Soafiny: 11 ans d’engagement pour sa communauté
Bien qu’elle soit bénévole, Soafiny, agent communautaire, continue de s’investir pleinement pour que les enfants de son village grandissent dans un environnement favorable à leur épanouissement.
« Les enfants sont l’avenir de ce village. Je souhaite que le village devienne un modèle pour que chacun puisse grandir pleinement. » C’est par ces mots que Soafiny Marie Olga, 45 ans, agent communautaire, conclut notre échange.
Un peu plus tôt dans la matinée, nous l’avons retrouvée sur le site de nutrition communautaire mis en place par l’Office régional de la nutrition. Elle conseillait avec bienveillance Angeline, une mère de jumelles de neuf mois, Florida et Florina. Inquiète, Angeline est venue consulter Soafiny après avoir remarqué une perte de poids chez ses filles. Sans attendre, Soafiny procède au dépistage : en mesurant le périmètre brachial, elle constate que l’une des jumelles est en zone jaune : une confirmation de malnutrition aiguë modérée. Elle constate également une insuffisance pondérale chez l’enfant. Soafiny confie alors la petite fille à son collègue du site, qui prendra en charge son traitement à base d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi.
Cette scène, presque quotidienne, se déroule à Terabovo, dans la commune de Sihanamaro, au sud de Madagascar. Depuis 11 ans, Soafiny y exerce son rôle d’agent communautaire avec engagement. Ses principales tâches consistent à dépister les cas de malnutrition, sensibiliser les parents aux bonnes pratiques en santé, nutrition et hygiène, entre autres.
« Ma plus grande satisfaction, c’est de voir ces mères suivre mes conseils et avoir des enfants qui grandissent en bonne santé »,
Un dépistage précoce de la malnutrition
À Madagascar, 46 % des enfants de moins de 5 ans souffrent d’au moins une forme de malnutrition. Une situation précaire, particulièrement marquée dans les régions du Grand Sud, régulièrement confrontées à la sécheresse et aux intempéries.
Après la consultation, Soafiny se rend au Foyer d’Apprentissage pour la Réhabilitation Nutritionnelle et l’Éveil (FARNE), où d’autres enfants atteints de malnutrition aiguë modérée sont pris en charge autrement, à l’aide d’aliments locaux, cuisinés suivant différentes pratiques. C’est là son quotidien. Chaque jour, elle y retrouve des femmes du village qui l’aident à préparer le déjeuner. Au menu du jour : manioc, lentilles, maïs, pistaches, un peu de sel iodé… le tout transformé en une pâte nourrissante. Les enfants se régalent à l’heure du repas. Le FARNE constitue également un continuum d’opportunités d’apprentissage précoce. En effet, durant leur séjour dans ce site, les enfants bénéficient d’une prise en charge optimale, incluant un accompagnement psychosocial à travers des activités d’éveil utilisant des jouets locaux.
En principe, après 18 jours de suivi nutritionnel, ces enfants malnutris retrouvent un bon état nutritionnel. Soafiny a également formé les mères à dépister la malnutrition chez leurs enfants. À l’aide du bracelet de mesure du périmètre brachial, elle leur enseigne comment repérer les signes de dénutrition afin qu’elles puissent reproduire ces gestes simples, mais essentiels, au sein de leur foyer.
« Je collabore aussi étroitement avec les agents de santé, des professionnels qualifiés vers qui j’oriente les cas plus graves nécessitant une prise en charge médicale. Je vis de l’agriculture et de la couture. Mais cette mission, c’est ma vocation : elle me permet de contribuer au développement de ma communauté »,
Ses actions et celles de ses homologues sont soutenues par le Projet de renforcement de la résilience pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle à Madagascar, financé par la BMZ via la KfW Banque de Développement. Mis en œuvre conjointement par le PAM et l’UNICEF, ce projet bénéficie à 105 650 personnes dans quatre communes du Grand Sud. Ce projet se distingue par sa démarche intégrée qui permet la complémentarité entre des activités menées. Une belle synergie qui offre un paquet de services intégrés dans la prise en charge de la malnutrition aigüe dans ces communautés vulnérables.