Les comités de protection de l’enfant, une riposte contre le travail des enfants

Dans le camp des demandeurs d’asile à Nioronigué, le combat pour la protection des enfants s’impose !

Ali Barry et Lydia Kouadio
Dans le camp des demandeurs d’asile à Nioronigué, le combat pour la protection des enfants s’impose !
UNICEF / 2025 / Lydia Kouadio
16 juillet 2025

Dans le camp des demandeurs d’asile à Nioronigué, là où des familles ont tout laissé derrière elles pour fuir l’insécurité, un autre combat s’est imposé : celui de la protection des enfants. Pour certains, la présence des demandeurs d’asile représentait une potentielle ressource humaine. Ainsi, un phénomène inquiétant s’est installé : les enfants, aux côtés de leurs parents, devenaient une main-d’œuvre bon marché pour les agriculteurs des villages environnants. 

Chaque matin, les tricycles venant chercher petits et grands, stationnaient à l’entrée du camp, à destination des champs. Payés à peine 750 à 1 000 francs CFA par jour pour les adultes, soit 30 000 francs par mois, et 250 francs CFA par jour pour les enfants, soit à peine 7 500 francs par mois, cette exploitation s’est vite généralisée. 

« Les enfants étaient faciles à recruter : moins payés, plus obéissants, plus dociles. »  
Ce constat brutal et contre les droits des enfants a alerté l’UNICEF et le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE). 

En réponse, un Comité de Protection de l’Enfant (CPE) a été mis en place pour mettre fin au travail des enfants, sensibiliser la communauté des demandeurs d’asile sur les droits des enfants et dénoncer les violations graves des droits de enfants vivant au sein du site. Composé de deux groupes de 11 membres chacun, dirigés par un président et une présidente, ce comité est devenu une voix incontournable dans le camp. Depuis la mise en place de ses comités, le travail des enfants dans les champs et la mendicité ont drastiquement reculé et les parents commencent à changer de regard sur l’école. 

Dans le camp des demandeurs d’asile à Nioronigué, le combat pour la protection des enfants s’impose !
UNICEF / 2025 / Lydia Kouadio

« Avant, plusieurs parents ne scolarisaient pas leurs enfants et acceptaient que ceux-ci aillent travailler dans les champs des locaux. Aujourd’hui, on voit la différence : les enfants vont à l’école. » Membre du CPE 

Les comités travaillent en lien avec les partenaires éducatifs et sociaux et mènent des séances de sensibilisation hebdomadaire. Et ça fonctionne. Mais, comme le dit un membre du CPE : 

« Le changement ne tient pas en une seule action. Il faut toujours recommencer, toujours répéter, parce qu’un message entendu une fois s’oublie, mais un message répété finit par convaincre. » 

Dans ce camp où l’on pensait que les droits de l’enfant seraient les premiers sacrifiés, une poignée de femmes et d’hommes rappellent chaque jour que l’enfance n’est pas monnayable.  

Dans le cadre du programme de résilience appuyé par l’UNICEF et le Gouvernement fédéral allemand à travers la KfW, des efforts sont déployés pour donner à chaque enfant, même dans les zones les plus vulnérables, le droit à la protection de sa dignité.