Elio, un combat pour la vie au centre nutritionnel de Toamasina
Deux mois après le passage du cyclone Gezani, les services de santé fonctionnent à nouveau, mais restent fragiles malgré les aides d’urgence.
- Français
- English
Cela fait plus d’un mois qu’Elio, âgé d’un an, est hospitalisé au centre de rééducation nutritionnelle intensive du Centre Hospitalier Universitaire de Toamasina. Il souffre de malnutrition aiguë sévère, aggravée par des complications liées à la tuberculose. Un diagnostic lourd pour un si jeune patient, pris en charge dans un contexte d’urgence prolongée.
« Après le passage du cyclone, il a commencé à avoir de la fièvre et des convulsions. Il a aussi perdu du poids, alors je l’ai emmené à l’hôpital », raconte sa mère, Voavonjy Jocilène.
Dans le service, Elio reçoit un traitement médical et des aliments thérapeutiques destinés à stabiliser son état nutritionnel et à renforcer ses défenses. Grâce à l’appui de l’UNICEF, de l’oxygène peut également lui être administré directement dans le service lors des épisodes de convulsions, évitant ainsi un transfert en réanimation. Assise à son chevet, sa mère tente de garder espoir malgré les difficultés du quotidien.
« La situation est difficile financièrement, mais je reçois un peu d’aide de ma famille. En même temps, je dois aussi m’occuper de mon fils aîné, Alan, âgé de 5 ans. »
Au-delà de la maladie, la famille fait aussi face aux conséquences du cyclone. Leur maison a été détruite. La situation devient encore plus complexe, car Elio devra bientôt être évacué vers la capitale pour des examens plus approfondis.
Des services sanitaires fragilisés
Dans les couloirs de l’établissement, le va-et-vient ne s’arrête pas. L’établissement tente de maintenir ses services malgré des infrastructures lourdement endommagées par le cyclone : murs fissurés, portes abîmées, toiture fragilisée.
Pour répondre à l’afflux de patients, un appui de l’UNICEF a permis de renforcer les équipes médicales avec le recrutement de personnel soignant et d’assistantes sociales, notamment dans le service de pédiatrie.
« J’ai fait mon internat ici en 2023. Je suis revenue il y a trois semaines et je ressens à quel point le travail est éprouvant. Même avec le renfort de l’équipe, la charge reste très élevée », confie l’une des médecins récemment recrutés. Au centre nutritionnel, plus d’une trentaine d’enfants sont désormais hospitalisés chaque mois depuis le passage du cyclone, illustrant la pression constante sur le service.
L’hôpital a subi d’importants dégâts matériels, affectant son fonctionnement quotidien. Un dispositif d’approvisionnement en eau potable a été mis en place, mais son fonctionnement reste irrégulier en raison de problèmes techniques. Pour combler le manque d’espace, une grande tente a également été fournie par l’UNICEF afin d’accueillir les femmes après leur accouchement.
C’est dans cet espace temporaire que nous rencontrons cinq familles, dont celle de Zorelle Edwige. Allongée sur son lit, elle a donné naissance, deux jours plus tôt, à des jumeaux, Willane et Winot. Elle est désormais mère de cinq enfants.
« C’était difficile de vivre ma grossesse tout en faisant face au cyclone. Heureusement, nous avons été bien accueillis dans cet hôpital »
Dans ce contexte encore marqué par les impacts du cyclone, soignants et familles continuent de faire face, entre résilience et incertitude. Elio et sa mère, resteront encore au centre jusqu’à ce qu’il puisse s’alimenter seul après le retrait de la sonde gastrique.
Note: ces interventions de l’UNICEF ont pu être réalisées grâce aux contributions financières du Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies (CERF), de l’Agence suisse pour le développement et la coopération, ainsi que du Bureau des affaires étrangères, du Commonwealth et du développement du Royaume-Uni (FCDO) à travers l’initiative « Aujourd’hui et Demain ».