Le virus Ebola

Face à l’impitoyable et dévastateur virus Ebola, l’UNICEF et ses partenaires continuent d’intensifier la riposte.

République démocratique du Congo. Un enfant va à l'école dans le quartier Ndindi de Beni.
UNICEF/UN0235943/Nybo

Ebola est une menace terrifiante pour les adultes… et plus encore pour les enfants.

Les enfants exposés à Ebola sont confrontés à la mort et à la souffrance, à la perte de leurs proches, ainsi qu’au risque d’être contaminés ou de devoir passer des semaines en quarantaine pour avoir été en contact avec une personne infectée par le virus.

Les enfants représentent une part significative des cas confirmés en République démocratique du Congo, où la dernière flambée épidémique a été déclarée situation d’urgence sanitaire publique de portée internationale par l’Organisation mondiale de la Santé. Au cœur de la riposte contre Ebola, il faut donc empêcher la contamination des enfants.

Les effets de la maladie ne sont pas que physiques. La stigmatisation peut être un facteur d’isolement pour des enfants qui luttent déjà afin de surmonter le deuil et des épreuves inimaginables, et ces blessures émotionnelles peuvent mettre des années à cicatriser.

Au cœur de la riposte contre Ebola, il faut empêcher la contamination des enfants.

En collaboration avec les pouvoirs publics et ses partenaires, l’UNICEF continue d’intensifier sa riposte pour contenir la maladie, empêcher sa propagation et, à terme, enrayer l’épidémie ; réduire le nombre de décès liés à Ebola parmi les personnes infectées ; offrir une protection et une assistance aux enfants et aux familles touchés par le virus, et alléger leurs souffrances.

La crise Ebola exacerbe la vulnérabilité de populations déjà exposées aux conflits, aux déplacements et aux épidémies. Avec ses partenaires, l’UNICEF répond donc aux besoins vitaux des communautés au‑delà du cadre d’Ebola, en fournissant des soins, de l’eau, des dispositifs d’assainissement et de l’hygiène, de la nourriture et d’autres services essentiels aux zones touchées par la maladie. 

Lire : Comment l’UNICEF participe à la lutte contre Ebola

Pourquoi le virus Ebola est si dévastateur pour les enfants

  • Les enfants touchés par Ebola nécessitent un ensemble de soins pédiatriques, notamment médicaux, infirmiers, nutritionnels, psychosociaux et de réhabilitation. Les enfants déjà victimes de malnutrition ont besoin d’un traitement et d’une alimentation spécifiques à leur situation.
  • Les enfants séparés, souvent de manière brutale et abrupte, de leurs parents et/ou des personnes qui s’occupent d’eux à cause d’Ebola ont besoin d’être pris en charge pendant la durée du traitement de leurs proches, et les enfants dont les mères ont contracté la maladie et ne peuvent plus les allaiter doivent recevoir une alimentation de substitution.
  • Les orphelins, eux, ont besoin de solutions de garde et de soutien à plus long terme : médiation avec la famille élargie qui refuse de les recueillir ; suivi médical et nutritionnel pour veiller à ce qu’ils restent en bonne santé ; et pour ceux qui en ont besoin, paiement des frais de scolarité et autre aide matérielle pour leur permettre de retourner à l’école, élément clé de leur bien-être.
  • La quasi-totalité de ces enfants a besoin d’aide pour surmonter les affres de la stigmatisation et de la discrimination qui pèsent sur les enfants touchés par Ebola, afin qu’ils soient acceptés, aimés et chéris par leurs familles et leurs communautés.

Comment l’UNICEF participe à la lutte contre Ebola

La riposte de l’UNICEF contre Ebola repose sur une approche communautaire transversale, qui passe par le dialogue avec les communautés, l’approvisionnement en eau salubre et l’amélioration de l’assainissement et de l’hygiène dans le cadre de la prévention et du contrôle de l’infection, le renforcement de l’assistance psychosociale et des services d’éducation et de protection de l’enfance, et l’aide sur le plan nutritionnel. L’UNICEF et ses partenaires :

Dialoguent avec les collectivités

La communication et le dialogue sont essentiels pour contenir et enrayer l’épidémie. L’UNICEF soutient la création de conseils communautaires et, avec l’appui de ses partenaires, noue un dialogue avec des individus et des réseaux de confiance, y compris des chefs religieux, des groupements de jeunes et de femmes, des chefs d’entreprise, et des survivants d’Ebola. Les témoignages de survivants contribuent à faire reculer la peur et encouragent la population à aller se faire soigner le plus rapidement possible. Cette communication interpersonnelle se double d’une communication de masse, notamment par des programmes de sensibilisation diffusés sur les radios locales.

En République démocratique du Congo, l’UNICEF œuvre à rapprocher les personnes influentes sur le plan socio-politique, les autorités communautaires et les membres de groupes armés pour permettre aux équipes de lutte contre Ebola de travailler dans un environnement plus sûr et moins marqué par la défiance.

Un agent de l'UNICEF chargé de la communication pour le développement (C4D) s'entretient avec des élèves de l'école La Vérité, dans le cadre d'une campagne de sensibilisation à l'Ebola à Butembo, en République démocratique du Congo.
UNICEF/UN0311495/Tremeau
Un agent de l'UNICEF chargé de la communication pour le développement (C4D) s'entretient avec des élèves de l'école La Vérité, dans le cadre d'une campagne de sensibilisation à l'Ebola à Butembo, en République démocratique du Congo.

Œuvrent pour la santé physique et mentale

L’UNICEF et ses partenaires apportent une aide essentielle aux personnes affectées par Ebola, aux établissements de santé et aux écoles. Ils leur fournissent notamment du matériel pour se laver les mains, des équipements de protection personnelle, de gestion des déchets, de nettoyage et de décontamination, ainsi que des thermomètres pour mesurer la fièvre – l’un des principaux symptômes de la maladie.

Pour faciliter la prise en charge des patients dans les centres de traitement d’Ebola, l’UNICEF déploie également des équipes de nutritionnistes et de travailleurs psychosociaux qui apportent des soins individualisés et un suivi nutritionnel et psychosocial spécialisé aux enfants et aux adultes contaminés par le virus ou suspectés de l’être.

Sur la base des enseignements tirés de l’épidémie de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest, l’UNICEF et ses partenaires apportent un soutien psychosocial pour veiller au bien-être des enfants et les aider à retourner à l’école.

Les équipes d’assistance psychosociale de l’UNICEF sont souvent les premières en contact avec les familles touchées par la maladie ou le décès d’un être cher. Elles les aident à franchir des caps difficiles comme le fait d’accepter le transfert vers un centre de traitement, la désinfection de leur foyer ou encore un enterrement sûr et digne. Ainsi, ces équipes jouent un rôle décisif dans la réussite de la riposte en s’assurant que les familles acceptent les interventions qui briseront la chaîne de transmission du virus.

L’UNICEF et ses partenaires s’occupent également de celles et ceux qui ont été en contact avec des personnes infectées et les aident à préserver leur bien-être, à détecter l’apparition de la maladie de manière précoce et à se tourner rapidement vers des établissements de soins.

République démocratique du Congo. Un infirmier du centre de traitement Ebola de Butembo nourrit un bébé dans une pouponnière pour les jeunes enfants affectés par le virus dans la province du Nord-Kivu.
UNICEF/UN0311515/Tremeau
Un infirmier du centre de traitement Ebola de Butembo nourrit un bébé dans une pouponnière pour les jeunes enfants affectés par le virus dans la province du Nord-Kivu.

Luttent contre d’autres flambées épidémiques

Ebola n’est pas le seul risque sanitaire en République démocratique du Congo. À mi-juillet, le pays comptait près de 2 000 décès dus à la rougeole en 2019.

Certains des premiers symptômes d’Ebola – fièvre, rougeurs périoculaires, diarrhée – sont pratiquement impossibles à distinguer de ceux de la rougeole, du paludisme ou du choléra, autant de maladies elles aussi répandues, notamment dans les camps de déplacés surpeuplés.

Pour prévenir un lourd bilan humain, le ministère de la Santé, avec l’aide de l’UNICEF et de Médecins Sans Frontières, a lancé en juillet une campagne de vaccination contre la rougeole en vue de vacciner 67 000 enfants dans la province de l’Ituri. En raison de l’épidémie d’Ebola, des précautions supplémentaires doivent être prises et un triage méticuleux effectué afin d’éviter toute infection.

Empêchent Ebola de se propager dans les écoles

On apprend aux écoliers à se protéger contre Ebola en se lavant les mains et en évitant les contacts superflus. Dans le cadre de cette stratégie, on les encourage à partager de ce qu’ils ont appris avec leurs familles et leurs voisins, de manière à renforcer le travail de sensibilisation déjà réalisé par ailleurs au sein de la population.

Parmi les autres mesures de prévention d’Ebola soutenues par l’UNICEF et ses partenaires, on peut citer :

  • la cartographie des écoles et la détermination de leur proximité avec des cas confirmés ;
  • la formation des élèves, des enseignants, des inspecteurs et des associations de parents d’élèves, entre autres, à la prévention d’Ebola dans les écoles, y compris à travers des pratiques d’hygiène et de gestion de l’eau, et la présence d’une assistance psychosociale en classe ;
  • la fourniture de thermomètres infrarouges et de kits de lavage des mains dans les écoles, ainsi que de l’eau propre ;
  • la mise à disposition de cabines pour la vérification à l’entrée dans les écoles ;
  • la distribution de documents et de protocoles relatifs à la prévention, à l’orientation et à la gestion des cas suspectés d’Ebola à l’école.
Ouganda. Un enfant montre aux autres élèves comment se laver les mains.
UNICEF/UN0307748/Adriko
Un enfant montre à ses camarades de classe comment se laver les mains après une démonstration faite par un volontaire dans le district de Kanungu, en Ouganda.

Aident les pays voisins à se préparer

Le risque de propagation d’Ebola dans la région demeure très élevé, mais la riposte rapide et efficace face aux cas importés dans la ville densément peuplée de Goma, en République démocratique du Congo, ainsi qu’en Ouganda a démontré l’importance d’investir dans la préparation.

Dans les pays voisins – Burundi, Rwanda, Soudan du Sud et Ouganda –, l’UNICEF intensifie la préparation en se focalisant sur :

1) la communication du risque, la mobilisation sociale et le dialogue avec les collectivités pour informer et protéger les populations locales ;

2) la prévention et le contrôle de l’infection, et l’accès à une eau propre et à des dispositifs d’assainissement dans les collectivités, les établissements de santé et les écoles ;

3) l’accès à des services de santé, à des fournitures pour lutter contre Ebola et à de la formation pour les agents de santé ;

4) le leadership et l’assistance de la coordination en matière de prévention et de préparation.

RDC.Un agent de santé prend la température d'une femme dans un centre de dépistage installé à l'entrée de la ville de Bunagana, à la frontière Ouganda-RDC pendant que des habitants font la queue.
UNICEF/UN0307794/Adriko
Un agent de santé prend la température d'une femme dans un centre de dépistage installé à l'entrée de la ville de Bunagana, à la frontière Ouganda-RDC pendant que des habitants font la queue.

Au Soudan du Sud, l’UNICEF concentre ses efforts sur les populations les plus à risque dans les zones frontalières de la République démocratique du Congo et de l’Ouganda. Entre janvier et juillet 2019, par exemple, l’UNICEF et ses partenaires ont touché plus de 850 000 personnes grâce à 450 travailleurs communautaires formés à l’intervention en première ligne. L’UNICEF et ses partenaires ont aussi touché 2 millions de personnes grâce à des messages de prévention diffusés sur 18 stations de radio en 6 langues.

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