Fanjarline retrouve son enfant 12 jours après le cyclone Gezani.
Grâce au plaidoyer mené par l’UNICEF en faveur de la poursuite des recherches, Espérance (8 ans) a pu retrouver sa famille, sain et sauf.
C’est l’effervescence sur le site d’hébergement de l’École primaire publique La Foire, à Toamasina, sur la côte Est de Madagascar. Après douze jours de recherche, la police, avec le soutien des intervenants sociaux, vient de retrouver Espérance, 8 ans.
Fanjarline, sa mère de 34 ans, est aux anges. C’était son plus grand souhait. Interviewée une semaine auparavant, elle avait exprimé son espoir de retrouver son enfant, malgré les conditions précaires dans lesquelles elle vit sur le site.
Retrouver mon fils était mon vœu le plus cher et il s’est réalisé. Je suis tellement heureuse de l’avoir retrouvé. Mes enfants sont tout pour moi.
Lors de notre première rencontre, Fanjarline était au bord de l’effondrement. Au milieu de la salle de classe où elle et sa famille s’étaient abritées après le cyclone, elle restait figée sur un matelas, son bébé d’un mois dans les bras. Toutes les personnes présentes dans la salle éprouvaient une profonde compassion pour elle.
À côté, son mari s’était assoupi sur un table-banc. Il est épuisé par l’angoisse de retrouver son fils et par la responsabilité de protéger le reste de la famille, en veillant à ce qu’ils ne manquent de rien. Pourtant, malgré la profonde tristesse qu’elle ressentait, la famille semblait très ouverte et facile à aborder. « Dans l’après-midi, alors que le cyclone s’apprêtait à passer, nous avons immédiatement tenté de le retrouver. Mais face à l’urgence d’aller nous abriter, nos recherches sont restées vaines », confiait la mère de famille, en fondant en larmes.
Espérance, un prénom porteur d’espoir
Fanjarline n’a jamais perdu espoir. « Je ne sais pas s’il est déjà décédé, mais je garde la foi et je crois qu’il est toujours quelque part dans la ville », confie-t-elle. Fanjariline a cinq enfants dont Espérance. Deux jours après notre première rencontre, Delphine, intervenante sociale, est venue sur le site pour apporter son aide aux sinistrés. Elle a tenu une séance privée avec Fanjarline pour l’écouter et l’encourager à ne jamais perdre espoir.
Environ 6 000 enfants déplacés font face à des risques accrus de protection.
Comme Delphine, dix autres intervenants sociaux sont déployés de la ville de Toamasina grâce à l’UNICEF. Ce même appui a permis le déploiement de 22 intervenants sociaux supplémentaires de la ville de Fénérive-Est, venus en renfort pour offrir ce soutien psychosocial dont certaines familles ont besoin.
Le plus important a été le plaidoyer mené auprès des autorités pour intensifier la recherche de ce jeune garçon. Tous les efforts ont porté leurs fruits : Espérance a été retrouvé dans un marché d’un autre quartier de la ville.
Des gens m’ont donné à manger au marché, mais j’avais peur et je pensais tout le temps à ma mère.
Alors que les Nations Unies et les partenaires humanitaires, dont l’UNICEF, ont lancé un appel éclair de 67,8 millions de dollars américains pour fournir une aide d’urgence vitale à environ 486 000 personnes, les familles font de leur mieux pour faire face à la situation. Sur ce montant total, l’UNICEF doit mobiliser 8,4 millions de dollars américains pour renforcer l’aide vitale et appuyer le relèvement rapide des enfants et de leurs communautés.
Fanjarline et sa famille, quant à eux, resteront encore temporairement sur le site d’hébergement avant de trouver un nouveau logement. Certes, ils ne sont pas chez eux, mais ils sont de nouveau réunis, et c’est là leur plus grand bonheur. « Maintenant que nous avons retrouvé Espérance, nous allons essayer de survivre en trouvant du travail et un nouveau logement où nous pourrons nous sentir en sécurité. » - termine-t-elle.
Note : les réponses d’urgences incluant les activités anticipatoires sont financées par le Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies (UN CERF)