Une seconde chance d’apprendre : l’histoire de Prisca
En Ituri, Prisca et des milliers d’enfants privés d’école retrouvent le chemin de l’apprentissage, de l’espoir et de leurs rêves grâce aux centres de rattrapage scolaire soutenus par le Fonds Coréen et l’UNICEF.
Dans le territoire d’Irumu, en province de l’Ituri, des années de conflits, de déplacements de populations et la pauvreté, ont privé de nombreux enfants de leur droit à l’éducation. Certains n’ont jamais fréquenté l’école. D’autres ont été contraints d’abandonner leurs études pour aider leur famille à survivre.
Prisca fait partie de ces enfants. À son arrivée à Kasenyi avec sa famille, elle ne savait pas si elle pourrait un jour reprendre le chemin de l’école. Comme de nombreux enfants affectés par les crises, son avenir semblait être suspendu aux difficultés du quotidien. Pourtant, grâce au soutien du Fonds Coréen, l’UNICEF, en collaboration avec la Division provinciale des Affaires sociales, a mis en place des centres de rattrapage scolaire qui offrent une seconde chance aux enfants déscolarisés. C’est ainsi que Prisca a pu intégrer le niveau 3 du centre de rattrapage scolaire de Kasenyi après plusieurs années d’interruption.
Une seconde chance pour les enfants affectés par les crises. Dans cette partie de l’Ituri, les parcours scolaires de nombreux enfants ont été perturbés par les violences et les déplacements. Une fois arrivées dans les communautés d’accueil, de nombreuses familles ne disposent plus des moyens nécessaires pour payer les frais liés à l’éducation de leurs enfants.
« Les raisons qui font que ces enfants ne vont pas à l’école sont nombreuses. Il y a notamment les conflits qui ont obligé beaucoup de familles à se déplacer jusqu’ici. Une fois arrivées, plusieurs familles n’ont plus les moyens de supporter la scolarité de leurs enfants. Il y a aussi l’âge avancé des enfants et la pauvreté. »,
explique Kandole, directeur du centre.
Face à ces difficultés, certains enfants se tournent vers de petites activités génératrices de revenus pour soutenir leur famille, alors qu’ils devraient être en classe.
« Nous avons même retrouvé plusieurs enfants au bord du lac. Ils passaient leurs journées à sécher du poisson, alors qu’ils devraient être à l’école »,
ajoute-t-il.
Pour ces enfants, les centres de rattrapage scolaire représentent une opportunité de renouer avec l’apprentissage et de préparer leur retour dans le système scolaire formel.
Pour Prisca, l'école rouvre les portes du possible.
« Ce centre de rattrapage scolaire permet d’accompagner les enfants qui n’ont jamais été scolarisés ainsi que ceux qui ont dû interrompre leurs études, malgré leur âge avancé », explique Kandole Burufu, directeur du centre
Le centre est devenu bien plus qu’un lieu d’apprentissage pour Prisca. Elle y retrouve un environnement sûr où elle peut étudier, se faire des amis et développer sa confiance en elle. Chaque jour, Prisca apprend à lire, écrire et calculer. Elle découvre également ses droits et les compétences nécessaires pour mieux s’exprimer et s’épanouir.
« À cette heure, je suis en classe. On nous apprend à calculer, à lire, à écrire et à mieux communiquer. On nous parle aussi de nos droits et de nos besoins en tant que jeunes adolescents »,
explique-t-elle.
Aux côtés de ses camarades, Prisca peut échanger, apprendre et grandir dans un environnement qui l’encourage à continuer. Pour une enfant dont le parcours a été fragilisé par la crise, ce soutien fait toute la différence.
Un soutien concret, des résultats visibles
Dans les centres de rattrapage scolaire, les enfants bénéficient d’un soutien adapté à leur niveau. Répartis en trois niveaux d’apprentissage, ils reçoivent des kits scolaires et participent chaque jour aux cours dans un environnement favorable à leur réussite. Les centres offrent également un repas chaud quotidien qui aide les enfants à rester concentrés et à participer activement aux activités éducatives. L’objectif est de permettre à ces enfants de renforcer leurs acquis et de réintégrer progressivement le système scolaire formel afin de poursuivre leur parcours éducatif.
Grâce au Fonds Coréen, l’UNICEF a mis en place 15 centres de rattrapage scolaire en Ituri. Ces centres permettent à près de 2 500 enfants en rupture scolaire, dont 1 386 filles, de bénéficier d’une seconde chance d’apprendre.
Des rêves retrouvés
Pour Prisca, retourner à l’école signifie bien plus qu’acquérir des connaissances. C’est la possibilité de rêver à nouveau.
« Quand je serai grande, j’aimerais devenir médecin pour aider les autres lorsqu’ils sont malades. J’aiderai aussi mes parents à accéder à des soins de qualité. J’aimerais que d’autres enfants viennent aussi ici pour apprendre, lire et écrire »,
confie-t-elle.
En aidant les enfants à retourner à l’école, l’UNICEF, ses partenaires et le Fonds Coréen leur offrent bien plus qu’un apprentissage : ils leur redonnent espoir, confiance et la possibilité de construire leur avenir.