COP30 : agir aujourd’hui pour bâtir le climat de demain et l’avenir des enfants

Alors que la planète se prépare à accueillir la 30ᵉ Conférence des Nations Unies sur le climat (COP30) qui se tiendra du 10 au 21 novembre au Brésil, l’UNICEF rappelle une vérité essentielle: la crise climatique est aussi une crise des droits de l’enfant.

Louise Lambert Muyard
Mars 2023, région Atsimo-Andrefana – Des villageois au milieu des eaux laissées par le cyclone Freddy.
UNICEF/UN0831627/Andriantsoarana
05 novembre 2025

Alors que la planète se prépare à accueillir la 30ᵉ Conférence des Nations Unies sur le climat (COP30) qui se tiendra du 10 au 21 novembre 2025 à Belém au Brésil, l’UNICEF rappelle une vérité essentielle : la crise climatique est aussi une crise des droits de l’enfant et il est impératif que ce sommet marque un tournant en plaçant les enfants au cœur de l’action climatique mondiale.

Partout dans le monde, les enfants subissent déjà les conséquences d’un climat déréglé et de bouleversements climatiques dramatiques. Et à Madagascar, l’un des pays les plus vulnérables, ces impacts sont déjà une réalité quotidienne.

Le changement climatique menace la vie et l’avenir des enfants

Tempêtes, inondations, sécheresses, vagues de chaleur extrême… Ces phénomènes climatiques se multiplient et frappent d’abord les jeunes et les plus jeunes. Ils détruisent des écoles, interrompent la scolarité, aggravent la malnutrition et mettent en danger la santé et la sécurité des enfants.

Selon l’UNICEF, près d’un milliard d’enfants dans le monde vivent dans des zones à risque climatique extrêmement élevé. 

Sans action urgente, 28 millions d’enfants supplémentaires pourraient souffrir de malnutrition aiguë d’ici 2050. 

Les conséquences commencent dès la naissance : chaque degré supplémentaire sur la planète augmente de 5 % le risque de naissance prématurée ou de mortinaissance. La crise climatique n’est donc pas un enjeu lointain, mais une menace immédiate pour la vie, la santé et le bien-être des enfants.

Région d’Ambovombe, sud de Madagascar – Un petit garçon s’abrite derrière un tronc d’arbre pour se protéger des rafales de vent chargé de sable.
UNICEF/UN0595862/Andrianantenaina Région d’Ambovombe, sud de Madagascar – Un petit garçon s’abrite derrière un tronc d’arbre pour se protéger des rafales de vent chargé de sable.

Madagascar, en première ligne de la crise climatique

Avec un score de 7,9 sur 10 à l’Indice de risque climatique pour les enfants (CCRI), Madagascar se classe parmi les dix pays les plus exposés aux impacts du changement climatique. Le pays fait face à des cyclones plus intenses, des sécheresses prolongées, une insécurité alimentaire croissante et des pertes économiques estimées à plus d’un milliard de dollars.

Du Sud frappé par la sécheresse à l’Est exposé aux cyclones, les enfants de Madagascar vivent en première ligne du dérèglement climatique. Au cours des vingt dernières années, le pays a subi 45 cyclones, 18 inondations et 7 sécheresses graves, affectant plus de 5 millions d’enfants (UNICEF, 2024).

Les conséquences sur les droits sont multiples :

Santé :

  • plus de 2,9 millions de cas de paludisme ont été enregistrés en 2023, aggravés par la chaleur et les eaux stagnantes.
  • les enfants sont exposés à des risques croissants de maladies liées à la qualité de l’air et de l’eau.

Nutrition : 24 % des enfants malagasy souffrent de pauvreté alimentaire sévère.

Eau et assainissement :  À Madagascar, 58 % de la population ont accès à au moins un service de base d’eau potable, tandis que seulement 12 % disposent d’un service d’assainissement de base. Face à cette urgence, il est impératif de bâtir un avenir résilient pour chaque enfant, en particulier à Madagascar — un pays où chaque école, chaque centre de santé et chaque service essentiel résiste aux chocs climatiques. Face à ce constat, et avec le soutien de l’UNICEF, le pays multiplie les initiatives pour protéger les enfants, renforcer la résilience des communautés et construire un avenir plus durable :

  • Les Écovillages favorisent une approche intégrée centrée sur la résilience climatique, l’accès à l’eau, l’énergie solaire et l’autonomie économique.
  • Le projet Green Rising mobilise plus de 35 000 jeunes pour la reforestation, l’éducation environnementale et la gestion durable des ressources naturelles.
  • Les “Green Schools” transforment les écoles en espaces d’apprentissage écologiques, où élèves et enseignants agissent concrètement pour l’environnement.
  • Les Espaces de Bien-Être communautaires renforcent la résilience des familles vulnérables grâce à des pratiques agricoles durables, des micro-entreprises vertes et la protection sociale.
  • Le badge YUNGA sensibilise les enfants et les jeunes aux enjeux environnementaux à travers des activités ludiques et éducatives. En obtenant ce badge, les jeunes deviennent des “agents du changement” engagés dans la protection de la biodiversité, la lutte contre le changement climatique et la promotion du développement durable.
  • En parallèle, le gouvernement malgache a signé en 2024 la Déclaration sur les enfants, les jeunes et l’action climatique et prépare une Stratégie nationale de financement climatique, avec l’appui de l’UNICEF.
  • Avec la COP30, l’UNICEF rappelle que Madagascar a une occasion unique de montrer l’exemple en plaçant les enfants et les jeunes au centre des politiques climatiques. En faisant de Madagascar, un pays où chaque enfant a accès à l’eau potable, à une éducation de qualité, à des systèmes alimentaires durables et à un foyer sûr. 

 

En parallèle, le gouvernement malgache a signé en 2024 la Déclaration sur les enfants, les jeunes et l’action climatique et prépare une Stratégie nationale de financement climatique, avec l’appui de l’UNICEF.
Avec la COP30, l’UNICEF rappelle que Madagascar a une occasion unique de montrer l’exemple en plaçant les enfants et les jeunes au centre des politiques climatiques. En faisant de Madagascar, un pays où chaque enfant a accès à l’eau potable, à une éducation de qualité, à des systèmes alimentaires durables et à un foyer sûr. 
 

2024, Ankaranabo, région de l’Androy – La photo montre Frédine, 14 ans, élève en classe de 2ᵉ année, arrosant un papayer planté par les élèves à l’aide de son arrosoir.
UNICEF/UNI719728/Andrianantenaina 2024, Ankaranabo, région de l’Androy – La photo montre Frédine, 14 ans, élève en classe de 2ᵉ année, arrosant un papayer planté par les élèves à l’aide de son arrosoir.

COP30 : trois priorités pour protéger les enfants

À la COP30, l’UNICEF appelle les dirigeants mondiaux à placer les enfants au cœur de toutes les décisions climatiques et à passer des promesses à l’action concrète.

Plus de 60 000 participants issus de 200 pays, dont des chefs d’État, scientifiques, ONG et jeunes délégués, se réuniront pour entre autres :

  • Réviser et renforcer les engagements climatiques pour 2026–2030, afin d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord de Paris,
  • Mettre en lumière les inégalités climatiques et protéger les populations vulnérables, en particulier les enfants et les jeunes,
  • Renforcer le financement climatique pour les pays en développement, incluant l’adaptation, l’atténuation et les mécanismes de pertes et dommages,
  • Accélérer une transition énergétique juste et durable, favorisant les énergies propres et les solutions fondées sur la nature,
  • Promouvoir la préservation de la biodiversité et des écosystèmes, afin de soutenir les communautés et la résilience face aux impacts climatiques.

Les politiques climatiques doivent garantir leurs droits à la santé, à l’éducation, à la protection et à la participation. Lorsque les enfants sont placés au cœur de l’action climatique, c’est toute la société qui devient plus résiliente et plus juste.

Trois priorités se dégagent :

  1. Protéger les enfants et les services essentiels dont ils dépendent (santé, éducation, eau, alimentation) en renforçant le financement climatique et la résilience des infrastructures.
  2. Réduire drastiquement les émissions pour maintenir la hausse des températures en dessous de 1,5 °C et prévenir les pires impacts du réchauffement.
  3. Donner une voix aux enfants et aux jeunes, en leur permettant de participer activement aux négociations et aux décisions climatiques.
Octobre 2024 – École primaire publique de Soamanitra, région de l’Androy - discours de l’enseignant lors d’une classe verte dans le potager de l’école.
UNICEF/UNI673452/Ramasomanana Octobre 2024 – École primaire publique de Soamanitra, région de l’Androy - discours de l’enseignant lors d’une classe verte dans le potager de l’école.

Les jeunes, acteurs du changement

À Madagascar, des jeunes s’engagent déjà à l’instar de   Tania Lemainty  et  Lova Renée, défenseurs des droits de l’enfant pour le climat de l’UNICEF et  qui portent haut la voix de leur génération dans les forums internationaux.

Leur message est clair : l’avenir des enfants ne peut pas attendre. Les gouvernements et les entreprises doivent agir dès maintenant, réduire les émissions, investir dans des solutions durables et construire un monde plus sûr et plus équitable pour tous. Les jeunes ont également leur rôle à jouer, peuvent et doivent participer aux échanges et aux débats pour influencer les décisions liées à l’action climatique

Cette année, les jeunes de tout Madagascar ont été activement consultés à travers une série d’ateliers, de groupes de discussion et d’enquêtes en ligne afin de partager leurs points de vue sur l’action climatique. Leurs contributions vont joué un rôle crucial dans l’orientation et la révision de la Troisième Contribution Déterminée au niveau National (NDC3) de Madagascar, garantissant que les priorités, préoccupations et idées innovantes de la jeunesse du pays soient pleinement intégrées dans les politiques et stratégies climatiques nationales.

Agir ensemble, maintenant. La COP30 doit être un tournant : celui du passage à l’action. Car protéger le climat, c’est protéger les enfants — leur santé, leur éducation, leur avenir. Un avenir meilleur est encore possible, à condition d’agir collectivement ici et maintenant.