Les espaces amis des enfants, bien plus qu’un lieu de distraction.
« Les espaces amis des enfants aident les enfants à surmonter leurs traumatismes. On le voit et on le ressent » : Djédé, chargé de la protection de l’enfance et la prévention des violences basées sur le genre à Adré dans l’est du Tchad.
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Des kiai (cris de karaté), des gestes coordonnés, Yassir et son groupe d’entraînement exécutent une démonstration impressionnante. Autour d’eux, de nombreux camarades et des passants les regardent, fascinés par le spectacle.
« J’ai découvert le karaté à la télévision », raconte Yassir, un sourire timide aux lèvres.
Quelques instants après leur prestation, des jeunes filles prennent le relais et présentent une chorégraphie rythmée sur des sonorités soudanaises.
Le petit garçon s’est réfugié au Tchad avec sa famille en mai 2024, fuyant les violents affrontements qui continuent de ravager son pays, le Soudan. Même s’il est désormais à l’abri de ces attaques, la nostalgie du pays demeure en lui.
J’aimerais retourner chez moi, revoir mon quartier et mes copains ; mais seulement si la guerre s’arrête.
Depuis le début du conflit au Soudan en avril 2023, près de 950 000 réfugiés soudanais et retournés tchadiens, majoritairement des femmes et des enfants, ont trouvé refuge au Tchad, principalement dans l’est du pays.
Yacine trouve du réconfort dans le karaté, une passion qui lui permet de se sentir plus fort et en sécurité. « J’adore le karaté. Ça me rend fort et ça peut m’aider à me défendre », dit-il.
L’initiative dont profite Yassir ainsi que plus de 700 autres enfants du site de réfugiés d’Adré, s’inscrit dans la stratégie mobile des espaces amis des enfants, mise en place par l’UNICEF en collaboration avec la Croix-Rouge Tchadienne. Elle offre aux enfants réfugiés et à ceux des communautés hôtes non seulement des aires de jeux, d’apprentissage et de pratique d’activités sportives, créant ainsi des moments de bien-être essentiels à leur équilibre mais aussi des opportunités d’écoute de de soutien psychosocial. Étant donné l’étendue de ce site informel où vivent plus de 237 000 personnes dont environ 65% d’enfants, les activités sont organisées en différents points, permettant aux enfants, même ceux qui ne peuvent pas se déplacer, de retrouver leurs camarades pour participer à des activités récréatives, éducatives et de soutien psychosocial.
À leur arrivée sur le site, de nombreux enfants exprimaient leur traumatisme à travers des dessins d'armes, de tanks et de scènes de guerre. « Peu à peu, grâce à l’appui psychologique et aux activités récréatives, ces souvenirs sombres laissent place à des sourires et des dessins colorés de fleurs et de portraits de leurs camarades.
« Les espaces amis des enfants aident les enfants à surmonter leurs traumatismes. On le voit, on le ressent ; ici, ils prennent beaucoup de plaisir à se retrouver et à s’amuser », ajoute-t-il.
Les activités proposées sont variées : le dessin, la danse, le chant, le volleyball, le football, le karaté, identification écoute et prise en charge de ceux ayant un besoin spécifique et bien d’autres.
L’UNICEF et la Croix-Rouge Tchadienne mettent en place ces initiatives pour permettre aux enfants réfugiés de retrouver du réconfort, de se reconstruire après les traumatismes de la guerre au Soudan et de cultiver leurs rêves et construire leur résilience.
Pour Yassir et bien d’autres enfants, le karaté et les autres activités auxquelles ils participent ne sont pas seulement des loisirs. Ce sont des moyens de résilience, leur permettant d’envisager un nouveau départ et un avenir meilleur.