Le cauchemar des enfants réfugiés.

La guerre, l’exil, la séparation, plus que jamais, les enfants soudanais dans l'est du Tchad ont besoin de protection.

Brice Kevin DA
Amir, un adolescent soudanais de 17 ans réfugié à Adré dans l'est du Tchad.
UNICEF/2025/Da
26 septembre 2025

Tout ce qu’il souhaite, c’est retrouver ses parents, retourner à l’école et un jour, réaliser son rêve. 

Amir (nom d’emprunt), 17 ans, traverse bien des épreuves. Originaire de Nyala, au Soudan, il a grandi avec ses neuf frères et sœurs dans une vie qui semblait encore ordinaire. Mais en août 2025, sa vie a basculé. La guerre l’a séparé de sa famille et l’a conduit sur les routes de l’exil.  

Ce jour-là, alors qu’il rentrait chez lui, son quartier a été attaqué par des groupes armés. Prévenu par des voisins, il n’a eu d’autre choix que de fuir précipitamment, rejoignant un groupe de personnes qui, comme lui, cherchaient à sauver leur vie. 

J’ai suivi des gens à bord d’un camion… le voyage a duré cinq jours ; un enfant et une personne âgée  sont décédés en chemin.

Amir

Le 12 août 2025, après plusieurs jours d’un voyage éprouvant, Amir franchit Adré, localité située à la frontière tchadienne. À son arrivée, c’est un agent de la Croix-Rouge tchadienne qui le rencontre en premier lieu et entame immédiatement des démarches pour sa prise en charge. 

Depuis ce jour, cet adolescent vit dans l’attente et l’incertitude. Les premières recherches indiquent que sa famille aurait également trouvé refuge au Tchad quelques jours avant lui, et aurait déjà été relocalisée dans l’un des camps de l’est du pays. Mais jusqu’à présent, elle n’a pas encore été retrouvée. 

« Tout ce que je souhaite, c’est retrouver ma famille », confie Amir.  

En attendant qu’une décision soit prise par les services d’accueil et de réinsertion des réfugiés, Amir a été confié provisoirement à un adulte, lui aussi réfugié, qui a accepté volontairement de veiller sur lui. 

Lorsqu’un enfant réfugié se retrouve seul, sans parents ni proches à ses côtés, une décision précieuse doit être prise : lui trouver une famille d’accueil. Ce choix n’est jamais laissé au hasard. Le gestionnaire de cas recherche une personne adulte, montrant de l’attention, de la patience et un vrai sens des responsabilités. Et surtout, quelqu’un qui accepte d’ouvrir son cœur, par pur élan de solidarité, sans rien attendre en retour. C’est ainsi que certains enfants retrouvent une nouvelle famille, et parfois même une nouvelle chance de grandir entourés d’amour. 

En partenariat avec la Croix-Rouge tchadienne, l’UNICEF, grâce au financement de l’Aide humanitaire de l’Union européenne apporte un soutien essentiel à Amir : vêtements, repas, soins médicaux et accompagnement psychologique. À l’espace ami des enfants, Amir prend part aux activités sportives et récréatives, des moments précieux qui l’aident à surmonter les traumatismes de la guerre et la douleur de la séparation. 

A l'espace ami des enfants, Amir découvre le volleyball et d’autres activités sportives.
UNICEF/2025/Da A l'espace ami des enfants, Amir découvre le volleyball et d’autres activités sportives.
A l'espace ami des enfants, Amir découvre le volleyball et d’autres activités sportives.
UNICEF/2025/Da A l'espace ami des enfants, Amir découvre le volleyball et d’autres activités sportives.

Comme lui, de nombreux enfants non accompagnés ont fui le Soudan voisin et arrivent au Tchad totalement démunis. En attendant leur relocalisation, ils bénéficient des services de protection mis en place par l’UNICEF en partenariat avec la Croix-Rouge tchadienne, pour leur apporter sécurité et réconfort. 

Le cas d'Amir, Ahmed (nom d’emprunt), un animateur de la Croix-Rouge tchadienne, le suit de près. 

Ahmed, un agent de la Croix-rouge tchadienne.
UNICEF/2025/Da Ahmed, un agent de la Croix-rouge tchadienne.

Nous travaillons activement sur son cas et lui apportons déjà un soutien essentiel. Comme lui, des dizaines d’enfants arrivent seuls, séparés ou blessés par la guerre. Notre rôle est de les écouter, de les protéger et au besoin, retrouver leur famille.

Ahmed, un agent de la Croix-rouge tchadienne.

Entre mai et août 2025, 112 enfants non accompagnés et séparés ont été enregistrés à l’arrivée à Adré, dont certains avec des blessures par balles ou victimes de violences. La plupart ont déjà été relocalisés dans les camps de Dougui et Kouchagui Mourah, toujours dans la province du Ouaddaï, dans l’est du Tchad. Amir, lui, reste toujours dans l’attente. 

Au-delà de toutes les difficultés, Amir ne perd pas son rêve ; celui de retourner à l’école, apprendre l’anglais et devenir un conducteur d’automobile. « Je veux devenir conducteur d’automobile, parce que cela me fascine », dit-il.  

L’histoire d'Amir reflète les défis que rencontrent de nombreux enfants réfugiés dans l’est du Tchad. Malgré l’exil dû à la guerre, leur aspiration première reste simple et universelle : grandir et s’épanouir dans un environnement sûr et protecteur.