviction. Ibrahim vend de l’huile au port de pêche de Mopti. grâce au programme PAFEEM, il a pu développer son activité. « Les grilles de protection de ma boutique ont été financées par le programme. Cela m’aide énormément », explique-t-il.
Il encourage toutes les personnes en situation de handicap à exercer une activité qu’il qualifie de « digne » et de « noble ». « Chacun peut travailler et vivre dignement », déclare-t-il, remerciant le Gouvernement du Mali, la Banque Mondiale et l’UNICEF pour leur soutien.
Aissata Bah
Aissata Bah, également bénéficiaire du programme, vit dans le quartier Komoguel avec ses deux enfants. À 37 ans, elle a choisi l’embouche bovine comme activité. « Chaque jour, lorsque je m’occupe de mes animaux, je ressens les regards curieux des passants. Ils se demandent comment une personne qui ne peut pas marcher peut nourrir des bœufs. Je comprends leur étonnement, mais pour moi, tout est une question de volonté. Quand on veut, on peut », déclare-t-elle avec détermination.
Son ambition est de développer son activité grâce à l’appui du PAFEEM. Elle a commencé avec deux taureaux qu’elle a élevés et revendus. « J’ai réinvesti l’argent dans un couple qui pourra me donner des veaux. Mon rêve est d’avoir un jour mon propre parc à bétail pour subvenir à mes besoins et inspirer d’autres personnes », dit-elle, le regard plein d’espoir.
Mahamadou
Mahamadou, un jeune couturier de 17 ans, partage son expérience inoubliable. « Le jour où j’ai reçu l’aide financière, j’étais si ému que je n’ai pas pu dormir. C’était la première fois que je tenais une telle somme entre mes mains. J’avais peur qu’on vienne me la reprendre le lendemain. C’est ma mère qui m’a rassuré », se souvient-il, les yeux brillants.
Grâce à ce soutien, il a pu s’acheter une machine à coudre toute neuve – un outil qui a marqué le début de son autonomie. « Avant, je devais emprunter celle de mon patron, mais maintenant, je peux enfin me consacrer à mes propres créations. Cela me permet de subvenir à mes besoins et d’aider ma famille », explique-t-il, avec une fierté palpable.
Djené
Djené Kansaye, 36 ans, est également bénéficiaire du programme PAFEEM, dans le cadre des Travaux Publics à Haute Intensité de Main-d’œuvre (TP-HIMO). En tant que cheffe d’équipe, elle est fière de contribuer à sa communauté. « Ce programme ne se contente pas de créer des emplois, il renforce aussi la cohésion entre les jeunes et favorise la paix dans notre région. Chaque matin, je veille à ce que mon équipe soit présente et prête à assainir les quartiers de Mopti », affirme-t-elle, avec détermination.
Pour Djené, cette activité a été un véritable catalyseur de changement. « Nous sommes devenus plus soudés, presque comme une famille. Grâce à ce que je gagne chaque mois, je parviens enfin à joindre les deux bouts », dit-elle avec un large sourire. Certains jeunes ont même pu fonder leur foyer grâce à cette initiative. « Nous réfléchissons déjà à comment maintenir un cadre de vie propre après la fin du programme », ajoute-t-elle, tournée vers l’avenir.
L’UNICEF, en charge de la mise en œuvre de la composante 3 du programme PAFEEM, joue un rôle central. En étroite collaboration avec les ONG partenaires – l’Association pour le Programme Intégré de Développement (APIDEV), l’Association Malienne pour la Survie au Sahel (AMSS) et Nouvel Horizon (NOHO) – ainsi qu’avec les autorités locales, l’UNICEF coordonne les activités sur le terrain afin d’assurer une synergie entre les interventions et une réponse cohérente aux besoins des communautés ciblées. Fort de son expertise, l’UNICEF apporte un appui technique stratégique à la conception des activités du programme, en veillant à leur adéquation au contexte local, à leur caractère inclusif, sensible au genre et orienté vers des résultats durables.
Aujourd’hui, Aissata, Mahamadou, Djené, Ibrahim et d’autres bénéficiaires unissent leurs voix pour remercier le Gouvernement du Mali, la Banque Mondiale et l’UNICEF. « Nous demandons que ce programme soit élargi à d’autres jeunes, avec un second appui financier pour agrandir nos activités. Cela nous permettrait de générer davantage de revenus et de mieux subvenir aux besoins de nos familles », affirment-ils avec espoir. À ce jour, la composante 3 du programme PAFEEM a touché 23 511 personnes sur une cible de 23 600, soit un taux de réalisation de 99,62 %, à travers les Activités Génératrices de Revenus (AGR) et les Travaux à Haute Intensité de Main-d’Œuvre (TP-HIMO).