De l’épargne à la communauté : comment les femmes maliennes investissent dans leur avenir

Les groupes d’épargne féminins ont choisi d’investir une partie des aides financières reçues dans des projets communautaires, au bénéfice de toutes et tous.

Adriana Borra
Fanta est membre du groupement d’épargne Sigui Diya (« Cohabitation dans la joie »), qui réunit des femmes bénéficiaires du programme de transferts monétaires
UNICEF/UNI815981/Keita
16 août 2025

Konobougou, localité située à 140 km au nord de Bamako sur la route de Ségou, est un véritable laboratoire de projets pilotes axés sur la résilience et la protection sociale. Haidara Fanta Anne est la point focale des Mamans Yeleen, ou « Mamans Lumière », qui sensibilisent les familles aux pratiques familiales essentielles, telles que l’hygiène et une alimentation équilibrée. Mère de sept enfants – dont le plus jeune a cinq ans – et déjà grand-mère de trois petits -enfants, Fanta est aussi membre du groupement d’épargne Sigui Diya (« Cohabitation dans la joie »), qui réunit des femmes bénéficiaires du programme de transferts monétaires organisé par l’UNICEF.

 

« Quand les fonds sont disponibles, on reçoit un message sur notre téléphone. Je me rends ensuite au guichet pour retirer l’argent. Dans notre groupement, nous avons reçu quatre fois 45 000 FCFA », Explique Fanta.
« J’ai utilisé cet argent pour acheter des céréales pendant la saison des récoltes, que j’ai ensuite revendues pendant la saison des pluies. Cela m’a permis de faire un bénéfice. »

groupement d’épargne Sigui Diya (« Cohabitation dans la joie »), qui réunit des femmes bénéficiaires du programme de transferts monétaires organisé par l’UNICEF
UNICEF/UNI815983/Keita
groupement d’épargne Sigui Diya (« Cohabitation dans la joie »), qui réunit des femmes bénéficiaires du programme de transferts monétaires organisé par l’UNICEF
UNICEF/UNI816017/Keita

« Avec les autres membres du groupement, elles ont décidé de mettre en commun une partie de leurs fonds.

« Cela contribue au bon fonctionnement de notre groupement, à l’achat d’équipements de production, ainsi qu’à l’entretien de la cour où nous transformons les produits, ensuite vendus dans notre boutique coopérative. Avec l’argent mis en commun, nous avons également loué un local et recruté une vendeuse pour gérer la boutique. Une partie des bénéfices sert à payer le loyer, et La vendeuse reçoit aussi une part des ventes comme salaire. »

 

Le succès du groupement Sigui Diya a attiré de nouvelles adhésions.

« Lors de l’enregistrement de notre coopérative à la mairie, nous étions déjà 70 femmes. Aujourd’hui, nous sommes 140 à participer aux activités et à mutualiser nos ressources. » Certaines se spécialisent dans la transformation des produits, d’autres dans le maraîchage.

groupement d’épargne Sigui Diya (« Cohabitation dans la joie »), qui réunit des femmes bénéficiaires du programme de transferts monétaires organisé par l’UNICEF
UNICEF/UNI816065/Keita

Kadiatou Coulibaly, membre du groupement Kenkele (« un seul langage »), a également participé au projet de transferts monétaires mis en œuvre par l’UNICEF. Son groupe a constitué une épargne commune pour créer un jardin collectif, leur permettant de cultiver des légumes pour nourrir leurs familles. Elles travaillent la terre ensemble dans une ambiance conviviale. Une partie des récoltes est achetée par les transformatrices du groupement, qui revendent leurs produits dans le village.

 

Fanta poursuit :

« Chaque mardi, nous avons aussi une tontine tekéréni. Chaque membre cotise 500 FCFA. Lorsqu’une d’entre nous a besoin d’un prêt, elle reçoit la somme souhaitée et la rembourse avec un petit intérêt — Par exemple, 250 FCFA d’intérêt pour un prêt de 5 000 FCFA. »
les intérêts perçus sont ensuite réinvestis dans des projets communautaires.

groupement d’épargne Sigui Diya (« Cohabitation dans la joie »), qui réunit des femmes bénéficiaires du programme de transferts monétaires organisé par l’UNICEF
UNICEF/UNI816053/Keita

Mamadou Bamadio, Secrétaire Général de la mairie de Konobougou, accompagne les femmes depuis le début du projet :

« C’est formidable de voir l’impact concret du projet soutenu par l’Allemagne sur l’autonomisation des femmes à Konobougou. Leur implication dans le maraîchage, la transformation des produits agricoles et la gestion du magasin témoigne de leur énergie et de leur capacité à dynamiser l’économie locale. »

 

« Ce projet a été vraiment bénéfique. Grâce aux transferts de fonds, nous avons vraiment l’esprit tranquille. Entre nous, il y a la paix. » Conclut Fanta.

Les transferts monétaires s’inscrivent dans le cadre du programme conjoint PAM–UNICEF « Répondre à la pandémie de COVID-19 par les systèmes de protection sociale au Sahel », financé par le Ministère allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et la Banque allemande de développement (KfW). Le programme soutient 1 000 groupes d’épargne féminins, totalisant plus de 27 000 membres.