Lutte contre la malnutrition : chaque choix compte

Au sud de Madagascar, la prévention, le dépistage précoce et la prise en charge de la malnutrition permettent aux enfants de recevoir le soutien dont ils ont besoin pour retrouver une croissance saine.

Abela Ralaivita
Au sud de Madagascar, la prévention, le dépistage précoce et la prise en charge de la malnutrition permettent aux enfants de recevoir le soutien dont ils ont besoin pour retrouver une croissance saine.
UNICEF/UN0891150/Andriantsoarana
25 août 2026

Ce jour-là, Voafidy est venue au centre de santé de la commune d’Ifotaka. Jeune mère de 18 ans, elle vit dans la région Anosy, au sud de Madagascar. Elle est venue avec son fils Fidison, âgé de 11 mois. Depuis quelques semaines, elle avait remarqué que son enfant maigrissait. 

« J’ai reçu une formation sur la manière de détecter la malnutrition chez mon enfant. J’ai alors pris le ruban et mesuré son périmètre brachial. J’ai vu que la mesure était dans la zone rouge. J’ai immédiatement appelé l’agent communautaire, qui a confirmé le résultat et m’a accompagnée au centre de santé », explique-t-elle.

Au centre de santé, l’agent de santé reprend le dépistage de Fidison. Il mesure son tour de bras, le pèse, vérifie sa taille et recherche la présence éventuelle d’œdèmes. Le diagnostic est confirmé : Fidison souffre de malnutrition aiguë sévère, mais sans complication.

Après un test d’appétit concluant, Fidison peut commencer son traitement. L’agent de santé lui fournit des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi, fournis par l’UNICEF, qui l’aideront à reprendre du poids au cours des prochaines semaines. La durée du traitement dépendra de l’évolution de son état nutritionnel.

Fidison, âgé de 11 mois, se fait mesurer le périmètre brachial. Le résultat se situe dans la zone rouge, signe d'une malnutrition aiguë sévère.
Fidison, âgé de 11 mois, se fait mesurer le périmètre brachial. Le résultat se situe dans la zone rouge, signe d'une malnutrition aiguë sévère.
Fidison consomme de l’aliment thérapeutique prêt à l'emploi (ATPE), un traitement nutritionnel qui l'aidera à se rétablir.
UNICEF/UN0891012/Andriantsoarana Fidison consomme de l’aliment thérapeutique prêt à l'emploi (ATPE), un traitement nutritionnel qui l'aidera à se rétablir.

Mieux vaut prévenir que guérir 

Avant de partir, Safidy Tenasoa Rangavita, agent de santé, lui prodigue des conseils pour prévenir la malnutrition chez son enfant. Il lui explique notamment l’importance de varier son alimentation, de lui donner une supplémentation en vitamine A, de poursuivre l’allaitement et d’adopter d’autres bonnes pratiques. Dans ces zones du sud de l’île, les ménages sont confrontés à d’importantes contraintes économiques, alimentaires et environnementales, qui contribuent à la malnutrition des enfants.

Notre rôle ne se limite pas à traiter les enfants déjà malnutris. Nous accompagnons aussi les parents pour qu’ils adoptent de bonnes pratiques et puissent prévenir la malnutrition à la maison.

Safidy

À Tsarapioky, une communauté située non loin de là, une dizaine de femmes se réunissent avec leurs enfants pour participer à ce qu'elles appellent un groupe de soutien. Animée par Lianisoee Paulette, mère leader, la séance est consacrée à la sensibilisation aux bonnes pratiques de nutrition. À l'aide d'un bol alimentaire distribué aux participantes, elle explique les différents groupes d'aliments, les portions adaptées et l'importance d'une alimentation équilibrée pour les jeunes enfants.

Les participantes écoutent attentivement, prennent part aux échanges et partagent leurs expériences. « À travers ces séances, nous sensibilisons les mères aux bonnes pratiques de nutrition. Cela les aide à prévenir la malnutrition chez leurs enfants et à leur assurer une bonne croissance », explique Lianisoee.

La séance se poursuit avec une démonstration de la mesure du périmètre brachial (MUAC), des démonstrations culinaires et d'autres activités pratiques destinées à renforcer les connaissances des participantes. Pendant ce temps, les plus jeunes sont accueillis dans l'espace Mandady, un lieu spécialement aménagé pour eux. « Cet espace me permet de participer pleinement aux séances du groupe de soutien, car mon petit-fils peut y jouer en toute sécurité », témoigne Maho Seraphine, l'une des participantes. 

Prévention, dépistage et prise en charge de la malnutrition : toutes ces actions complémentaires menées conjointement par le PAM et l'UNICEF poursuivent un même objectif, celui de garantir aux enfants un bon départ dans la vie. En renforçant les connaissances des familles et en rapprochant les services de nutrition des communautés, ces interventions contribuent à prévenir les formes les plus graves de malnutrition et à offrir à chaque enfant les meilleures chances de grandir en bonne santé.

Lianisoee Paulette, mère leader, anime une séance de sensibilisation destinée aux mères à l'aide d'un bol alimentaire et de supports visuels éducatifs.
Lianisoee Paulette, mère leader, anime une séance de sensibilisation destinée aux mères à l'aide d'un bol alimentaire et de supports visuels éducatifs.
Maho Seraphine, grand-mère de Jacky, âgé de six mois, participe régulièrement aux séances du groupe de soutien communautaire de son village.
Maho Seraphine, grand-mère de Jacky, âgé de six mois, participe régulièrement aux séances du groupe de soutien communautaire de son village.

Note : Ces actions sont mises en œuvre grâce au Projet Magnovasoa, financé par le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) à travers la KfW Banque de Développement. Mis en œuvre conjointement par le PAM et l’UNICEF, ce projet bénéficie à 105 650 personnes dans quatre communes du Grand Sud. Ce projet se distingue par sa démarche intégrée qui permet la complémentarité entre des activités menées. Une belle synergie qui offre un paquet de services intégrés dans la prise en charge de la malnutrition aigüe dans ces communautés vulnérables.