La pâtisserie comme choix de carrière pour Mariam !
Mariam, 19 ans a été déscolarisée très tôt. Aujourd’hui, grâce à une formation en pâtisserie, elle reprend le contrôle de son avenir.
Selon l’étude MICS, au niveau du cycle secondaire, en Côte d’Ivoire, la situation des filles non scolarisées est très préoccupante. En effet, seule 1 fille sur 2 achève le premier cycle du secondaire et le taux d’achèvement au second cycle est de 32,7%. Le maintien des filles scolarisées est un grand défi.
La situation de Mariam Doumbia illustre bien cette réalité difficile. Mariam a 19 ans et est issue du village de Seydougou, dans le Nord de la Côte d’Ivoire. Elle a grandi dans une famille nombreuse de 9 enfants, où il était difficile pour ses parents de tous les scolariser. Cependant, enfant, elle aimait l’école cela car elle arrivait à se faire de nouveaux amis. Malheureusement, par faute de moyen, Mariam a arrêté l’école en classe de CP2.
Après plusieurs années sans aller à l’école, ses parents l’ont envoyé à Abidjan pour travailler comme ménagère chez une amie de la famille. Ses parents l’ont rassuré qu’elle serait bien traitée chez cette dame. Mais après deux ans de travail, à la suite d’un malentendu, elle a démissionné. Elle ne s’y sentait pas à sa place et son salaire n’était pas régulier.
Après 2 ans, je n’avais rien comme économie à envoyer à mes parents, alors j’ai décidé de travailler ailleurs afin de me constituer une épargne. Puis je suis revenue à Seydougou.
À son retour dans sa ville natale, elle subit la pression de sa famille pour se marier. Ainsi, ses proches lui présentèrent un homme de son village. Après une alliance traditionnelle, elle vécut avec lui et ils eurent un enfant. Cependant, le père de son enfant ne prenait pas ses responsabilités parentales, laissant cette charge à ses parents et à elle-même. Sa belle-mère lui fit comprendre que, en raison de sa lignée familiale, son fils ne pouvait pas l’épouser. En effet, la famille de Mariam appartient à la caste des griots.
Aujourd’hui, Mariam bénéficie d’une formation en pâtisserie pour avoir de meilleures opportunités professionnelles. Plusieurs autres jeunes de sa région sont aussi inscrits également dans des instituts ou des écoles de formation professionnelle dans le but de s’intégrer dans un métier innovant et être utile à leur communauté.
Grâce à ce projet, je peux donner un sens à ma vie. J’apprends et je suis épanouie. En ce moment, je fais mon stage au sein d’une pâtisserie. Ma superviseure est une femme absolument incroyable qui me traite comme si j’étais sa fille. Elle m’a appris à faire les génoises, les croquettes et les gâteaux d’anniversaires.
Ce projet, financé par KOICA, vise à former des jeunes de 15 à 19 ans des régions du Poro, de la Bagoué et de Kabadougou et qui sont en dehors de l’école. Pour l’UNICEF, l’éducation des adolescents et des jeunes est une priorité.