À Gourgoudji, l’eau potable et la prévention du choléra sauvent des vies
L’accès à l’eau potable et la sensibilisation communautaire, deux armes clés contre le choléra dans l’est du Tchad
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Depuis juillet 2025, une épidémie de choléra touche l’est du Tchad. Face à cette situation, le centre de santé de Gourgoudji a rapidement mis en place des mesures de prévention et de sensibilisation pour protéger la population.
En cette matinée ensoleillée, la cour du centre de santé de Gourgoudji — un village situé à une vingtaine de kilomètres de Hadjer Hadid, dans la province du Ouaddaï — fourmille d’activité. L’équipe médicale y conduit une séance de sensibilisation consacrée à l’hygiène et à la prévention du choléra.
« Nous organisons quatre séances par semaine, surtout les jours de marché, pour toucher le plus grand nombre »,
explique Hisseine Adoum Foth, responsable du centre de santé. Les messages sont simples mais essentiels : se laver les mains avec du savon, couvrir les aliments, désinfecter l’eau avant consommation.
« Quand un cas est détecté, nous référons le malade au centre de choléra du camp de réfugiés de Tréguine et procédons à la désinfection des lieux »,
ajoute-t-il. Depuis le début de l’épidémie, le centre a enregistré une quarantaine de cas dans les villages environnants.
« Le forage a changé beaucoup de choses. Sans ce point d’eau, le choléra aurait fait bien plus de dégâts »,
affirme Hisseine.
Dans le village, les habitants ont adopté de nouvelles pratiques d’hygiène. Dahabaye Ibrahim, 20 ans, jeune mère d’un enfant de 20 mois, participe régulièrement aux séances de sensibilisation.
« On nous a appris à bien protéger les aliments, à les cuire et à les couvrir pour éviter les mouches. J’ai aussi appris à bouillir l’eau des puits avant de la boire et à utiliser de l’eau de javel ou du sel pour nettoyer les ustensiles »,
raconte-t-elle.
Avant l’installation du forage avec l’appui de l’UNICEF, l’eau provenait des marres ou des puits ouverts où animaux et humains s’abreuvaient.
« C’était une eau sale qui donnait des maladies. Depuis qu’il y a le forage, nous avons de l’eau potable pour cuisiner, boire et laver. Cela nous soulage beaucoup »,
ajoute Dahabaye, sourire aux lèvres.
Pour Bahradine Brahim Abdoulaye, 48 ans, représentant du chef de canton de Gourgoudji et père de neuf enfants, le changement est visible.
Avant, les malades du choléra étaient gardés à la maison. Depuis qu’il y a les sensibilisations, les gens savent qu’il faut envoyer les malades au centre de santé. On applique aussi les mesures de prévention chez nous.
Le forage, mis en service au début de l’année, a considérablement amélioré la vie des habitants.
« Avant, l’eau des puits était insalubre, les animaux buvaient dedans. Il fallait se lever à l’aube pour aller chercher de l’eau. Aujourd’hui, grâce à la borne fontaine, nous avons accès à une eau propre »,
souligne Bahradine.
Aujourd’hui, le village de Gouroudji est mieux préparé à faire face aux épidémies et à protéger la santé de ses membres.
En réponse à l’épidémie de choléra au Tchad, l’UNICEF avec l’appui financier de son fond humanitaire flexible, du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF), du gouvernement de la Suède et de l’aide humanitaire de l’Union européenne, soutient les efforts du gouvernement tchadien et de ses partenaires pour prévenir et répondre efficacement à la crise. Cet appui se traduit notamment par la distribution de kits de prise en charge, la fourniture d’équipements de désinfection et la réhabilitation d’infrastructures d’eau, d’hygiène et d’assainissement.