Journée internationale de la jeunesse : Ces jeunes qui font bouger la Côte d’Ivoire

Découvrez comment l’UNICEF accompagne le ministère de la Promotion de la Jeunesse dans la création d’espaces où les jeunes peuvent développer leur potentiel.

Marie Ella Kouakou
Henri, Myriam et Largaton, tous membres des programme d'engagement des jeunes de l'UNICEF
UNICEF / 2026 / Franck Anodjo
12 août 2026

À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, célébrée le 12 août 2026, les Nations Unies mettent cette année en lumière le thème « Contextes différents, aspirations communes » : où qu’ils vivent, les jeunes aspirent notamment à une éducation de qualité, à un emploi décent, à une bonne santé et à la possibilité de participer pleinement aux décisions qui concernent leur avenir. 

En Côte d’Ivoire, les parcours d’Henri, Largaton et Myriam donnent un visage concret à ces aspirations. À travers U-Report, Jeunes Blogueurs et Jeunes Reporters, chacun a trouvé un espace pour développer ses compétences, renforcer sa confiance et transformer progressivement son potentiel en opportunités. 

Henri, U-Reporter de Korhogo
UNICEF / 2026 / Franck Anodjo

À 24 ans, Kouadio Kouassi Henri Joël est technicien en réseaux informatiques et télécommunications. Lorsqu’il rejoint U-Report, il ne participe pas encore véritablement aux activités de la communauté. En 2022, il décide toutefois de s’impliquer davantage, et cette participation plus active va progressivement enrichir son parcours au-delà de son engagement communautaire. 

Au fil des formations, des expériences acquises et des certificats obtenus, Henri dispose progressivement de nouveaux éléments pour enrichir son CV et mieux se positionner sur le marché de l’emploi. Son engagement lui permet également de découvrir de nouvelles opportunités et d’élargir son réseau, jusqu’au jour où une offre d’emploi partagée dans un groupe WhatsApp lié au programme U-Report retient son attention. Il décide de postuler et travaille aujourd’hui dans le secteur des assurances. 

« Toutes les formations que j’ai suivies grâce à U-Report m’ont permis d’enrichir mon CV et de postuler à différents postes en entreprise, notamment celui que j’occupe actuellement en assurance. » 

Pour Henri, U-Report est ainsi devenu bien plus qu’un espace de participation citoyenne. Son parcours montre surtout qu’une opportunité offerte à un jeune peut produire plusieurs effets à la fois : améliorer ses compétences, élargir son réseau, renforcer sa confiance et, parfois, faciliter son insertion professionnelle. 

Largaton, jeune blogueur de Korhogo
UNICEF / 2026 / Franck Anodjo

Si Henri a trouvé dans son engagement un levier pour renforcer son employabilité, le parcours de Soro Largaton Fortuné illustre une autre forme de progression : celle d’une passion qui, à force d’apprentissage et de pratique, devient une véritable compétence. 

À 22 ans, Largaton est titulaire d’un master en droit international humanitaire et évolue comme jeune blogueur depuis 2023. Bien avant de rejoindre le programme Jeunes Blogueurs, il s’intéresse déjà au numérique, aux réseaux sociaux et à la création de contenu. Lorsqu’il découvre le programme, il y voit donc l’occasion de rapprocher deux univers qui l’attirent particulièrement : sa formation en droit et son intérêt pour le numérique, notamment autour des questions liées aux fausses informations. 

Au départ, Largaton écrit principalement des articles. Puis, au fil de ses expériences, son écriture s’affine, ses sujets se diversifient et sa confiance dans ses capacités grandit. En 2023, il se distingue notamment grâce à un article consacré aux inégalités professionnelles dans la région du Poro, qui lui vaut une récompense. Cette progression se poursuit jusqu’à la publication de son livre en 2026. 

Pour lui, la réussite ne se limite pas à un prix ou à une publication. Elle se mesure également à la capacité de son travail à susciter quelque chose chez les autres. Largaton se dit ainsi particulièrement fier lorsque des jeunes lui expliquent que ses contenus leur ont donné envie de rejoindre le programme à leur tour. 

Jeunes Blogueurs, son premier programme de bénévolat, lui a aussi permis de développer une dimension moins visible mais essentielle : la confiance en soi. Présenter son travail, collaborer avec d’autres jeunes, accepter les critiques et se confronter au regard du public l’ont progressivement aidé à mieux s’affirmer. 

Myriam, membre du programme jeune reporter
UNICEF / 2026 / Franck Anodjo

À 21 ans, Myriam est étudiante en deuxième année de géographie. Elle aime parler et échanger, une qualité qu’un proche remarque chez elle avant de l’encourager à postuler au programme Jeunes Reporters. 

Une fois retenue, elle découvre un univers dans lequel des jeunes utilisent notamment les émissions de radio et les micro-trottoirs pour aller à la rencontre des populations, recueillir leurs opinions et sensibiliser leurs communautés à différentes problématiques. 

Pourtant, derrière son goût pour la parole, Myriam raconte qu’elle était auparavant très renfermée et peu sociable. L’expérience de Jeunes Reporters va progressivement modifier son rapport aux autres, mais aussi la perception qu’elle a d’elle-même. 

« Grâce à ce programme, aujourd’hui, j’arrive à échanger avec des personnes sans même les connaître. Il m’a aussi appris à avoir confiance en moi ; il m’a appris à m’exprimer sans regarder si je vais me tromper ou pas. » 

À l’université, où elle est sous-déléguée, Myriam observe par exemple que les exigences liées à la préparation d’une émission radio — organiser ses idées, préparer ses interventions, respecter un programme ou encore travailler avec les autres — influencent directement la manière dont elle exerce ses responsabilités auprès de ses camarades. 

Son engagement prend aussi une dimension plus personnelle lorsqu’elle participe à une émission consacrée à la santé mentale. Ayant elle-même traversé, plus jeune, des difficultés qu’elle ne savait pas identifier à l’époque, elle voit aujourd’hui dans la parole un moyen d’aider d’autres jeunes à mieux comprendre ce qu’ils vivent et à ne pas rester seuls face à leurs interrogations. 

Mais c’est peut-être à travers le regard d’une autre jeune que l’évolution de Myriam apparaît le plus clairement. Son amie Chigata a décidé de rejoindre le programme après l’avoir observée. 

« Ce que j’ai vu chez Myriam, qui m’a motivée à intégrer le programme, c’est son leadership et sa capacité à apprendre rapidement. » 

À son tour, Chigata souhaite désormais développer ses compétences en communication, mieux préparer ses interventions avant une émission radio et gagner en assurance lorsqu’elle s’exprime devant un auditoire. 

Le parcours de Myriam montre ainsi comment une compétence individuelle peut progressivement produire un effet autour de soi. En apprenant à mieux utiliser sa voix, elle a non seulement renforcé sa propre confiance, mais elle est aussi devenue une source d’inspiration pour d’autres jeunes. 

 

À première vue, les histoires d’Henri, Largaton et Myriam racontent des réalités différentes. Pourtant, derrière ces trois trajectoires se retrouve une même conviction : le potentiel des jeunes ne demande pas seulement à être reconnu. Il a besoin d’espaces pour s’exercer, de compétences pour se renforcer, d’expériences pour se confronter au réel et d’opportunités pour se transformer en action. C’est précisément cette dynamique que cherchent à encourager U-Report, Jeunes Blogueurs et Jeunes Reporters.  

En 2025, 67 244 adolescents et jeunes ont bénéficié des programmes d’engagement des jeunes portés par l’UNICEF Côte d’Ivoire et Ministère de la Promotion de la Jeunesse, de l'Insertion Professionnelle et du Service Civique.