Se relever après la COVID-19
Dans la région de Ségou, au centre du Mali, les femmes des villages s’informent sur les bonnes pratiques et épargnent ensemble pour développer la résilience de leur famille et de leur communauté.
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C’est le jour du regroupement des femmes. Comme chaque jeudi, les femmes du village de Banido, dans la région de Ségou, au Mali, se rassemblent pour discuter de leurs préoccupations. A notre arrivée, une dame nous souhaite la bienvenue. C’est Aramatou Koulibali, présidente du groupement Djekafor, qui veut dire « Ensemble nous pouvons mieux communiquer » en langue bambara. Elle nous invite à nous asseoir sur un des bancs fabriqués grâce à des troncs d’arbre. Les femmes des environs se rapprochent et s’asseyent sous l’abri. Elles profitent de ce regroupement pour faire une tontine, un groupe d’épargne traditionnelle : elles cotisent chacune 100 francs CFA (0,16 USD) par semaine. A tour de rôle, l’une d’entre elles reçoit le total des cotisations de la semaine pour l’investir selon ses besoins.
Avec les crises humanitaires répétées, l’insécurité, et la pandémie de COVID-19, les activités économiques se sont ralenties pour les populations rurales du Mali et des pays voisins. L’UNICEF et ses partenaires le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et la Banque de développement allemande (KfW) se sont engagés à accompagner les tontines en leur octroyant des fonds dans le cadre du projet régional « Réagire à la pandémie de COVID-19 par les systèmes de protection sociale au Sahel ».
Le transfert de fonds que nous recevons nous a permis de nous en sortir à différents niveaux : acheter les fournitures scolaires des enfants à la rentrée, compléter notre fonds de commerce, augmenter notre capital. Le bien-être procuré par ces fonds est inestimable.
C’est ainsi que les femmes de Banido ont reçu deux transferts totalisant 90 000 CFA (142 USD). Aramatou ouvre la boite qui sert de caisse au groupement. Elle fait le point des cotisations et témoigne : « Les fonds reçus sont très bénéfique, je ne peux même pas dire tout ce que nous faisons avec cet argent ».
Elle nous amène vers le troupeau que les femmes du groupement ont pu acquérir. Chaque femme est heureuse de nous présenter les bêtes, les volailles et même le jardin qu’elles ont planté, nous montrant les bananes qui poussent.
Nous avons pu envoyer à Bamako Mariam Traoré, membre du groupement, à une formation sur l’élevage et la conservation du lait. Nous avons pris en charge son déplacement et les frais de son séjour durant la formation.
C’est également durant ces rassemblements qu’elles se partagent des informations et participent à des séances de sensibilisation sur la vaccination et la lutte contre la COVID-19, l’alimentation, l’hygiène ou l’éducation des enfants, pour l’amélioration de leur qualité de vie et celle de leur famille. Les transferts contribuent ainsi à renforcer la résilience, les connaissances et les capacités des femmes dans les villages maliens. Ce pari est désormais gagné à Banido.