Chantale et sa communauté se relèvent ensemble après le cyclone
Au-delà des maisons détruites, le cyclone Gezani laisse des blessures invisibles : des angoisses pèsent quotidiennement sur les enfants et les familles. La solidarité de la communauté devient un soutien vital pour surmonter ces épreuves.
La vie reprend peu à peu son cours au quartier de Tanambao 5, où se trouve la gare routière de Toamasina. Cinq jours après le passage du cyclone Gezani, la zone est de nouveau bondée de taxi-brousses. Au bout d’une ruelle, nous faisons la connaissance de Rafaraniaina Chantale, 30 ans, mère célibataire de trois enfants : Ericka (11 ans), Aina (5 ans) et Fiarena (4 mois).
Sa fille aînée vit à Moramanga, sa ville natale, car il est difficile pour elle de s’occuper des trois enfants en même temps. « J’étais inquiète en pensant à Ericka pendant le passage du cyclone. En plus, on ne pouvait pas communiquer : il n’y avait pas d’électricité et le réseau était mauvais lorsque j'arrivais à charger mon téléphone », confie-t-elle.
Dans la cour où se trouve sa maison, plusieurs femmes sont rassemblées avec leurs enfants. La solidarité de cette petite communauté se ressent dès les premiers échanges. « Nous sommes tous locataires de ces cases dans la cour. Pendant le cyclone, nous nous sommes réfugiés dans la seule maison en dur », explique l'une d'elles. Toutes les habitations en matériaux précaires ont cédé sous la force des rafales.
« On a mis des matelas par terre pour dormir, mais comme l’eau est aussi montée dans la maison, on est restés debout, et ont laissé les bébés sur le lit. On n’a pas dormi de la nuit.»
La sécurité et le bien-être
Chantale se rend temporairement sur le site d’hébergement installé à l’école primaire publique du quartier durant la journée, pour éviter de déranger les autres occupants de la maison. Avant le cyclone, son fils de cinq ans fréquentait le niveau préscolaire.
« Il y a toutes sortes de personnes, issues de milieux différents dans ce site et il est difficile de cohabiter. Je ne me sens pas vraiment en sécurité ni sereine. La nuit, je préfère rester chez mes voisins. », explique-t-elle. Chantale subvient aux besoins de sa famille grâce aux petits travaux qu’elle parvient à trouver. Lorsqu'elle travaille, elle pense que ses enfants sont plus en sécurité avec les autres membres de sa communauté.
Environ 6 000 enfants déplacés font face à des risques accrus de protection.
Au site d’hébergement, environ 350 personnes cohabitent avec une majorité de femmes et d’enfants. En collaboration avec l’UNICEF, Delphine, intervenante sociale, explique les mesures mises en place pour protéger les enfants et les personnes les plus vulnérables. "Nous faisons des sensibilisations pour prévenir les violences mais aussi les exploitations ou les abus sexuels. Nous apportons également du soutien psychosocial pour ceux qui en ont besoin, » explique la professionnelle.
De son côté, Chantale et sa communauté font de leur mieux pour faire face à la situation. « Mon plus grand souhait est de voir cette maison reconstruite et de retrouver notre foyer », termine-t-elle tout en gardant l’espoir de reprendre sa vie d’avant.
Note : les réponses d’urgences incluant les activités anticipatoires sont financées par le Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies (UN CERF).