« S’il n’y avait pas le programme FIAVOTA, ma fille serait déjà mariée aujourd’hui »

Le programme Fiavota a permis l’autonomisation des femmes. Les résultats sont palpables.

Fanjaniaina Alida
Esbelle Razafinjanoro, 40 ans, elle a bénéficié du transfert monétaire du projet Fiavota FIAVOTA en juin 2017, un programme de protection sociale mis en œuvre par le gouvernement malagasy avec l’appui financier de la Banque Mondiale et de l’UNICEF.
UNICEF/2019/Alida

03 septembre 2019

Esbelle Razafinjanoro, 40 ans nous a accueilli chez elle avec fierté. Elle habite dans le fokontany de Tanambe Haut, Amboasary sud. Son domicile reflète la propreté, la joie de vivre mais aussi reflète sa réussite. Toutefois, cette réussite a un long parcours

« Je me souviens encore de notre pauvre situation il y a quelques années. A l’époque, j’ai dû arrêter la scolarisation de mes enfants car je ne pouvais plus subvenir à leurs besoins », nous confie Esbelle, cette ancienne commerçante de charbon et de riz et mère de cinq enfants et femme de paysan.

Aujourd’hui, elle s’affirme son indépendance depuis qu’elle a bénéficié du transfert monétaire du projet Fiavota FIAVOTA en juin 2017, un programme de protection sociale mis en œuvre par le gouvernement malagasy avec l’appui financier de la Banque Mondiale et de l’UNICEF. Elle a pu bénéficier d’un montant total de 800 000 Ariary depuis.

Ses quatre enfants sont maintenant inscrits à l’école secondaire d’Amboasary. Deux d’entre eux ont pu réintégrer l’école avec l’appui budgétaire du programme FIAVOTA. D’ailleurs, les deux sœurs ont bénéficié du cours de remise à niveau de l’école pour les permettre de rattraper les deux années manquantes de classe durant leur abandon.

La cadette Angelica, aujourd’hui 18 ans voudrait être une sage-femme. Elle va passer son examen officiel avant l’entrée en lycée cette année. « C’est une bénédiction de les voir à l’école. S’il n’y avait pas ce programme, elle serait déjà mariée », explique la maman

Le programme FIAVOTA n’a pas seulement amélioré la vie scolaire de ses enfants mais l’a aussi aidé avec un fonds de redressement de 180 000Ar. Pour Esbelle, elle a opté pour l’élevage de volaille. Elle a maintenant 5 dindons et 10 poules. C’est elle qui le gère afin d’augmenter son revenu familial.

Mais l’histoire incroyable d’Esbelle ne s’arrête pas chez elle. Elle voudrait partager à son entourage et depuis, elle est à la tête du groupe Fitarikandro avec 25 mères de familles qui se partagent leur expérience et leur pratique. La force du transfert monétaire du projet FIAVOTA réside dans les mesures d’accompagnement données par le projet. Pour Esbelle, elle se charge de la formation et la sensibilisation des ménages bénéficiaires dans son groupe sur les PFE après avoir reçu la formation de la part du projet. En effet, elle réunit son groupe tous les deux mois et conduit une séance de bien-être.

Les résultats sont palpables.

Falison Razafinjatovo, directeur du Fond d’Intervention pour le Développement

 « C’est une aubaine de pouvoir partager entre nous ce plaisir de pouvoir vivre dignement et de discuter de nos plans de vie. J’ai déjà organisé 10 séances de sensibilisation autour du thème Rôles et responsabilités d’une femme rurale, citoyenneté, technique de gestion financière familiale, eau, hygiène et assainissement, développement de la petite enfance, planning familial, inclusion productive », souligne-t-elle.

Pour le district d’Amboasary, l’UNICEF finance les 4000 sur les 70 000 ménages bénéficiaires. Selon monsieur Falison Razafinjatovo, directeur du Fond d’Intervention pour le Développement, partenaire de mise en œuvre du Fiavota, le district est à son 20 ème transfert monétaire. Les résultats sont palpables. « Nous avons vu une hausse incroyable du taux de scolarisation et de rétention scolaire des bénéficiaires. Une amélioration nette sur leur alimentation. Une bonne résilience pour lutter contre l’insécurité alimentaire mais surtout une amélioration dans la prise en charge de leur santé », explique le directeur.

Mais surtout, le programme Fiavota a permis l’autonomisation des femmes car ces dernières sont les bénéficiaires comme c’est elles qui gèrent la maison, la santé de l’enfant

Chaque famille reçoit une somme minimum de 25 000 Ariary pour la scolarisation de l’enfant. Cette somme augmente de 10 000 Ariary si l’enfant est scolarisé et a plus de 5 ans. Aussi, elle bénéficié d’un fonds de redressement de 180 000 Ariary payable en deux tranches après évaluation.