Agenda de recherche sur la pauvreté et la protection sociale

Décisions fondées sur des évidences pour un système de protection sociale plus inclusif pour les enfants

Agenda de recherche sur la pauvreté et la protection sociale
UNICEF Tunisie

Highlights

En 2022, parallèlement à la mise en œuvre de l'allocation mensuelle pour les enfants 6-18 ans inscrits à l'AMEN Social, le Ministère des Affaires Sociales (MAS), le Centre de Recherches et d'Etudes Sociales (CRES) et l'UNICEF Tunisie ont mis en œuvre un agenda de recherche visant à rassembler des évidences pour améliorer les connaissances sur la pauvreté des enfants afin de renforcer le système national de protection sociale pour les enfants. L'agenda de recherche a été conçu pour fournir des données et des analyses pertinentes capables d'influencer l'élaboration des politiques nationales, y compris l'évaluation de la pauvreté et de la vulnérabilité des enfants, les impacts des chocs économiques sur les populations vulnérables, les impacts socio-économiques des allocations destinées aux enfants sur les enfants et les familles, et l'élaboration d'une étude pour l'investissement dans une protection sociale sensible aux besoins des enfants en Tunisie. 

Téléchargez tous les documents de la recherche

Profil et déterminants de la pauvreté en Tunisie

Entre 2015 et 2021, le taux de pauvreté est passé de 15,2% à 16,6%, touchant 1,95 million de personnes. La pauvreté des enfants est particulièrement sévère, avec 26% des enfants vivant dans la pauvreté et 5,1% dans l'extrême pauvreté. La région du Centre-Ouest a le taux de pauvreté (37%) et le taux de pauvreté des enfants (50,8%) les plus élevés, contribuant de manière significative aux niveaux de pauvreté nationaux. Les zones rurales sont touchées de manière disproportionnée, avec des taux de pauvreté presque deux fois supérieurs à ceux des zones urbaines. Les ménages dont le chef est au chômage ou travaille dans le secteur agricole en tant qu'ouvrier ou exploitant agricole sont les plus exposés au risque de pauvreté, ce qui souligne l'existence d'un problème de travail pauvre dans le pays. Près de la moitié des pauvres vivent dans la pauvreté chronique, et le risque de pauvreté chronique est beaucoup plus élevé pour les ménages avec enfants, un phénomène qui favorise la transmission intergénérationnelle de la pauvreté. La couverture de la protection sociale est d'environ 75%, mais des lacunes importantes subsistent, en particulier pour les enfants, puisque 20,5% des enfants de moins de six ans et 26,8% des enfants âgés de 6 à 17 ans ne sont pas couverts. L'étude souligne la nécessité d'étendre la protection sociale, en particulier pour les enfants et les familles vulnérables, et recommande des réformes structurelles pour promouvoir une croissance inclusive et améliorer l'accès à la protection sociale.

Rapport : Profil et déterminants de la pauvreté en Tunisie

Note de synthèse : Profil et déterminants de la pauvreté en Tunisie

Infographie CRES : Profil et déterminants de la pauvreté en Tunisie

Infographie UNICEF : Profil et déterminants de la pauvreté en Tunisie

L'impact de l'inflation sur les familles vulnérables et leurs enfants

L'impact de l'inflation sur la pauvreté en Tunisie entre 2021 et 2023 a été significatif. Le taux d'inflation annuel moyen sur cette période a été de 7,8%, le plus élevé depuis trois décennies, et a atteint 9,3% en 2023. En conséquence, selon les résultats des estimations, les ménages les plus pauvres, qui consacrent plus de 40% de leur budget à l'alimentation, ont été touchés de manière disproportionnée, avec une augmentation de 21,2% de leur coût de la vie. En conséquence, le taux de pauvreté national est passé de 16,6% en 2021 à 18,4% en 2023, et l'extrême pauvreté a augmenté de 2,9% à 3,2%. La pauvreté des enfants s'est également aggravée, le taux passant de 26% à 28,4%, et l'extrême pauvreté des enfants de 5,1% à 5,8%. Les régions du Centre-Ouest et du Nord-Ouest ont été particulièrement touchées, avec des taux de pauvreté augmentant de près de 3 points de pourcentage. Les conséquences croissantes du changement climatique, dont cinq années de sécheresse, ont un impact négatif et aggravent la situation des ménages travaillant dans le secteur agricole. Les recommandations comprennent l'indexation des transferts sociaux sur l'inflation, la création de budgets de contingence pour la réponse rapide aux chocs et l'amélioration de la couverture de la protection sociale afin d'atténuer les impacts.

Rapport : L'impact de l'inflation sur les familles vulnérables et leurs enfants

Note de synthèse : L'impact de l'inflation sur les familles vulnérables et leurs enfants

Infographie : L'impact de l'inflation sur les familles vulnérables et leurs enfants

Rapport de synthèse des analyses quantitatives et qualitatives des impacts du programme d'allocations pour les enfants 6-18 ans

Le programme d'allocations pour les enfants 6-18 ans inscrits à l'AMEN Social a fourni une allocation mensuelle de 30 DT par enfant et une allocation de rentrée scolaire doublée de 100 DT par enfant pour les familles vulnérables. Basé sur des quatre vagues d’entretiens quantitatifs entre février 2023 et mars 2024 auprès de plus de 2 200 familles bénéficiaires et deux enquêtes qualitatives, le rapport de recherche conclut que ces allocations ont amélioré la qualité de l'alimentation, l'accès aux soins de santé et le bien-être général des ménages bénéficiaires, en plus de soutenir les taux d'assiduité et d'inscription à l'école, même après des chocs économiques. Ainsi, la recherche a montré que l’accès à la santé a été positivement impacté pour atteindre 80% en avril 2024, la rétention scolaire a pu être maintenue, malgré le contexte économique et sociale il n’y a pas eu de changement ni de signe de décrochage scolaire, avec un taux d’inscription des 6-15 ans supérieur à 95%, une majorité des familles bénéficiaires a déclaré que la qualité de la nutrition de leurs enfants s’est moyennement ou sensiblement améliorée depuis qu’ils bénéficient de l’allocation 6-18 ans et enfin le bien-être des ménages s’est sensiblement amélioré (+38%) entre le décembre 2022 et mars 2024. Les recommandations pour le programme comprennent le renforcement des capacités des travailleurs sociaux, l'amélioration de la communication et de la coordination, la garantie de la viabilité financière au-delà de 2024 et la révision de la valeur de l'allocation mensuelle pour tenir compte de l'inflation.

Rapport : Rapport de synthèse des analyses quantitatives et qualitatives des impacts du programme d'allocations pour les enfants 6-18 ans

Note de synthèse : Rapport de synthèse des analyses quantitatives et qualitatives des impacts du programme d'allocations pour les enfants 6-18 ans

Infographie : Rapport de synthèse des analyses quantitatives et qualitatives des impacts du programme d'allocations pour les enfants 6-18 ans

Vers des allocations universelles pour les enfants en Tunisie : une analyse de simulation du coût, de la faisabilité, de l'impact macroéconomique, des effets socio-économiques et des rendements à long terme

L'étude estime qu'une allocation universelle pour enfant (AUE) de 432 DT par enfant et par an (36 DT par enfant et par mois) coûterait environ 1,5 milliard de DT par an, soit 1,6% du PIB. Elle suggère qu'avec 30% du financement couvert par le budget national et 70% par les systèmes contributifs de sécurité sociale, le gouvernement devrait allouer 1,4% de son budget à ce programme. L'analyse macroéconomique indique que l'AUE n'aurait pas d'impact négatif sur la croissance du PIB, l'inflation ou l'offre de travail. En cas de financement externe par des dons et des prêts, l'AUE pourrait avoir une influence positive sur la croissance économique, étant donné que les recettes fiscales supplémentaires générées pourraient compenser les coûts du financement externe. Les impacts socio-économiques potentiels sont significatifs, car l'AUE serait progressive et équitable, bénéficiant le plus aux ménages les plus pauvres. Elle réduirait la pauvreté des enfants de 25,9% à 6,9%, pour un coût de 2 278 DT par enfant sorti de la pauvreté. Les avantages à long terme comprennent l'amélioration du capital humain et la croissance économique, avec un ratio bénéfice-coût de 1,92, ce qui indique que pour chaque dinar investi, 1,92 dinars seront générés pendant la vie du citoyen bénéficiaire. Ce résultat souligne, pour les décideurs, un retour sur investissement positif de l’AUE. Les recommandations comprennent l'intégration de l'AUE dans le système de sécurité sociale, l'exploration des options de financement externe, l'amélioration des mécanismes d'identification et de soutien des enfants vulnérables, et la mise en œuvre de réformes structurelles pour assurer la viabilité financière du programme.

Rapport : Vers des allocations universelles pour les enfants en Tunisie

Note de synthèse : Vers des allocations universelles pour les enfants en Tunisie

Infographie : Vers des allocations universelles pour les enfants en Tunisie 

Agenda de recherche sur la pauvreté et la protection sociale
Auteur
Centre de Recherches et d'Etudes Sociales - Ministère des Affaires Sociales et l'UNICEF en Tunisie
Date de publication
Langues
Français