« Mes parents ne sont pas allés à l’école et moi, j’aimerais continuer jusqu’au bout. »

Après le passage du cyclone Fytia dans le nord-ouest de Madagascar, l’école primaire publique d’Antsanitia tente de retrouver son rythme malgré les défis du quotidien.

Abela Ralaivita
Francia, au milieu des autres élèves de la classe de 7ème
UNICEF Madagascar/2026/Andriantsoarana
19 mai 2026

« Le poisson » : tel est le thème de l’après-midi pour la classe de 7ème. C’est l’heure du cours de sciences de la vie et de la Terre, celui préféré de Francia, 12 ans. Assise aux côtés d’une trentaine d’élèves, elle suit la leçon avec attention, profitant de l’air qui circule dans la tente malgré la chaleur. Cette tente fournie par l’UNICEF fait office de salle de classe provisoire afin d’assurer la continuité des apprentissages. La directrice, Rasamison Elliana, qui enseigne également, utilise un cri de motivation : « Tsy mandany lera » (On ne perd pas de temps), auquel les élèves répondent : « Samy mianatra izaho sy ianao » (On apprend tous les deux, toi et moi). L’école primaire publique d’Antsanitia se situe dans un village touristique de pêcheurs à une vingtaine de kilomètre de la ville de Mahajanga. Elle compte huit salles de classe, dont cinq ont été endommagées après le passage du cyclone Fytia au mois de janvier 2026. En plus de la tente, l’UNICEF a distribué de nouvelles fournitures scolaires, les anciennes ayant été endommagées par les inondations due au cyclone. Des kits récréatifs, notamment des ballons de football et de volley, ont également été remis pour permettre aux enfants de jouer, réduire le stress et encourager le retour à l’école.

« Auparavant, on jouait avec un ballon fabriqué à partir de sachets plastiques. J’aime beaucoup jouer avec ce nouveau ballon. »

Saidah, 13 ans – camarade de classe de Francia
Une élève joue à la corde avec ses amis pendant la récréation.
UNICEF Madagascar/2026/Andriantsoarana Un élève joue à la corde avec ses amis pendant la récréation.
Francia prend une pirogue pour rentrer dans son village Ankabokabe.
UNICEF Madagascar/2026/Andriantsoarana Francia prend une pirogue pour rentrer dans son village Ankabokabe.

Des études difficiles

La vie après le cyclone Fytia est plus compliquée pour les élèves mais aussi pour les enseignants. Francia vit dans le village d’Ankabokabe, à environ trois kilomètres de l’école. Elle doit traverser un canal en pirogue pour s’y rendre, un trajet gratuit pour les élèves. Habituée à ce trajet, elle n’en a pas peur, même si elle reconnaît que sa motivation a baissé après la longue interruption des cours. « Heureusement, j’ai reçu un cartable, des cahiers, des stylos et un crayon, ce qui m’a permis de garder mon énergie de venir », confie-t-elle après que ces fournitures scolaires ont été inondées à cause de la montée des eaux.

Pour elle, il n’est pas question d’abandonner. « Mes parents ne sont pas allés à l’école et moi, j’aimerais continuer jusqu’au bout. Il faut bien que j’apprenne mes leçons pour réussir le CEPE », ajoute -t-elle. Elle rêve de devenir sage-femme, un métier essentiel dans une zone où il faut se rendre jusqu’à Antsanitia pour accéder à un centre de santé. 

Cet établissement accueille 394 élèves, dont 42 en classe de 7e. L’école a pourtant enregistré un taux de réussite de 93 % lors des derniers examens du CEPE (Certificat d’Études Primaires et Élémentaires).

La directrice explique que cette période est particulièrement difficile pour les familles, la pêche étant perturbée par les pluies et les cyclones. Pour soutenir les élèves, des cours de rattrapage sont organisés, notamment le samedi, avec l’utilisation de sujets types. Les échanges questions-réponses font également partie des approches pédagogiques privilégiées. 

 

Saidah (debout) et l’une de ses camarades de classe posent avec leur nouveau ballon dans la cour.
UNICEF Madagascar/2026/Andriantsoarana

Note : Les élèves participent à des activités d’apprentissage soutenues par le programme d’éducation d’urgence de l’UNICEF. Cette intervention est financée par le Fonds central d’intervention pour les urgences des Nations Unies (CERF).