Sauver des vies grâce à l’eau, l’assainissement et l’hygiène dans l’est du Tchad
Avec l’appui du Fonds Humanitaire Régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, l’UNICEF et ses partenaires améliorent l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène dans l'est du Tchad
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Dans les camps de réfugiés soudanais et les communautés d’accueil dans l’est du Tchad, l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement fait partie des besoins essentiels du quotidien. En plus d’être vitaux, ces services sont indispensables pour vivre dans la dignité et protéger la santé des enfants.
Depuis avril 2023, des centaines de milliers de personnes ont traversé la frontière pour fuir le conflit au Soudan et chercher refuge au Tchad. Cette arrivée a mis une forte pression sur les ressources et services de base, notamment l’eau, l’assainissement et l’hygiène, dans des provinces qui accueillent aujourd’hui plus de 900 000 réfugiés soudanais enregistrés, principalement dans les provinces du Ouaddaï, du Wadi Fira, du Sila et de l’Ennedi Est. La majorité de ces populations, sont des femmes et des enfants. Sans eau potable, sans latrines sûres et sans pratiques d’hygiène adaptées, des maladies liées à l’eau et à un environnement insalubre, les maladies comme les diarrhées, les hépatites E, la typhoïde ou le choléra ainsi que certaines maladies de la peau, peuvent rapidement se propager, en particulier chez les enfants.
Depuis le début de la crise, l’UNICEF est aux côtés du gouvernement tchadien pour soutenir des interventions multisectorielles notamment les interventions en eau, hygiène et assainissement. Avec l’appui du Fonds Humanitaire Régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, cet appui se renforce en faveur des réfugiés, retournes, déplacés internes et des communautés hôtes.
Dans les camps de Allacha et de Farchana, dans la province du Ouaddaï, les relais communautaires sont présents chaque jour auprès des familles. Ils mènent des séances de sensibilisation, échangent directement avec les ménages et distribuent des kits d’hygiène pour accompagner les familles au quotidien.
À Allacha, apprendre les gestes d’hygiène au quotidien
En cette matinée ensoleillée au camp de réfugiés d’Allacha, une quarantaine de femmes sont réunies sous un hangar pour une séance de sensibilisation sur la promotion des bonnes pratiques d’hygiène. Assises côte à côte, elles écoutent avec attention les relais communautaires qui expliquent des gestes simples du quotidien pour réduire les risques de maladies : se laver les mains à l’eau et au savon pendant les moments essentiels de lavage des mains, boire de l’eau potable, nettoyer régulièrement les latrines et bien cuire les aliments avant de les consommer.
Parmi elles se trouve Arafa Mahamat Arbab, 40 ans, mère de 11 enfants et enceinte de son douzième. Originaire de Kirenik au Soudan, elle vit à Allacha depuis le début de la crise en 2023.
Aujourd’hui, nous avons appris les bases de l’hygiène pour éviter les maladies. On nous rappelle aussi de faire attention à l’hygiène avant d’allaiter les enfants.
Tout au long de la séance, les échanges sont animés. Les questions et réponses permettent d’aborder aussi la manière de traiter l’eau de boisson, notamment avec du chlore ou en la faisant bouillir lorsqu’il n’y en a pas.
Quand je suis informée d’une sensibilisation, je viens toujours. Aujourd’hui, j’ai aussi reçu du savon pour l’hygiène.
Pour Fatime Souleymane Ibrahim, 28 ans, ces moments de sensibilisation font désormais partie de son quotidien. Étudiante en pédagogie de l’enseignement avant le conflit, elle a fui le Soudan avec ses trois enfants pour se réfugier au Tchad. Elle est actuellement relais communautaire avec l’ONG Sahkal qui est le partenaire de UNICEF.
« Au début, au camp, nous avions des difficultés d’accès à l’eau, à la nourriture et aux soins. Maintenant, ça va mieux »,
explique-t-elle.
Avec les autres relais, Fatime mène des sensibilisations plusieurs fois par semaine.
« Certaines familles ne savaient même pas comment faire l’hygiène correctement. Avant, beaucoup d’enfants étaient négligés. Aujourd’hui, les parents prennent davantage soin de leurs enfants. »
À la fin de la séance, du savon est distribué aux participantes, pour encourager la pratique des gestes d’hygiène dans les ménages.
À Farchana, des latrines améliorées et des messages d’hygiène au cœur du quotidien
Au camp de réfugiés de Farchana, les relais communautaires poursuivent le même travail de proximité auprès des familles réfugiées et communautés hôtes, en allant à leur rencontre pour parler d’hygiène et de prévention des maladies.
Rachida Mahamat Hisseine, 25 ans, étudiait la santé à l’université de la ville d’El-Geneina avant d’arriver au Tchad en 2024.
À chaque fois que nous faisons des sensibilisations, le message passe. Il y a moins de maladies qu’avant.
Mais les besoins restent importants au quotidien.
« Les ménages ont encore besoin de douches, de savon, de bidons et de dispositifs de lavage des mains près des latrines »,
ajoute-t-elle.
À travers ces échanges, Rachida renforce les bonnes pratiques d’hygiène et encouragent des comportements plus sûrs au sein des ménages.
Devant une latrine récemment installée, Zargua Ibrahim Adam tient son enfant dans les bras. Arrivée du Soudan en 2023, elle vit seule avec sa fille dans le camp.
Elle fait partie des ménages qui bénéficient des nouvelles latrines construites par l’UNICEF à travers son partenaire de mise en œuvre, l’ONG Sahkal, dans le cadre des efforts visant à améliorer l’accès à l’assainissement pour les familles.
Avant, sa famille devait utiliser les latrines plus loin de chez elle. Aujourd’hui, l’accès à une installation plus proche et plus sûre change son quotidien.
« Même la nuit, nous pouvons sortir en toute sécurité maintenant. Quand les latrines sont éloignées, c’est risqué. »
explique-t-elle.
Comme Zargua, des milliers de ménages bénéficieront d’un meilleur accès à l’eau, à des latrines et à des kits d’hygiène et d’assainissement, ainsi que de messages de prévention contre les maladies hydriques et les potentielles épidémies.
L’UNICEF et ses partenaires, grâce à l’appui du Fonds Humanitaire Régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, contribuent chaque jour à améliorer les conditions de vie et à protéger la santé des familles réfugiées et des communautés hôtes dans l’est du Tchad.