Une histoire de survie miraculeuse à Ebola

Les effets d’Ebola sont terribles. Cependant, grâce à des soins permanents, un petit garçon a réussi à vaincre cette redoutable maladie.

Par Sam Waterton
République démocratique du Congo, Ebola
UNICEF/Nybo/2019

23 janvier 2020

BUTEMBO, République démocratique du Congo – Les médecins ne pensaient pas que Nelly s’en sortirait lorsqu’ils l’ont vu franchir la porte du centre de traitement Ebola de Butembo, en République démocratique du Congo, en septembre dernier.

Le petit garçon de 6 ans, qui avait contracté Ebola en même temps que deux de ses frères en août, présentait déjà des symptômes avancés de la maladie. Après seulement quelques semaines, sa vie ne tenait plus qu’à un fil.

Lorsque les médecins ont mis en place son traitement, Nelly perdait régulièrement conscience, avait des difficultés à respirer et ses yeux étaient cerclés de noir.

Germain Mbusa a rassuré Nelly et pris soin de lui au centre. Il est resté à ses côtés à l’intérieur de la bulle de protection en plastique transparent dans laquelle était traité le petit garçon. Germain sait ce que c’est que de lutter contre Ebola. Après avoir lui-même survécu à la maladie, il est immunisé contre le virus et fait désormais partie des « berceurs » du centre, des accompagnateurs baptisés ainsi en raison de leur présence apaisante. Soutenu par une équipe de médecins et de nutritionnistes qui fournissait au jeune garçon des soins médicaux vitaux, Germain est resté au chevet de Nelly, lui parlant et lui tenant la main.

République démocratique du Congo. Un aide-soignant tient un enfant dans ses bras.
UNICEF/Nybo/2019
Germain, qui travaille en tant que « berceur » au centre de traitement Ebola de Butembo, en République démocratique du Congo, a veillé sur Nelly pendant que celui-ci était traité contre la maladie.

« Je voulais le voir guérir le plus vite possible », confie Germain.

Si les symptômes d’Ebola varient d’un malade à l’autre, les personnes infectées souffrent généralement d’une poussée de fièvre soudaine, d’une intense faiblesse, de douleurs musculaires, de migraines et d’une irritation de la gorge au cours des premiers stades de la maladie. Elles peuvent ensuite être sujettes à des vomissements et à des diarrhées, à des éruptions cutanées et, dans certains cas, à des hémorragies internes et externes.

Des élèves collent des affiches de sensibilisation à Ebola dans une école de Butembo, en République démocratique du Congo.
UNICEF/UN0311511/Tremeau
Des élèves collent des affiches de sensibilisation à Ebola dans une école de Butembo, en République démocratique du Congo.

Quand Nelly est arrivé, nous n’avions aucun espoir », indique le DSerge Mumbere Kavalami, l’un des directeurs de l’hôpital.

Cependant, contre toute attente, l’état de Nelly a commencé à s’améliorer.

« Le personnel a fait tout son possible et il a réussi à s’en sortir ! Sa survie est un vrai miracle », poursuit le DKavalami.

L’UNICEF a déployé des nutritionnistes cliniques, des pédiatres et des psychologues dans les centres de traitement Ebola afin de répondre aux besoins particuliers des personnes infectées par la maladie, notamment des enfants, des femmes enceintes et des femmes allaitantes, qui souffrent souvent de malnutrition.

Après avoir passé 35 jours en soins intensifs, Nelly a survécu à la maladie et a quitté le centre de traitement Ebola avec sa famille. « Je suis heureux d’être guéri et j’ai envie d’aller à l’école », dit Nelly en souriant tandis qu’il joint timidement les mains à l’extérieur de l’hôpital.

De plus en plus de survivants

Après des mois d’inquiétude, l’ambiance est à la légèreté et à la fête. La famille et l’équipe médicale dansent, rient et jouent des percussions. Nelly suffoque de joie tandis que sa famille le couvre de baisers et de câlins. « Je m’inquiétais quand je venais lui rendre visite. Je pleurais tous les jours. Je suis tellement reconnaissante qu’il aille mieux », se réjouit la mère du petit garçon en hissant son fils sur son dos.

Les histoires de survie comme celle de Nelly constituent une preuve supplémentaire que les efforts dévoués des médecins, des infirmiers et des nutritionnistes soutenus par l’UNICEF contribuent à sauver des vies. Plus de 1 100 personnes ont survécu à la dernière épidémie qui s’est déclarée dans le Nord-Kivu en août 2018. Cependant, même si les taux de survie augmentent, la prévention reste essentielle. Depuis 2018, près de 33 millions de personnes ont bénéficié d’informations sur la manière de repérer et de prévenir Ebola dans le cadre d’activités et d’initiatives de sensibilisation organisées dans les mairies, les églises, les écoles et les émissions de radio.

Germain affirme qu’il n’a jamais perdu espoir pour Nelly. « J’étais fou de joie quand Nelly a survécu », témoigne-t-il. « J’ai eu peur lorsqu’il refusait de s’alimenter. Je le regardais et j’étais terrifié à l’idée qu’il meure. Mais il s’en est sorti. »


Les interventions de l’UNICEF pour lutter contre Ebola reposent sur une approche communautaire transversale. Cette approche implique de dialoguer avec les communautés, de fournir de l’eau salubre et d’améliorer l’assainissement et l’hygiène dans le cadre de la prévention et du contrôle des infections, de renforcer les services de soutien psychosocial, d’information et de protection de l’enfance, et d’apporter une aide nutritionnelle. En savoir plus sur Ebola et la riposte de l’UNICEF.