Prévenir, sensibiliser et soigner, l’engagement du CSU de Bouna
Jeanine Ahouty, l’infirmière et point focal nutrition porte cette responsabilité !
La nutrition n’est pas qu’une question de poids ou de chiffres sur une balance. C’est une histoire de vigilance, d’écoute et de prévention. Jeanine Ahouty, infirmière et point focal nutrition depuis avril 2025 au Centre de Santé Urbain de Bouna, porte cette responsabilité.
Depuis toujours, Jeanine s’intéresse à la nutrition, convaincue de son lien direct avec la santé. Avant sa nomination, elle prenait déjà en charge des enfants souffrant de malnutrition. Aujourd’hui, son rôle va plus loin : elle assure une prise en charge globale de l’enfant, dès la grossesse de la mère jusqu’aux premières années de vie.
Au centre de son action : les femmes enceintes, les femmes allaitantes, les nourrissons et les enfants.
« La nutrition commence dès la grossesse. Une femme enceinte ne mange jamais seule, elle partage son alimentation avec son enfant. Les repas doivent être suffisants et consistants. » Jeanine
Chez la femme allaitante, l’enjeu est tout aussi important. Pour produire du lait en quantité suffisante, elle doit manger correctement et régulièrement, au moins trois à quatre repas par jour. Lorsqu’une mère signale que son bébé refuse le sein, Jeanine ne se contente pas d’un conseil à distance. Elle observe, accompagne et corrige si nécessaire.
« Devant moi, la maman doit donner le sein. Une mauvaise position pour allaiter peut-être la raison pour laquelle l’enfant refuse le sein ou n’est pas correctement nourri. Sur place, je corrige la posture et je donne plus de conseils pour favoriser le confort du bebe et de maman durant la tétée. »
Les refus sont rares. Ils peuvent être liés à une maladie du sein ou à un manque de conviction de la mère. Dans ces cas-là, Jeanine écoute et rassure la mère pour lui redonner confiance.
Pour les mères qui pensent ne pas avoir assez de lait, Jeanine propose des solutions simples et locales :
- arachides fraîches,
- sauces riches en légumes,
- bouillies enrichies au lait.
Après six mois, le lait maternel seul ne suffit plus. L’enfant doit recevoir une alimentation complémentaire adaptée. Jeanine recommande aux parents des bouillies faites à partir de produits locaux : mil, maïs, riz, sorgho, etc. La texture évolue avec l’âge, liquide à six mois et plus consistante à mesure que l’enfant grandit.
Au CSU de Bouna, certains papas accompagnent leurs femmes ou leurs enfants. Jeanine saisit chaque occasion pour les sensibiliser car la nutrition est une responsabilité partagée.
« On leur donne les mêmes conseils qu’aux femmes : être réguliers dans le suivi, être présents et appliquer les bonnes pratiques à la maison. » Jeanine
Parmi les nombreux cas suivis, un en particulier a profondément marqué Jeanine : Janvier Kambou, une fillette de 1 an et 6 mois, originaire de Teguidouo. Atteinte de malnutrition aiguë sévère sans complication, elle a été prise en charge au CSU. Grâce au suivi, elle est sortie de la malnutrition. Mais quelques mois plus tard, elle a rechuté, cette fois avec des complications, nécessitant un référencement à l’hôpital général.
La lutte contre la malnutrition demande un suivi continu et une grande vigilance.
Au-delà des consultations, Jeanine veille à l’administration de la vitamine A, aussi bien en routine qu’au cours des campagnes de supplémentation. Un geste simple, mais vital, pour renforcer l’immunité et prévenir des maladies graves.
À travers son engagement au CSU de Bouna, Jeanine Ahouty œuvre chaque jour pour que chaque enfant ait une chance de grandir en bonne santé, dès les premiers instants de vie.
L’UNICEF et ses partenaires interviennent dans la mise à disposition de la Vitamine A, des Plumpy’Nut et de la formation des infirmiers pour que le service nutrition soit complet.