Journée de l'Enfant Africain 2026 : À la découverte du processus de traitement de l'eau
50 enfants visitent l'usine de traitement d’eau de la région de la Mé
Il y a près de 50 ans, des milliers d'enfants sud-africains se sont levés pour réclamer leur droit à une éducation de qualité. Leur mobilisation a été violemment réprimée, mais leur courage a marqué l'histoire du continent. C'est en leur mémoire que la Journée de l'Enfant Africain est célébrée chaque année, le 16 juin.
Pour l'édition 2026, cette journée est placée sous le thème : « Garantir l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour chaque enfant en Afrique ». Un thème essentiel lorsque l'on sait que l'accès à l'eau potable reste un défi pour de nombreux enfants africains.
Derrière chaque goutte d'eau qui coule d'un robinet, il y a un long processus. Pour mieux comprendre ce parcours, une visite sur le site de production d’eau potable de La Mé a été organisée avec une cinquantaine d’enfants âgés de 10 à 17 ans. Ces enfants sont membres du Parlement des enfants, des Conseils communaux, pensionnaires des Orphelinats de garçons de Bingerville et de filles de Grand-Bassam, enfants du Centre d’écoute des enfants de la rue de Yopougon, élèves de l’École des enfants sourds et malentendants d’Abobo, membres des programme Jeunes Reporters, Jeunes Blogueurs et U-Report. Parmi eux, Anoï Beryl, 11 ans, élève en classe de 5e et lauréate d'un concours de dictée organisé par les scouts de Yopougon. Cette visite lui a permis de découvrir une réalité qu'elle ignorait jusque-là :
« Transformer l'eau, c'est du travail. Des hommes et des femmes travaillent jour et nuit pour que nous ayons de l'eau. L'eau a de la valeur. L'eau de la rivière n'est pas buvable. Elle se traite. Si elle n'est pas traitée, les enfants tombent malades. Avant, je voyais seulement le robinet. Maintenant, je vois chaque goutte comme quelque chose de précieux. » Anoï Beryl
Cette découverte a également marqué les enfants malentendants et sourds présents lors de la visite. Grâce à leurs interprètes et à leurs autres sens, ils ont pu suivre les différentes étapes du traitement de l'eau.
On a vu comment se fait la transformation de l'eau de la rivière jusqu'à nos robinets. C'est une première pour nous. Cette eau part d'ici vers différents quartiers. C'est une superbe visite.
Pour Aïssata Kagnassi, 15 ans, élève en Première D au Lycée Victor Schœlcher d'Adjamé et membre du Parlement des Enfants de Côte d'Ivoire, cette visite a également nourri son engagement citoyen.
Nous nous retrouvons dans des instances de décision et nous menons des plaidoyers. Dans certaines zones de Côte d'Ivoire, des jeunes filles de mon âge marchent plusieurs kilomètres pour chercher de l'eau. Cela peut entraîner des conséquences sur leur éducation et leur bien-être. Mon plaidoyer serait que l'eau soit accessible sur toute l'étendue du territoire.
Passionnée depuis l'enfance par les activités éducatives et communautaires, Aïssata rêve aujourd'hui de devenir pédiatre pour contribuer à la santé des enfants. Elle sait à présent que si l’accès à l'eau est équitable, c'est toute une nation qui est sauvée.
À seulement 10 ans, Lumière, pensionnaire de l’orphelinat de Grand-Bassam depuis l'âge de 7 ans, retient surtout l'importance de rendre l'eau potable avant sa consommation.
Elle nous dit : « L'eau que nous utilisons au quotidien vient de la rivière et est transformée pour que nous puissions la consommer. L'eau est importante pour chaque enfant.»
Messi Tanoh, 14 ans, élève en classe de 4e et passionné de football, a lui aussi été impressionné par l'ampleur des installations :
« C'est la première fois que je vois tout ça. J'ai été très ému par la gentillesse des guides et impressionné par les machines. Tout ce travail est fait pour les communautés, pour nous les enfants aussi. »
Depuis le décès de sa mère en 2020, Messi vit dans un orphelinat où il poursuit ses études tout en nourrissant ses ambitions pour l'avenir.
Au-delà de la découverte technique, cette visite a permis aux enfants de comprendre qu'avoir accès à l'eau potable n'est pas un acquis, mais le résultat d'efforts quotidiens mobilisant de nombreux acteurs. Elle leur a aussi rappelé que l'eau est un droit fondamental, mais également une ressource précieuse que chacun doit protéger.
« En ouvrant les portes d’une infrastructure aussi stratégique que le site de La Mé à ces enfants, l’autorité publique réaffirme avec force que leur voix reste au cœur des politiques publiques. Garantir l’accès universel à l’eau, l’assainissement et l’hygiène est une question de justice sociale fondamentale.» Jean-François Basse, Représentant Résident de l’UNICEF en Côte d’Ivoire.
À travers leurs regards, leurs questions et leurs témoignages, ces enfants nous rappellent une évidence : chaque goutte compte, et chaque enfant mérite de grandir avec un accès sûr à l'eau, à l'assainissement et à l'hygiène. En Côte d’Ivoire, entre 2021 et 2025, 320 191 personnes ont accédé à des services d’assainissement de base et 156 392 personnes additionnelles ont eu accès aux services d’eau potable au moins basique avec l’appui de l’UNICEF.