La Guinée et ses partenaires, main dans la main pour célébrer la journée mondiale de la prématurité

Cette célébration était une occasion de jeter un regard rétrospectif sur ce qui a été fait en faveur de l’enfant prématuré et ce qui reste à faire pour garantir sa survie

Saa Momory KOUNDOUNO
Photo de famille à la fin de la cérémonie de célébration de la journée mondiale de la prématurité
Saa Momory KOUNDOUNO
13 janvier 2022

Le 17 novembre de chaque année, l’humanité célèbre la journée mondiale de la prématurité. En Guinée, elle a été célébrée pour la 5è fois cette année sous le thème : « Ethique et prématurité : regards croisés ». Cette célébration a été organisée à l’Institut de Nutrition et de Santé de l’Enfant (INSE) de l’hôpital Donka, et a regroupé l’équipe technique de l’INSE, les cadres du Ministère de la Santé et de l’hygiène publique, la société civile ainsi que les partenaires techniques et financiers.

En Guinée, le taux d’accouchement prématuré est de 14 pour 1000 naissances vivantes et 26% de complications liées à la prématurité. Et selon les données de l’enquête démographique et de santé (EDS 2018), le taux de mortalité néonatale est resté quasi stationnaire de 33 en 2012 à 32 décès pour 1000 naissances vivantes. Mais plus de 60% de tous les décès de nouveau-nés touchent des enfants de petits poids de naissance du fait de leur prématurité. Cette perte peut être évitée, souligne, Dr Adama Ouédraogo, Chef programme santé à l’UNICEF « Plus des trois quarts des bébés prématurés peuvent être sauvés si on leur prodigue des soins efficaces et peu onéreux. Par exemple : des injections de stéroïdes anténatales pour les mères qui ont des contractions prématurées, dans le but de renforcer le développement pulmonaire du fœtus, la méthode kangourou, lorsque l’enfant bénéficie d’un contact peau à peau sur la poitrine de sa mère qui l’allaite fréquemment, et des antibiotiques pour combattre les infections du nouveau-né. On a montré que la continuité des soins obstétricaux là où il existe de services obstétricaux efficaces, diminue la prématurité d’environ 24% ».

Dr Adama Ouédraogo, Chef Programme Santé à l'UNICEF
Saa Momory KOUNDOUNO
Dr Adama Ouédraogo, Chef Programme Santé à l'UNICEF

Pour diminuer cette prématurité, les autorités guinéennes et leurs partenaires techniques et financiers sont en train de travailler main dans la main, reconnaît, Dr Ibrahima Sory Diallo, Directeur général de l’INSE « Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a créé, grâce à l’appui des partenaires techniques et financiers, 17 Unités de Corticothérapie anténatale et de Soins Maternels Kangourou sur l’étendue du pays, en vue d’améliorer la survie des prématurés dans notre pays ».

Dr Ibrahima Sory Diallo, Directeur général de l’INSE
Saa Momory KOUNDOUNO
Dr Ibrahima Sory Diallo, Directeur général de l’INSE

Par contre, des défis liés à une meilleure prise en charge des prématurés persistent encore. Il s’agit du manque d’interactions pour une prise en charge adéquate, car l’insuffisance de ces interactions entre les différents acteurs de la santé, laisse croire que la santé, c’est de la dispensation, or il faut des regards croisés entre les différentes parties prenantes, relève Dr Sékou Condé, Secrétaire général du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique. Dr Sékou Condé s’adresse aux différents acteurs de la santé « il est attendu du personnel de santé, un renforcement de capacités, car l’expérience montre qu’il est bien possible d’offrir des soins efficaces, rationnels et adéquats peu onéreux en matière de prise en charge des prématurés. Ensuite, j’exhorte la société civile dont les gestes sont probants, de continuer ses efforts de mobilisation en faveur de la santé. Et quant aux partenaires techniques et financiers, nous les encourageons à continuer d’appuyer la santé, car comme on le dit, la santé n’est jamais acquise une fois pour tout, elle est en perpétuelle évolution ». 

Dr Sékou Condé, Secrétaire général du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique
Saa Momory KOUNDOUNO
Dr Sékou Condé, Secrétaire général du Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique

Cette célébration est donc une occasion de jeter un regard rétrospectif sur ce qui a été fait en faveur de l’enfant prématuré et ce qui reste à faire pour garantir sa survie. C’est aussi une opportunité pour les professionnels de santé et les parents d’approfondir la réflexion sur les aspects éthiques liés à cette problématique. Et aussi, de sensibiliser sur les meilleures pratiques aussi bien dans les services de santé, que dans les communautés et les familles, en vue de l’amélioration de la survie des nouveaux nés en général et celle des prématurés en particulier.

L’engagement des acteurs du secteur de la santé, ainsi que des leaders nationaux et locaux, pour la mise en œuvre des paquets d’intervention à haut impact pour la survie du nouveau-né en vue de la poursuite des soins, sera déterminant dans la réduction du taux de mortalité des enfants prématurés.