Remplir des seaux d’eau et d’espoir.
L’accès à l’eau potable a rendu la communauté scolaire plus résiliente et protège les enfants des effets du changement climatique.
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Pendant longtemps, l’École fondamentale Hamadoun Bocoum, située à Boulinkobé, un quartier périphérique de Niafunké dans la région de Tombouctou, symbolisait les difficultés auxquelles sont confrontés des milliers d’enfants maliens : un accès limité à l’eau potable, des latrines détériorées, un manque d’infrastructures d’hygiène, et un environnement scolaire marqué par les effets du changement climatique. Dans cette région où les sécheresses s’intensifient, les sols se dégradent et les ressources se raréfient, les enfants sont souvent les premiers à en subir les conséquences.
Parmi eux se trouve Awa, 12 ans. Sa journée commençait bien avant celle des autres.
« J’allais chercher de l’eau avant l’école. Le seau était lourd et j’arrivais déjà fatiguée. »
Comme elle, les quelque 400 élèves de l’école vivaient un quotidien difficile. Les maladies hydriques étaient fréquentes, les filles manquaient souvent les cours pendant leurs menstruations, et les enseignants peinaient à offrir un environnement d’apprentissage serein.
« Mes enfants manquaient parfois l’école à cause de la diarrhée. Nous nous sentions vraiment désemparés », se souvient Mme Fatouma Ascofare, mère de six enfants.
Cette situation reflète une réalité nationale. Au Mali, seulement 48 % de la population a accès à des services d’assainissement de base, et 4 % pratiquent encore la défécation à l’air libre, selon le Joint Monitoring Programme (JMP 2025). Dans un climat de plus en plus instable, ces vulnérabilités s’aggravent.
C’est dans ce contexte que l’UNICEF, dans le cadre du Partenariat pour la Résilience au Sahel, a soutenu l’installation d’un forage solaire équipé d’un système d’Adduction d’Eau Sommaire (AES).
Alimenté par l’énergie solaire, le système réduit la dépendance au carburant, limite les émissions et garantit un service continu d’approvisionnement en eau même en cas de coupures d’électricité, renforçant ainsi la résilience climatique de l’école et de la communauté », explique Salia Diallo, Spécialiste Eau-Hygiène-Assainissement de l’UNICEF à Tombouctou.
L’école a été sélectionnée par l’Académie d’Enseignement de Tombouctou et le Centre d’Animation Pédagogique de Niafunké, tandis que le suivi technique de la construction du forage a été assuré par la Direction Régionale de l’Hydraulique de Tombouctou. En peu de temps, quatre points d’eau — deux pour la communauté et deux pour l’école — ont été installés.
Ce système d’approvisionnement en eau réduit également la pression sur les ressources traditionnelles, souvent affectées par la sécheresse et la variabilité climatique croissante dans la région.
Il ne s’agissait pas seulement d’un projet technique, mais d’une solution conçue et co‑créée avec les parents, les enseignants, les leaders communautaires et les élèves eux‑mêmes.
L’arrivée de l’eau a marqué un tournant. « Les enfants arrivent propres, à l’heure et surtout concentrés. L’eau a transformé notre école », explique M. Abdoulaye Touré, enseignant depuis dix ans.
Awa, qui parcourait autrefois de longues distances pour aller chercher de l’eau, affirme désormais : « Je viens directement en classe. Je ne suis plus fatiguée. »
Le Partenariat pour la résilience au Sahel réunit la GIZ, le PAM et l’UNICEF, aux côtés des autorités locales et des partenaires de mise en œuvre, avec l’appui financier du Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement.