Les plus vulnérables restent les premières victimes du changement climatique à Madagascar.

Deux semaines après le passage du cyclone Freddy du sud-est en sud-ouest, plusieurs sinistrés continuent de vivre dans l’insalubrité causée par la montée des eaux dans leur quartier.

Abela Ralaivita
Deux enfants évitant de marcher dans l’eau dans le quartier d’Ambohitsabo, dans le sud-ouest de Madagascar après le passage du cyclone Freddy.
UNICEF Madagascar/2023/Andriantsoarana
28 mars 2023

L’ambiance est tendue à l’école primaire d’Ambohitsabo, en pleine ville de Tuléar, dans le sud-ouest de Madagascar. Les responsables ont annoncé le retour en classe des élèves alors qu’une soixantaine de personnes vivent encore sur ce site. Ces individus sont des sinistrés dont la vie a été affectée par le passage du cyclone Freddy dans la région en mars 2023. Ils étaient plus de 500 à être temporairement hébergés dans cette école pendant deux semaines. La plupart vivent dans les quartiers à faible élévation où les inondations sont systématiques après une grosse pluie. Le lendemain, ils devront libérer les lieux.  

« Ils nous ont dit de rentrer chez nous alors que dans mon quartier, l’eau arrive encore à la hauteur de ma jambe. Mon mari n’arrive plus à subvenir à nos besoins car il ne peut pas encore pêcher à cause des mauvaises conditions climatiques » explique Valentine, l’une des mères de famille s’abritant du soleil à l’ombre d’un arbre.

Chaque visiteur attire les regards curieux de la communauté qui attend patiemment au cas où il y aurait une distribution de dons pouvant les aider à survivre. La plupart voudrait encore rester quelques temps sur le site. « Je suis contente que mes trois enfants puissent revenir en classe après trois semaines d’arrêt des cours. Toutefois, je suis inquiète de rentrer chez moi car ces eaux insalubres  peuvent provoquer des maladies, en particulier pour mes enfants », témoigne Edmondine, dont les enfants sont inscrits dans cette même école.


Le cyclone Freddy a causé la mort de 17 personnes et a affecté environ 190 000 personnes dans 12 régions de Madagascar. Environ 90 000 élèves, dont les enfants de Valentine et d’Edmondine, ont dû arrêter les cours pendant une période prolongée car leur école a été endomagée par les vents violents ou innondée par la montée des eaux.  


 

Deux filles déplaçant une table de chevet hors de leur maison afin de la mettre dans un endroit un peu plus sec.

Deux filles déplaçant une table de chevet hors de leur maison afin de la mettre dans un endroit un peu plus sec.

Un maçon installant le tarpaulin une bâche doté donnée par l’UNICEF afin de remplacer temporairement le toit d’une salle de classe décoiffé par le cyclone Freddy.

Un maçon installant le tarpaulin une bâche doté donnée par l’UNICEF afin de remplacer temporairement le toit d’une salle de classe décoiffé par le cyclone Freddy  

Une latrine provisoire, fournie par l’UNICEF, installée au sur le site des sinistrées d’Ambohitsabo.

 

Une latrine provisoire, fournie par l’UNICEF, installée sur le site des sinistrés d’Ambohitsabo. 

 

Réponses immédiates  

Sur ce site, la communauté s’entraide pour faire face à la situation. « Nous essayons de nous épauler psychologiquement pour affronter cette dure épreuve », confie Edmondine. L’UNICEF et ses partenaires travaillent aussi en première ligne, en fournissant les services essentiels pour répondre aux besoins de la population. Ces appuis ont permis aux intervenants sociaux de soutenir régulièrement les victimes, en particulier les enfants, en leur apportant des conseils pratiques afin de surmonter leur traumatisme. Les services de soins et de nutrition étaient aussi disponibles pendant la période post-cyclonique grâce à l’UNICEF. 

« Nous avons installé dans cette école des équipements comme les latrines provisoires ou les dispositifs de lavage des mains car garder sa dignité est important. Maintenant que les sinistrés vont rejoindre leur foyer, nous devons nous concentrer sur la rentrée des classes et comment rattraper le retard par rapport au programme scolaire », explique Sasany Idvertine, directrice de l’école. Une bâche, fournie par l’UNICEF, a été fixée provisoirement sur le toit d’une salle de classe en attendant sa réparation définitive. Des kits scolaires seront aussi distribués aux élèves dont les fournitures ont été endommagées. 

De retour chez eux, Edmondine et ses enfants sont confrontés à la dure réalité de la vie. Ils doivent encore patienter un moment avant de retrouver leur vie d’avant. En effet, les services d’assainissement se démènent pour retirer les eaux souillées dans les quartiers à faible élévation en utilisant des motopompes, fournies par l’UNICEF. « L’engagement de tous les acteurs dans une coordination multisectorielle a joué un rôle clé dans le cadre des réponses aux urgences cycloniques. Grâce à la complémentarité de nos actions, ensemble nous avons pu répondre aux besoins de la population », affirme Jacky Randimbiarison, spécialiste en urgences à l’UNICEF Madagascar. 

La reconstruction va se faire peu à peu mais Madagascar devra désormais s’adapter au changement climatique. Pendant que la sècheresse sévit dans le Grand Sud, les cyclones et les inondations frappent plusieurs régions de l’île. Construire des infrastructures durables comme les écoles anticycloniques ou les points d’eau dans les endroits où l’accès à l’eau potable est difficile, va devoir être une priorité dans les années à venir.  

Edmondine de retour chez elleentre chez elle, oùu plusieurs de ses biens ont été détériorés par les ’eaux salesouillées, entrée dans sa maison.
UNICEF Madagascar/2023/Andriantsoarana Edmondine de retour chez elle, où plusieurs de ses biens ont été détériorés par les eaux sales, entrées dans sa maison.
Les pieds abimés des enfants d’Edmondine après deux semaines ayant à circuleré dans l’eau du quartier d’Ambohitsabo.
UNICEF Madagascar/2023/Andriantsoarana Les pieds abimés des enfants d’Edmondine après deux semaines ayant à circuleré dans l’eau du quartier d’Ambohitsabo.

Note : Les interventions de l’UNICEF en réponse au cyclone Freddy ont été financièrement soutenues par les comités nationaux pour l’UNICEF (Irlande et Royaume Uni), à travers le mécanisme Today Tomorrow Initiative (TTI).