Accès à l’eau potable à Gnakoréagui, en Côte d’Ivoire
Dans un village de 4710 habitants, Fatoumata voit son quotidien transformé grâce à une pompe à motricité humaine
À Gnakoréagui, dans la région de la Nawa, les journées de Fatoumata commencent tôt. Aînée d’une fratrie de sept enfants, elle veille chaque jour à leur bien-être. Elle vit à quelques mètres d’une pompe à eau devenue essentielle pour sa famille et pour tout le village.
Chaque matin, entre 6h et 10h, puis à nouveau en fin de journée, entre 16h et 18h30, la jeune fille de 16 ans s’y rend pour remplir ses bassines. Elle transporte ensuite l’eau jusqu’à la maison, où elle aide à préparer les repas et s’occupe de ses frères et sœurs. Pour Fatoumata, ce geste quotidien, aujourd’hui simple, était autrefois une épreuve.
Pendant des années, sa famille dépendait de l’eau des puits traditionnels pour boire, cuisiner et se laver. Une eau non potable, qui exposait les habitants à des maladies. Et lorsque la saison sèche s’installait, la situation devenait encore plus difficile. Puis les puits ont fini par tarir.
Dans ce village de près de 4 710 habitants, la pénurie d’eau est devenue une réalité pour tous. Certaines femmes parcouraient de longues distances pour trouver de l’eau, tandis que d’autres faisaient la queue autour du seul point d’eau disponible, parfois au prix de tensions.
Les puits ont tari et cette nouvelle pompe est la seule qu’il nous reste
Depuis octobre 2025, une pompe installée au centre de Gnakoréagui dans le cadre du programme ENACTE a changé la donne. Accessible deux fois par jour, elle permet aux familles d’accéder à une eau potable pour leurs besoins essentiels. Chaque ménage contribue à hauteur de 500 francs CFA par mois pour assurer son entretien, dans une dynamique de gestion communautaire.
Pour Fatoumata, la différence est immédiate.
Avant, on utilisait l’eau du puits, mais elle n’était pas bonne. Maintenant, on peut boire et cuisiner sans problème.
La proximité de la pompe lui évite de longs déplacements et lui permet de mieux organiser ses tâches quotidiennes. Mais au-delà du temps gagné, c’est toute la qualité de vie qui s’améliore.
Dans le village, les effets sont déjà visibles. L’accès à une eau plus sûre contribue à réduire les risques de maladies, notamment chez les enfants, et améliore progressivement les conditions d’hygiène.
La disponibilité de l’eau a également permis d’apaiser les tensions liées à son accès.
« Le fait d’avoir de l’eau a permis de régler beaucoup de conflits entre les femmes », souligne le chef du village.
À Gnakoréagui, cette pompe représente bien plus qu’un simple point d’eau. Elle marque un tournant pour les familles, en particulier pour les jeunes filles comme Fatoumata, dont le quotidien est directement transformé.
L’un des objectifs du programme ENACTE qui est exécuté conjointement par l’OIM, l’OIT et l’UNICEF et co-financé par l’Union Européenne et la Suisse, est de permettre aux communautés d’envisager l’avenir avec plus de sérénité et de dignité.
Depuis 2023, 01 pompe à motricité humaine (PMH) et 01 Hydraulique villageoise améliorée (HVA) ont été installées dans les zones de Zakoéoua (Grand Zattry) et Gnakoréagui (Meagui) touchant ainsi 10 000 personnes.