Rapprocher les soins essentiels des familles
Avec le soutien de KOICA, l’UNICEF renforce l’action des relais communautaires dans les zones les plus isolées de Guinée
Dans les zones les plus isolées de Guinée, l’accès à l’information et aux soins reste un défi quotidien. Pour les femmes enceintes, les mères et les enfants, cette distance peut avoir des conséquences dramatiques, pourtant évitables. Avec le soutien de KOICA, l’UNICEF appuie la formation et l’équipement des relais communautaires (Reco) pour apporter des réponses concrètes, adaptées et efficaces aux populations les plus éloignées.
Jean Baptiste Saoromou est relais communautaire à Lakpalayem, dans la préfecture de Yomou. Depuis 20 ans, il parcourt inlassablement des kilomètres pour sensibiliser, informer et accompagner les femmes et les enfants de sa région. « Au début, les femmes enceintes et les mères n’osaient pas venir au centre de santé, par méfiance et surtout à cause des grandes épidémies passées comme Ebola. Mais depuis que nous sommes devenus Recos, la situation a changé », raconte-t-il.
Installé dans une zone transfrontalière, il est souvent confronté à des épidémies venant des pays voisins dépourvus de relais communautaires. C’est pourquoi il mesure l’importance des connaissances qu’il a reçues : vaccination, nutrition, consultations prénatales, utilisation des moustiquaires, bonnes pratiques d’hygiène, mais aussi enregistrement des naissances.
Au centre de santé de Betha, le Dr Akoye Guilavogui confirme l’ampleur du changement : « Avant, les gens n’étaient pas vraiment informés. Ils utilisaient les moustiquaires pour la pêche ou pour faire des clôtures. Nous recevions tant d’enfants malnutris. »
Kôto Goromou, présidente du groupement de femmes de Betha, partage le même constat : « Auparavant, nos mères n’allaient pas dans les centres de santé et ne faisaient pas vacciner leurs enfants. »
Pour Jean Baptiste, les effets de ce travail sont évidents : « Depuis que nous sommes devenus Recos, les femmes sont rassurées et suivent nos orientations. Elles se rendent au centre de santé et sont bien informées grâce au matériel de sensibilisation. Nous n’enregistrons plus de décès maternels ou infantiles comme par le passé. Les enfants se développent dans de bonnes conditions, et les cas de fausses couches ont diminué. »
Grâce au soutien de l’UNICEF et de KOICA, l’ensemble de la zone bénéficie désormais de relais communautaires formés et équipés : groupements de femmes, agents de santé et agents de santé communautaire. Au total, 836 personnes ont été formées à la Prise en Charge Intégrée des Maladies du Nouveau-né et de l’Enfant, et plus de 800 ASC et ReCos ont été équipés pour mener leurs activités. Plus de 560 personnes, dont des femmes enceintes, des mères allaitantes et des jeunes filles, ont été sensibilisées aux pratiques familiales essentielles, à la vaccination, aux consultations prénatales, à l’hygiène, et à l’importance du maintien des filles à l’école.
« Il y a eu un grand changement. Grâce à l’appui de KOICA, la couverture vaccinale est excellente. Nous avons observé une forte baisse des cas de paludisme. Aujourd’hui, le centre est très sollicité », souligne le Dr Guilavogui.
Pour Jean Baptiste, la fierté est immense : « Ce grand changement est un avantage majeur de notre travail, et nous en sommes reconnaissants. »
Malgré les difficultés logistiques persistantes, « certains d’entre nous sont obligés de dormir en cours de chemin », son engagement n’a jamais faibli.
Des engagements comme celui de Jean Baptiste ont permis de sauver des milliers de vies et de rapprocher durablement les communautés des soins essentiels.