Recevoir une éducation de qualité, c’est pouvoir rêver

Mélissia a retrouvé le chemin de l’école grâce au programme appuyé par l’UNICEF et espère ainsi réaliser son rêve de devenir médecin

Abela RALAIVITA
Mélissia (au milieu) a retrouvé le chemin de l’école grâce au programme appuyé par l’UNICEF et espère ainsi réaliser son rêve de devenir médecin
UNICEF/UN0336791/Ralaivita
04 novembre 2019

C’est la récréation à l’école primaire publique d’Ampanihy centre, dans le sud de Madagascar ! Au milieu des chants des jeunes filles qui se divertissaient, nous rencontrons Mélissia, 11 ans. En 2017, elle et sa sœur étaient contraints d’abandonner l’école faute de moyens. En difficulté financière, ses parents ne pouvaient plus subvenir à leurs besoins. Acheter les fournitures scolaires était devenu difficile pour la famille qui survit grâce au petit commerce de légumes.

 « Nous ne pouvions plus aller à l’école car nous devions assister nos parents dans les tâches de la vie quotidienne. Nous étions tristes car nous voulions continuer nos études », témoigne Mélissia, attristée par cette situation.

Les trois régions du sud de Madagascar (Anosy, Androy et Atsimo Andrefana) sont parmi les régions les plus vulnérables du pays. Les enfants vivant dans ces régions affrontent des défis majeurs et multiples.

Pour faire face à cette situation, le gouvernement de la Norvège a octroyé 21 millions de dollars destinés à la mise en œuvre d’un programme conjoint visant à améliorer l’offre éducative dans les écoles primaires publiques dans ces trois régions. Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et le Programme Alimentaire Mondial (PAM) assurent avec le Ministère de l’Education la mise en œuvre du programme. Grâce à l’appui équitable de ce programme, ces enfants sont devenus plus résilients. Ainsi, Mélissia et sa sœur ont retrouvé le chemin de l’école.

Rêver grâce à une éducation de qualité  

Dans ces régions, les enfants sont conscients que l’éducation reste la voie avec laquelle ils pourront réaliser leur rêve. Selon Emilie Tamara, Directrice de l’école, le taux d’assiduité des élèves est nettement en hausse et ceux qui ont abandonné les bancs de l’école sont de nouveau revenus grâce au programme de réinsertion. « Nous avons reçu des formations pour renforcer nos capacités mais aussi divers matériels pédagogiques pour nous permettre d’améliorer la qualité de l’enseignement », continue-t-elle avec fierté.  

Le Programme Conjoint mis en oeuvre par l’OIT, le PAM et l’UNICEF, avec le soutien du Gouvernement de la Norvège, aappuyé le Gouvernement Malagasy de 2015 à 2019 pour offrir un accès à l’éducation aux enfants les plus vulnérables de l’Anosy, Androy et Atsimo Andrefana. Cet appui peut prendre trois formes : la formation des 11.364 enseignants et la fourniture des matériels pédagogiques dans environ 4.000 écoles, appuyées par UNICEF; la mise en place de cantine scolaire dans 350 écoles avec 70.520 enfants bénéficiaires, appuyée par le PAM; et/ou la construction de 158 salles de classe et d’un réfectoire dans 97 écoles, appuyée par l’OIT.

Bien que les ressources ne soient pas illimitées et ne permette pas de mettre en place les composantes partout, le programme a contribué à maintenir le taux de réussite à l’examen CEPE bien au-dessus de la moyenne nationale, qui est de 55%. Mélissia va passer cet examen cette année. « Je souhaite réussir l’examen CEPE et pouvoir continuer mes études. J’aimerais devenir médecin pour pouvoir aider mes parents et ma communauté », affirme-t-elle avec un petit rire à la fin.