1000 jours pour bien grandir
Choisir les bonnes pratiques pour garantir la santé et le bon développement de l’enfant
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Raveloarisoa Lydia, 32 ans est enceinte de huit mois. Elle habite avec son mari et ses trois enfants dans la commune rurale d’Ambanitsena, à 20km de la capitale Antananarivo (Région Analamanga). La famille vit de l’agriculture notamment de la culture de manioc, de patate douce, de haricot et d’autres légumineuses. Durant sa grossesse, Lydia n’a jamais oublié ses rendez-vous de suivi du bébé et de sa santé auprès du centre de santé d’Ambanitsena malgré les tâches ménagères qui l’accaparent au fil des journées. D’autre part, elle fait aussi régulièrement des visites de proximité au niveau du site de nutrition communautaire, mis en place par le gouvernement, pour bénéficier des conseils de l’agent communautaire en matière de santé et de nutrition. Désormais, elle met en pratique ces conseils à la maison et toute la famille mange des aliments sains, variés et diversifiés comme les légumes verts, la viande, les produits laitiers, les fruits, …
Dans la région d’Analamanga, les agents communautaires et les agents de santé travaillent main dans la main pour offrir aux mères et aux enfants les conseils et les services adéquats en santé et en nutrition. De ce fait, 5042 agents communautaires ont reçu la formation sur la malnutrition chronique dans cette région.
Toutes mes sœurs ont accouché à la maison avec l’aide de ma mère.
Malgré le fait que sa mère soit une matrone, Lydia a toujours accouché au niveau d’un centre de santé de base car elle est persuadée que seul le centre de santé peut lui offrir les services nécessaires afin de garantir une meilleure santé, pour elle et son enfant. A Madagascar, les matrones sont des accoucheuses traditionnelles très respectées dans les communautés. « Toutes mes sœurs ont accouché à la maison avec l’aide de ma mère. Depuis mon premier enfant, j’ai décidé de venir au centre de santé car cela me rassure de voir les équipements et le personnel qualifié qui prend soin de suivre mon état de santé et celui du bébé », explique Lydia.
A Madagascar, malgré le fait que plus de 86% des femmes enceintes aient respecté leur rendez-vous auprès du centre de santé, seulement 51% ont terminé les 4 consultations prénatales préconisées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour un meilleur suivi de la grossesse et de son issue. De plus, environ un enfant sur deux (47%) est atteint de malnutrition chronique (ou retard de croissance) qui se traduit par une taille faible par rapport à l’âge. Le retard de croissance n’est pas juste un enfant qui est trop petit pour son âge, c’est un enfant qui a plus de risque de tomber malade et plus de risque de mourir. C’est un enfant qui souffrira d’une réduction irréversible du développement cognitif et souffrira d’une réduction de la performance scolaire.
Assurer les 1000 premiers jours pour lutter contre la malnutrition chronique
Les bonnes pratiques d’Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant (ANJE) et la bonne nutrition de la mère sont essentielles pour réduire le fardeau des maladies et des décès des nourrissons et des jeunes enfants. La période comprise entre le début de la grossesse et les 24 premiers mois de la vie d’un enfant constitue une fenêtre d’opportunité unique dans le cycle de vie pour lutter efficacement contre la malnutrition à court et à long terme. Après l’âge de 2 ans, le retard de croissance ne peut plus être rattrapé.
Le meilleur moyen de parvenir à lutter contre ce fléau consiste à adopter une approche multisectorielle avec des interventions incluant la santé, la nutrition, l’eau, l’assainissement et l’hygiène (WASH) et le développement de la petite enfance dans le créneau essentiel des 1000 premiers jours de vie. Les 1 000 premiers jours de la vie, la période qui s’étend approximativement entre la conception et le deuxième anniversaire de l’enfant constitue une période unique en son genre pour permettre l’établissement des fondements d’une santé, d’une croissance et d’un neurodéveloppement optimaux tout au long de la vie.
Ainsi, par le biais de ses programmes, l’UNICEF avec les partenaires et les donateurs comme Takeda, intervient à cette période pour améliorer la santé de la femme et son enfant par l’offre de service de qualité de promotion, de prévention et de prise en charge au niveau communautaire et centre de santé.
Pour cela, diverses bonnes pratiques sont recommandées notamment la consultation prénatale (CPN) pendant la grossesse, l’accouchement et la consultation postnatale (CPoN) au Centre de santé, la bonne nutrition de la femme enceinte et allaitante, l’allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois et l’allaitement maternel jusqu’à ce que l’enfant atteigne deux ans, l’alimentation variée et diversifiée de l’enfant. Les autres interventions de prévention sont également importantes pour la mère que pour son enfant telles que les séries de vaccination, le dépistage des Infections sexuellement transmissibles/VIH, l’utilisation de traitement préventif intermittent du paludisme (TPI) et des moustiquaires imprégnées d’insecticide durable.
Comme Lydia, plusieurs mères suivent ces pratiques. « Les familles au sein de notre communauté commencent à suivre les bonnes pratiques car les gens sont maintenant conscients de l’importance du suivi de leur santé et d’avoir un enfant en bonne santé et qui a atteint son plein potentiel en matière de développement », témoigne Lydia.