Les latrines changent la vie des familles à Tchinlonvogo

Dans le village de Tchinlonvogo, les nouvelles latrines ont profondément transformé les habitudes des habitants.

Lydia Kouadio
Dans le village de Tchinlonvogo, les nouvelles latrines ont profondément transformé les habitudes des habitants.
UNICEF / 2026 / Frank Dejongh
24 juillet 2026

L'installation des latrines a marqué un véritable tournant pour les familles de Tchinlonvogo. Ouattara Kadidjatou, l’une des femmes les plus actives du village, se souvient encore de l'époque où les besoins étaient faits en pleine nature. 

« Nous partions en brousse pour faire nos besoins. C'était loin et ce n'était pas agréable. Il y avait les mauvaises odeurs et les excréments restaient sur place. Les enfants retournaient jouer sans se laver les mains. Les adultes étaient un peu plus prudents, mais les risques restaient importants. » Kadidjatou 

À cette époque, les maladies étaient fréquentes. 

« Il y avait souvent le paludisme, des maux de ventre et beaucoup de mouches qui se posaient sur les aliments que nous consommons. Et le centre de santé se trouve à Nambonkaha à plus de 15 km d'ici, ce qui signifie qu’en cas de maladie, notre accès à l’hôpital est limité…» Kadidjatou 

Depuis l'installation des latrines l'année dernière, son quotidien a changé. 

« Aujourd'hui, c'est plus propre, plus sécurisé et surtout plus intime. » Kadidjatou

Kadidjatou utilise les latrines pour ses besoins.
UNICEF / 2026 / Frank Dejongh

Chez Salifou Soro, cultivateur de riz, de maïs, de coton et d'arachides, l'amélioration de l'assainissement était déjà une priorité bien avant le projet. Père de sept enfants et installé depuis toujours à Tchinlonvogo, il avait lui-même construit une première latrine familiale avant que le projet ne permette d'en aménager une seconde. Lorsque les travaux ont démarré, les habitants se sont fortement impliqués. 

« Les hommes du village ont participé à la construction des latrines. Aujourd'hui encore, nous les entretenons régulièrement et nous les nettoyons au moins une fois par semaine. » Salifou 

Pour les plus jeunes, les nouvelles latrines représentent avant tout une meilleure protection. Élève en classe de CM2, Arouna Soro, 12 ans, fréquente l'école primaire du village. Faute de latrines dans l'établissement, lui et ses camarades doivent toujours rentrer chez eux lorsqu'ils souhaitent aller aux toilettes. Avant la construction des latrines familiales, ils se rendaient en brousse. 

« Il y a des serpents dans la brousse. J'en ai déjà vu un et j'ai eu très peur. » Arouna 

Aujourd'hui, il apprécie le confort et l'intimité qu'offrent les installations de sa concession. En dehors de l'école, Arouna aide ses parents dans les champs d'arachides et rêve de devenir médecin. 

Les élèves comme Maïmouna Soro, en classe de CE1, ou Djata Soro, scolarisée au collège moderne de Nambonkaha, bénéficient désormais des latrines à la maison. Cependant, l'absence d'infrastructures sanitaires au sein de l'école primaire du village reste un défi. 

Lorsqu'un élève ressent le besoin d'aller aux toilettes pendant les cours, il doit quitter l'établissement, rejoindre sa concession, puis revenir en classe. Une situation qui perturbe les apprentissages et souligne l'importance de poursuivre les investissements en matière d'assainissement scolaire. Heureusement, les travaux sont déjà en cours. Dans quelques mois, l’école primaire du village aura également des latrines séparées pour les filles, les garçons et les enseignants. 

 

Une nouvelle façon de vivre 

Une grand-mère et ses petites filles dans le village de Flatonvogo. 

À Tchinlonvogo, les latrines ont changé et les habitudes sanitaires. Elles ont renforcé la dignité des familles, amélioré leur sécurité. Aujourd’hui, ce village est déclaré FDAL (Village ayant mis Fin à la Défécation à l'Air Libre).