Les forêts : entre passé, présent et futur
À l’occasion de la Journée mondiale de la Terre, découvrez comment les Enfants Reporters se mobilisent pour protéger les forêts du bassin du Congo
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Au cœur des forêts du bassin du Congo – une vaste région qui s’étend sur six pays, dont la République Démocratique du Congo (RDC) – les communautés autochtones vivent en symbiose avec la nature depuis des générations. Pour elles, la forêt est bien plus qu’un simple cadre de vie : elle est une source de nourriture, d’eau de médicaments et de matériaux essentiels au quotidien.
Mais aujourd’hui, cet équilibre est menacé. La déforestation massive, les changements climatiques et la perte de biodiversité mettent en péril cet écosystème vital et, avec lui, l’avenir de millions d’enfants à travers le monde.
Le bassin du Congo, deuxième plus grande forêt tropicale après l’Amazonie, joue un rôle déterminant dans la régulation du climat mondial. Chaque année, ses arbres absorbent des millions de tonnes de carbone, contribuant à ralentir le réchauffement climatique.
Pourtant, la RDC figure parmi les dix pays ayant les taux de déforestation les plus élevés au monde. D’immenses étendues de forêt disparaissent chaque année, principalement à cause de l’agriculture et de la production de charbon de bois – une source d’énergie essentielle pour de nombreuses familles, mais qui a un coût environnemental considérable.
Face à cette menace croissante, des enfants tirent la sonnette d’alarme pour appeler à la protection urgente de la forêt.
À Mbandaka, capitale de la province de l’Equateur, un groupe d’Enfants Reporters formés par l’UNICEF utilise la radio, la vidéo et des reportages de terrain pour sensibiliser les citoyens autour d’un message simple, mais crucial : il est temps d’agir, avant qu’il ne soit trop tard.
« Un arbre nous offre tellement de choses : il nous rafraîchit avec son ombre et nous donne de l’oxygène, protège les sols de l’érosion, nous nourrit avec ses fruits et abrite tant d’animaux », explique Maguy Kilima, 15 ans, au micro de la Radio Zoé.
Elle alerte les auditeurs sur les dangers de la déforestation et encourage la plantation d’arbres pour lutter contre l’érosion et prévenir les inondations qui frappent désormais la ville à chaque saison des pluies.
« Il faut agir vite pour lutter contre les érosions qui sévissent déjà dans plusieurs quartiers et prévenir les inondations qui reviennent à chaque saison des pluies », insiste Maguy.
Quelques heures avant leur émission, Maguy et ses camarades Enfants Reporters se sont rendus à Bongonde, un village où vivent des communautés autochtones Twa. Leur objectif : comprendre le lien profond qui unit les populations locales à la forêt.
À Bongonde, les Enfants Reporters arrivent armés de smartphones et de micros, prêts à apprendre des adolescents Twa, désireux de partager leur savoir ancestral. Ils échangent récits et expériences.
Trois jeunes Twa proposent de montrer leurs activités quotidiennes en forêt. Messala, 15 ans, mime les gestes de la pêche traditionnelle en rivière. Bolias, 16 ans, montre comment fabriquer un hameçon. Yako, 14 ans, impressionne l’assemblée en confectionnant un arc en quelques secondes.
« Ils ont gardé cette tradition de vivre en harmonie avec la nature », raconte Israël, l’un des Enfants Reporters.
Mais cette harmonie devient de plus en plus fragile. Avec l’expansion des villes comme Mbandaka, les zones forestières reculent, forçant les communautés autochtones à abandonner peu à peu leurs modes de vie traditionnels.
« Quand j’étais enfant, je chassais et je cueillais », se souvient un homme Twa, en désignant les champs où il cultive désormais du manioc, du riz et des légumes — une adaptation devenue nécessaire. « Aujourd’hui, nous défrichons la forêt pour pratiquer l'agriculture », ajoute-t-il, avec une pointe de regret.
Les forêts du bassin du Congo sont essentielles au bien-être des générations futures. La Journée mondiale de la Terre, célébrée chaque année le 22 avril, nous rappelle l’importance de notre planète — jusqu’au moindre arbre — et l’urgence d’agir.
« Il faut agir vite », répète Maguy. Avant qu’il ne soit trop tard.