À Carrière Centre, Mahawa choisit d’agir pour protéger les filles

Marquée par son vécu, elle mobilise sa communauté pour protéger les filles.

UNICEF Guinée
Mahawa Keita, présidente de l’association des jeunes filles du quartier Carrière centre
UNICEF Guinea / Houssai. Diallo
17 septembre 2026

À 21 ans, Mahawa Keita poursuit ses études à l’Université de Sonfonia et préside l’Association des jeunes filles de Carrière Centre, à Conakry. Entre les cours et les activités de son association, elle consacre une partie de son temps à sensibiliser les familles de son quartier sur les mutilations génitales féminines (MGF) et le mariage d’enfant.

Son engagement est aussi personnel. Mahawa a elle-même subi une excision lorsqu’elle était enfant.

« J’ai été une victime de l’excision. Je veux donc les informer et les sensibiliser, pour qu’elles ne subissent pas la même chose que moi. »

Cette expérience a changé son regard sur la protection des filles. Avec d’autres jeunes femmes de Carrière Centre, elle a décidé de créer une association pour sensibiliser leur communauté et encourager un changement durable des pratiques.

« Nous avons créé cette association pour faire changer cette tradition et cette culture ancestrale. Nous avons donc décidé de faire ce changement, en commençant par nous-mêmes. »

Mahawa Keita, prenant la parole lors de la cérémonie d’abandon des MGF et mariages d’enfants dans son quartier.
UNICEF Guinea / Houssai. Diallo Mahawa Keita, prenant la parole lors de la cérémonie d’abandon des MGF et mariages d’enfants dans son quartier.

Agir au plus près des familles

L’association ne veut pas limiter son action aux messages de sensibilisation. Ses membres souhaitent aller directement à la rencontre des familles, écouter leurs préoccupations et ouvrir le dialogue sur les conséquences des MGF et du mariage d’enfant.

Mahawa partage son propre vécu pour expliquer les conséquences que l’excision peut avoir sur la santé des filles et des femmes, notamment les douleurs pendant les règles et les complications lors de l’accouchement.

« L’excision provoque des douleurs au ventre, notamment pendant les règles et lors de l’accouchement. Nous voulons que l’excision disparaisse de notre secteur et que nos sœurs soient protégées. »

L’association prévoit ainsi de multiplier les visites de proximité et les échanges avec les familles et les organisations locales du quartier.

« Nous voulons faire du porte-à-porte dans le quartier pour les sensibiliser aux dangers et aux conséquences de l’excision et des mariages d’enfants. »

Le même engagement guide son action contre le mariage d’enfant. En encourageant les familles à protéger les filles et à préserver leur accès à l’éducation, Mahawa souhaite contribuer à leur permettre de construire leur avenir sans être confrontées trop tôt aux conséquences d’un mariage.

Les jeunes filles et femmes de carrière centre avec Mme Finnie Sylla, Inspectrice régionale de la femme, famille et des solidarités à Conakry.
UNICEF Guinea / Houssai. Diallo Les jeunes filles et femmes de carrière centre avec Mme Finnie Sylla, Inspectrice régionale de la femme, famille et des solidarités à Conakry.

Une mobilisation soutenue par l’UNICEF

L’action menée à Carrière Centre s’inscrit dans une mobilisation communautaire plus large soutenue par l’UNICEF grâce au financement du Comité National Suisse.

Depuis juillet 2023, le projet « Contribuer à l’abandon des mutilations génitales féminines dans les régions de Boké, Kindia et Conakry » accompagne les communautés dans la prévention des MGF et du mariage d’enfant et dans le renforcement des mécanismes communautaires de protection.

Dans les zones d’intervention, 71 associations de jeunes filles et 85 groupements féminins participent aux activités du projet. Ces acteurs communautaires contribuent à sensibiliser les familles, à identifier les filles exposées aux risques et à favoriser leur orientation vers les services de protection appropriés.

Depuis le démarrage du projet, 18 442 filles âgées de 0 à 14 ans ont été identifiées et protégées dans le cadre des mécanismes communautaires de prévention et de protection contre les MGF, tandis que 15 645 filles âgées de 12 à 18 ans ont été identifiées et protégées contre le mariage d’enfant.

Pour Mahawa et les jeunes filles de son association, le changement commence dans leur propre communauté.

« Nous voulons un changement pour les enfants, car ils représentent l’espoir et l’avenir de notre communauté. »

Une porte après l’autre, une famille après l’autre, une conversation après l’autre, Mahawa veut contribuer à faire de la protection des filles une responsabilité partagée.

« Une porte, une famille, une conversation à la fois. »