Edwige, championne du traitement contre la malnutrition.
Quand la nutrition sauve des vies !
À l’Hôpital Général de Bouna, Edwige Akenon Doffou, une infirmière en service d’hospitalisation, est depuis trois ans, le point focal nutrition, en première ligne dans la lutte contre la malnutrition infantile.
Son travail en tant que point focal, consiste à supplémenter les enfants en vitamine A, prendre en charge les cas de malnutrition, et sensibiliser les parents sur les bases essentielles : l’allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois de la vie de l’enfant, l’alimentation de complément à partir de six mois, et les bonnes pratiques nutritionnelles pour protéger la vie des enfants.
« Je suis passionnée par la prise en charge de la malnutrition et des maladies qui y sont liées. » Edwige
Lorsqu’ils arrivent à l’hôpital avec leur enfant atteint de malnutrition sévère ou aiguë, de nombreux parents sont convaincus que leur enfant ne peut pas s’en sortir. La malnutrition est encore entourée de peur et de stigmatisation. Pour leur redonner espoir, Edwige adopte une approche simple mais puissante : Elle prend une photo de l’enfant le premier jour, puis une autre à la sortie. Ces images deviennent une preuve tangible pour chaque parent qui vient inquiet, que la guérison de son enfant est possible.
« Quand on réussit à sortir un enfant de la malnutrition, le résultat est incroyable. » Edwige
La prise en charge des enfants malnutris suit un processus strict.
Étape 1 : Identifier les complications
Edwige commence par rechercher d’éventuelles pathologies associées : paludisme, hypoglycémie, candidose buccale, anémie, VIH/SIDA…
Si l’enfant n’a pas de pathologie, on passe directement à l’étape 3.
En cas de complication, il est traité simultanément. Les cas de malnutrition sévère avec complications, comme le Kwashiorkor ou le Marasme, exigent rigueur et patience. Lorsque les parents respectent les consignes, l’enfant peut se rétablir en 7 jours. Mais certains retards dans l’adhésion au traitement peuvent compliquer la guérison.
Étape 2 : Stabiliser et traiter
- Lait thérapeutique F75, notamment en cas de Kwashiorkor, sans apport alimentaire classique pour éviter l’aggravation des œdèmes liés au sel.
- Lait F100 administré six fois par jour, lors de la phase de transition, selon le poids de l’enfant.
- Plumpy’Nut, phase de stabilisation et de récupération.
Étape 3 : Tester l’appétit
Elle vérifie si l’enfant peut consommer le Plumpy’Nut, et lui administre de l’eau sucrée pour évaluer sa capacité à s’alimenter.
Edwige prend aussi en charge les nourrissons de moins de six mois présentant une dénutrition et des difficultés de téter. Dans ces situations, elle administre du lait F100 dilué, elle montre à la mère comment bien positionner le bébé pour téter et la conseille sur son propre régime alimentaire pour favoriser la montée de lait.
Ces cas restent rares. À Bouna, Edwige enregistre environ deux à trois cas de malnutrition par mois. Pourtant, certains enfants référés ne parviennent jamais jusqu’au centre ou à l’hôpital.
À la sortie, Edwige établit les documents de contre-référence vers l’unité de soins de base, remet la fiche à l’Infirmier chargé du suivi et sensibilise les parents sur les bonnes pratiques de nutrition infantile.
Pour Edwige, chaque enfant compte.
« Les enfants sont des trésors. Un enfant mal nourri est un enfant vulnérable. » Edwige
Son engagement dépasse les horaires de service. Même en fin de journée, lorsqu’on lui signale un nouveau cas, elle rebrousse chemin pour intervenir.
« Quand les parents me disent merci à la fin du traitement, c’est ma récompense. Je me sens satisfaite de mon travail. » Edwige
À l’Hôpital Général de Bouna, Edwige Akenon Doffou incarne cette conviction profonde : avec des soins adaptés, de l’écoute et de l’engagement, la malnutrition n’est pas une fatalité. L’UNICEF est engagé auprès des centres de santé et des hôpitaux afin d’assurer un suivi concernant la nutrition et réduire les cas de malnutrition.