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Kasaï : retour à la vie civile pour les enfants associés aux milices

Depuis le début de la crise, l’UNICEF et ses partenaires ont assisté 826 enfants sortis des milices

Typhaine Daems
09 février 2018
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UNICEF DRC Daems

« Si vous ne vous occupez pas bien de nous, on risque de retourner vers la milice », ne cessent de répéter les garçons du centre de transit et d’orientation de Mbuji Mayi qui accueille 57 garçons sortis des milices en vue de leur réinsertion à la vie civile.

Depuis fin 2016, un conflit dévastateur oppose les forces gouvernementales aux miliciens de Kamuina Nsapu dans la région du Kasaï en République Démocratique du Congo (RDC). Au cœur de cette crise, les enfants sont blessés, tués, privés d’accès aux services de base et recrutés au sein de la milice. Depuis le début de la crise, l’UNICEF et ses partenaires ont assisté 826 enfants sortis des milices.

Dès leur arrivée au centre, les enfants sont encadrés par une équipe d’infirmiers, de psychologues et d’encadreurs et sont encouragés à participer à une multitude d’activités de groupe. « Ils s’ouvrent petit à petit », déclare fièrement Papa Prince, un des encadreurs du centre. « Les premiers jours ne sont pas faciles. Une rumeur disait que le centre n’était pas bon pour eux, qu’il s’agissait d’un moyen de les enrôler dans l’armée ».

L’objectif est que les enfants ne restent au centre que quelques semaines, juste le temps de les préparer à être réintégré au sein de leur famille ou d’une famille d’accueil. Malheureusement, « le retour à la vie civile n’est pas toujours facile », confie Papa Prince. « Ces garçons ont participé dans les pillages et les tueries. Ce qu’ils ont commis dans la milice est un frein à leur réinsertion : de nombreuses familles refusent de reprendre leurs enfants ».

Un important travail de médiation doit être fait avec l’enfant, la famille et la communauté.  Papa Prince a conscience que si les garçons restent inoccupés ou marginalisés, ils risqueraient d’être enrôlés à nouveau dans la milice lors d’une prochaine vague de violence. A quel avenir peuvent aspirer ces enfants, si aucun avenir ne leur est proposé et s’ils restent inoccupés ? « La guerre pourra alors encore une fois être leur seul moyen de survivre », admet tristement Papa Prince.


Merci aux coopérations suédoise (SIDA), américaine (USAID), canadienne (ACDI/CIDA), japonaise (JICA), néerlandaise, belge ainsi qu’à l’UNICEF France, AMADE Mondiale, UNICEF Allemagne et CERF pour leur soutien aux programmes d’assistance aux enfants sortis des forces et groupes armés ou des milices.