Surmonter les hésitations, une vaccination à la fois

Face à la troisième vague de coronavirus en RDC, des agents de santé se mobilisent au quotidien pour promouvoir la vaccination et lutter contre la désinformation.

Bernadette Vivuya
Une infirmière qui prépare un vaccin
UNICEF DRC Bashizi
22 juin 2021

Comme partout dans le monde, la campagne de vaccination contre le coronavirus se poursuit en République Démocratique du Congo (RDC). Derrière le nombre de personnes vaccinées, qui augmente de jour en jour, se cache une équipe de travailleurs dévoués, déterminés à faire le nécessaire pour protéger la population de l'épidémie. L'un de ces agents de santé est Jeanne Lusungu, infirmière à l'Hôpital Provincial du Nord-Kivu à Goma.

Une infirmière en blouse qui se tient les bras croisés

« Depuis le début de la campagne de vaccination soutenue par COVAX et l'UNICEF, je suis détachée au centre de vaccination de l'hôpital », explique cette infirmière de 39 ans. « Je vaccine des dizaines de personnes chaque jour, avec à chaque fois la certitude de contribuer à la protection de mes concitoyens. Travailler dans le monde médical est un travail exigeant et fatigant, mais je crois en l'utilité de ce que je fais. »

Dans une tente qui accueille les candidats à la vaccination, la confiance de Jeanne est essentielle, car derrière presque chaque vaccination se cache une part d'inquiétude alimentée par les rumeurs et la désinformation sur les réseaux sociaux. « Il est essentiel de parler et d'expliquer ce que l'on fait », affirme Jeanne, qui reste toujours calme. « Les candidats à la vaccination ont souvent lu ou entendu beaucoup de déclarations qui n'ont pas été vérifiées. Alors, forcément, ils sont inquiets. Mais dès que l'on discute un peu avec eux, tout s'arrange. »

Une infirmière qui vaccine une femme âgée contre le coronavirus

Elle explique à un patient ce qui va se passer une fois qu'il sera assis en face d'elle. Elle lui indique la quantité de vaccin qui va être injectée. Elle lui montre aussi le siège où il doit rester sous surveillance pendant une dizaine de minutes après l'injection, en cas de choc anaphylactique.

Jeanne pourrait se lasser de devoir répéter ce message toute la journée, mais elle est patiente. « J'étais inquiète avant de me faire vacciner. On entendait tellement de choses, des rumeurs de toutes sortes », se souvient-elle. Comme tout le monde, elle avait des doutes. Et pourtant, on lui rappelait chaque jour l'urgence de se protéger contre le coronavirus.

Une infirmière qui vaccine une femme contre le coronavirus

« En tant qu'infirmière, je suis en contact avec des dizaines de personnes et cela m'a rapidement inquiétée. Je courais un risque réel de contracter la maladie et de la transmettre à mon entourage - mon mari et mes quatre enfants en premier lieu », dit-elle. La réalité du risque l'a poussée à analyser la situation. « Quand j'ai vu les médecins, les autorités, se faire vacciner, je n'ai plus hésité. Aujourd'hui, je ne le regrette pas. Cela me permet de rentrer chez moi plus sereine. Je ne représente plus un risque pour ceux que j'aime. »

Une maman qui prépare à manger avec ses enfants à côté d'elle

A la maison, Jeanne est la fierté de ses enfants, âgés de quelques mois à 18 ans. « Je suis très fier d'elle et de ce qu'elle fait pour les autres », dit son fils Brayan. Le mari de Jeanne n'a pas été le plus facile à convaincre ; lui aussi était préoccupé par les rumeurs. Pourtant, il a fini par décider de se faire vacciner au plus vite.

« Quand on prend la peine de discuter, tout le monde comprend que se faire vacciner contre cette maladie est un devoir pour protéger ceux que l'on aime ainsi que toute la communauté », conclut Jeanne entre deux nouvelles injections.