Quand le peau-à-peau devient la seule chance de survie pour son fils
Rien ne présageait qu’elle devait accoucher sachant qu’elle n’était qu’à 7 mois de grossesse.
Lorsqu’on lui a annoncé qu’elle devait accoucher à 7 mois de grossesse, Makaya Coulibaly, 20 ans, était apeurée. Rien ne présageait qu’elle devait déjà mettre au monde son enfant avant le terme. Mais des douleurs quelques jours plutôt l’ont poussé à se rendre à l’hôpital général de Ouangolodougou. Ce jour-là, après 1 heure d’attente et de consultation, elle était déjà en salle d’accouchement. Le travail avait commencé. Makaya a donné naissance à son fils par voie basse.
« Le voir si petit, il pesait 1 kg, était ma deuxième surprise de la journée, et ce n’était pas une agréable surprise. Mais il était en vie et moi aussi. » Makaya
En effet, il était en vie, et tout ce qui comptait à présent, c’était de le sauver. Les Soins Mère Kangourou étaient la solution. Doté depuis un an d’une unité Soin Mère Kangourou, d’une capacité de trois lits, l’hôpital général peut désormais accueillir des mères et leur nouveau-nés prématurés ou de faible poids comme le fils de Makaya. D’ailleurs, celle-ci ne lui a pas encore donné de nom. Plusieurs bébés prématurés ne sont pas nommés par leur mère à la naissance car ces dernières ont peur en les nommant de s’attacher alors que le nouveau-né se trouve entre la vie et la mort.
« Nous sommes heureux de pouvoir gérer nous-mêmes des enfants prématurés désormais. Cette unité nous permet de garder les mères et leur montrer comment allaiter un prématuré, comment le tenir 24h/24 sur leur poitrine afin de le maintenir dans une température chaude similaire à celle dans l’utérus. » Sage-femme
Auparavant, lorsque cette unité n’existait pas, les mères de bébés prématurés devaient parcourir des kilomètres jusqu’à Korhogo, où se trouvent déjà des unités de Soins Mère Kangourou. Ce déplacement difficile représentait un grand manque pour l’hôpital général de Ouangolodougou et une épreuve supplémentaire pour les familles.
Aujourd’hui, grâce au soutien du Fonds Muskoka, une unité de Soins Mère Kangourou est enfin disponible à Ouangolodougou. Elle permet aux mères de pratiquer le peau-à-peau avec leurs bébés, une méthode simple, naturelle et efficace qui régule la température du nouveau-né, favorise l’allaitement maternel, renforce le lien affectif entre la mère et l’enfant et améliore considérablement les chances de survie des bébés prématurés ou en faible poids.
Désormais, les familles de Ouangolodougou n’ont plus besoin de se déplacer : elles bénéficient des soins mère Kangourou sur place.