Quand les inondations décidaient du sort des élèves
L’UNICEF et ses partenaires améliorent l’environnement d’apprentissage à l’école communale de Boutalbagar
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Le calvaire a duré plus d’une décennie.
L’accès difficile à l’école communale de Boutalbagar, dans le 7ème arrondissement de la ville de N’Djaména, était un constat amer partagé par tous. Les eaux de pluies qui inondaient constamment la cour de l’école impactaient fortement le déroulement normal des classes. « Il fallait impérativement marcher dans l’eau et la boue pour accéder à l’établissement et aux salles de classe », se souvient Borgoto Minguemadji Lucie, la directrice.
À chaque saison des pluies, l’eau envahissait la cour et les abords de l’école, s’infiltrant même dans les bureaux de l’administration. Située en contrebas, l’école se transformait ainsi en un véritable bassin de rétention d’eau, avec des conséquences désastreuses. La rentrée scolaire était fréquemment repoussée de longues semaines, parfois jusqu’à la fin novembre, soit environ deux mois après la date officielle qui est le 1er octobre. Les enfants perdaient un temps précieux et n’arrivaient pas toujours à bénéficier du nombre d’heures nécessaire pour couvrir les programmes.
Pendant les vacances, l’administration avait beaucoup de mal à accéder à l’école pour les formalités liées aux préparatifs de la rentrée prochaine et les réinscriptions. L’établissement existait, mais son fonctionnement restait très difficile.
Par le passé, la mairie de la ville de N’Djaména, la capitale tchadienne, avait entrepris d’importants efforts aux abords de l’école pour améliorer la situation. Toutefois, face à l’ampleur et à la récurrence des inondations, les travaux n’ont pas résisté et il était nécessaire de renforcer ces actions par des solutions complémentaires et plus durables.
Dans ce contexte, offrir aux enfants un environnement d’apprentissage adéquat était devenu indispensable. Grâce au soutien financier du Partenariat mondial pour l’éducation, l’UNICEF, en collaboration avec le Ministère de l’Éducation nationale et de la Promotion civique et avec l’appui de ses partenaires, a entrepris d’importants travaux de remblayage et de reconstruction des canaux de drainage des eaux, offrant un nouveau visage à l’école.
Ces interventions, visant à prévenir les inondations et à faciliter la reprise normale des classes, sont inscrites dans un programme plus large de drainage des eaux pluviales mis en œuvre dans 12 écoles de la ville de N’Djaména.
Entre mai et juin 2025, plus de 700 camions de remblai ont transformé les lieux. Là où l’eau stagnait autrefois, la terre ferme a désormais pris place. Les travaux ont redessiné la cour et corrigé les pentes, permettant à l’eau de ruisseler hors de l’établissement, même en cas de fortes pluies.
Les changements ont été immédiats. La date de la rentrée scolaire a été respectée. Les enseignants avancent désormais à un rythme normal et les enfants apprennent dans un environnement assaini et sûr. Ces travaux ont complètement changé la vie de notre école.
Pour les élèves, aller à l’école n’était plus toujours un moment attendu, mais une véritable épreuve. La boue et l’eau stagnante avaient transformé le chemin de l’apprentissage en un calvaire quotidien. Bayang Khamis, élève en classe de CM1, accède désormais à sa classe sans se soucier des défis auxquels il faisait face auparavant.
Parfois, on tombait dans la boue et on se blessait. On se salissait beaucoup et cela ne donnait pas envie d’aller à l’école. Ce n’est plus le cas et maintenant nous profitons pleinement de la cour de récréation.
Djegangnon Leulnodji, enseignante, se rappelle les saisons hivernales où aller en classe était un défi. Seules sa passion pour l’enseignement et sa volonté d’accompagner les enfants lui donnaient la force de faire face à ces conditions éprouvantes.
À l’intérieur comme à l’extérieur de l’école, les conditions d‘accès étaient très difficiles. Il fallait venir en bottes et, malgré cela, se déplacer dans la cour de l’école restait difficile. La cour et les accès étaient constamment envahis par l’eau et la boue. Aujourd’hui, la situation a changé. Pour nous, c’est un véritable soulagement de pouvoir travailler dans de bonnes conditions.
Longtemps submergée par les inondations, l’école de Boutalbagar est désormais à l’abri des eaux. L'apprentissage retrouve toute sa place, dans un environnement assaini, plus sûr, plus serein et désormais propice à l’épanouissement des enfants.