Deux époques, un même combat : l’éducation des filles
Ce récit raconte certains aspects de la vie des filles au fil du temps, tout en soulignant les défis persistants qui nécessitent davantage d’efforts pour garantir leurs droits.
Soraya, 15 ans, est élève en classe de troisième au collège Charles Renel de Majunga, au nord-ouest de Madagascar. Sixième d'une fratrie de sept enfants, Soraya a été élevée par sa mère, Louisette Justine, 45 ans. Son père ayant quitté la famille, Louisette a dû s'occuper seule de ses enfants, alors que Samira, la benjamine, n'avait qu'un an.
Louisette a grandi sans sa propre mère à une époque où l’éducation des filles était peu valorisée. Privée de scolarité, elle a dû se débrouiller dès son plus jeune âge, nourrissant le rêve qu’un jour ses futures filles puissent avoir accès à une éducation et un avenir meilleur. Aujourd’hui, elle vend des légumes au marché populaire Mahabibo pour subvenir au besoin de ses enfants.
"À cette époque, je me suis promis qu’un jour, je ferai tout pour que mes filles puissent réussir leurs études, car j’ai connu la difficulté de grandir sans le soutien maternel," confie Louisette, avec une détermination marquée par la résilience, sans aucun regret d’avoir affronté ces nombreux défis.
Aujourd'hui, sa fille Soraya excelle en sciences de la vie et de la terre, en mathématiques et en physique. Sa passion pour les sciences nourrit son ambition de devenir médecin ou comptable. Consciente des défis auxquels les adolescentes sont confrontées notamment le mariage ou bien la grossesse précoce, elle fait de son mieux pour réussir dans ses études.
« De nombreuses filles deviennent mères trop jeunes, ce qui les empêche de continuer leurs études », affirme Soraya, une observation que sa mère partage pleinement.
L’éducation dans tous ses états
À Madagascar, 39 % des femmes âgées de 20 à 24 ans ont été mariées ou entrées en union avant leurs 18 ans. En plus de ses études au collège, Soraya trouve refuge et épanouissement dans la vie associative. Elle est une scout engagée et membre d'un club d'élèves soutenu par l'UNICEF et ses partenaires au sein de son collège, des activités parascolaires qui la protègent des mauvaises influences et renforcent son engagement envers l’éducation.
Sonya, l'aînée, ainsi que la benjamine, sont également scouts et sont respectivement en classe de 6ème et en seconde. "Malgré la mondialisation, les filles doivent rester concentrées sur leurs études et s'engager dans des activités comme le scoutisme, qui peuvent les guider positivement dans leur vie." – affirme Rasoanatoandro Roverine Ernestine, leur Cheftaine.
Louisette, quant à elle est fière de ses filles, en particulier de Soraya. Elle voit en elle une jeune fille responsable, symbole de l’espoir d’un avenir meilleur pour les filles de sa génération.
« Ma mère m'inspire énormément. Sa détermination m'encourage à donner le meilleur de moi-même pour réussir dans mes études» - Soraya, 15 ans
"Je pense que les filles devraient pouvoir profiter davantage de leur adolescence, notamment en ayant accès à l’éducation, afin de développer pleinement leur potentiel." - Sonya, 17 ans
Note : A Madagascar, les programmes pour la promotion des droits des filles sont soutenus par plusieurs bailleurs notamment les comités nationaux pour l’UNICEF aux Etats Unis et en Allemagne, Zonta international et la Fondation Findel.