Au Tchad, une bourse scolaire donne aux filles vulnérables une chance de poursuivre leurs rêves

Dans le cadre du Programme de Refondation de l’École Tchadienne, ministère de l’Éducation nationale, du Bilinguisme et de la Promotion civique, en collaboration avec l’UNICEF et ses partenaires renforcent le soutien à la scolarisation des filles

Annadjib Ramadane Mahamat
Marie, étudiante en Lettres modernes à l’Université de Pala.
UNICEF/2026/Annadjib
13 août 2026

Dès les premières heures de la matinée, la cour de l’école EGTH de Pala, dans la province du Mayo-Kebbi Ouest, dans le sud-ouest du Tchad, commence à s’animer. Des parents et tuteurs d’élèves arrivent progressivement. Les discussions se mêlent aux sourires et aux salutations. Tous sont venus pour un moment important : recevoir la deuxième tranche de la bourse scolaire destinée à soutenir la scolarisation des filles vulnérables mis en place dans le cadre du Programme de Refondation de l’École Tchadienne (PRET). 

Parmi eux, certains parents voient dans cette aide un soulagement face aux nombreuses dépenses liées à la scolarité. Pour d’autres, c’est surtout une opportunité donnée à leurs filles de rester à l’école, de poursuivre leurs apprentissages et de construire leur avenir. 

À travers ce programme, l’objectif est d’accélérer la scolarisation des filles, en particulier celles issues des familles les plus vulnérables. L’appui vise à favoriser leur accès à l’école, leur maintien dans le système éducatif ainsi que leur transition du primaire vers le collège, une étape où plusieurs filles risquent encore d’abandonner leur parcours scolaire en raison des difficultés économiques et sociales. 

Mis en œuvre par le ministère de l’Éducation nationale, du Bilinguisme et de la Promotion civique, en collaboration avec l’UNICEF et ses partenaires, et financé par le Partenariat mondial pour l’éducation (GPE), ce programme prévoit d’accompagner 25 000 filles vulnérables dans 318 écoles réparties dans les régions du Barh El Ghazal, du Kanem, du Guéra, du Salamat, du Mayo-Kebbi Est, du Mayo-Kebbi Ouest, du Logone Occidental, du Logone Oriental et du Mandoul. 

Des parents reçoivent la bourse scolaire.
UNICEF/2026/Annadjib Des parents reçoivent la bourse scolaire.
Des parents reçoivent la bourse scolaire.
UNICEF/2026/Annadjib

L’appui prend la forme d’un transfert monétaire direct aux familles bénéficiaires. Le projet, prévu jusqu’en 2028, accompagne les ménages afin de réduire les obstacles qui empêchent encore certaines filles de poursuivre leur parcours scolaire. 

Après un premier paiement effectué en décembre 2025, les familles reçoivent depuis juillet 2026 la deuxième tranche de cette bourse. Au total, chaque fille bénéficiaire reçoit 40 000 francs CFA par année scolaire, destinés à soutenir les dépenses liées à sa scolarisation : fournitures scolaires, tenues scolaires, chaussures, frais d’inscription et autres besoins essentiels.

Marie, étudiante en Lettres modernes à l’Université de Pala.
UNICEF/2026/Annadjib Marie, tutrice de ses deux jeunes sœurs.

Parmi les tuteurs des élèves figure Marie Bahane, 26 ans, étudiante en Lettres modernes à l’Université de Pala. Tutrice de ses deux jeunes sœurs, âgées de 12 et 13 ans et toutes deux scolarisées, elle affirme que cette bourse a profondément changé leur quotidien. 

Avant de recevoir cet appui, préparer la rentrée scolaire représentait souvent un défi pour la famille. 

« Avec la première tranche, nous avons pu payer les frais de scolarité, acheter des sacs, des chaussures et des vêtements. Cela nous a vraiment soulagés »,

raconte-t-elle. 

À l’approche de la prochaine rentrée, Marie prévoit d’utiliser la deuxième tranche pour accompagner davantage ses sœurs, notamment celle qui va entrer au collège. 

« Comme l’une d’elles passe en 6e, cette aide va permettre de préparer son inscription, acheter les fournitures et les tenues nécessaires »,

explique-t-elle. 

Pour Marie, l’impact de cette bourse dépasse l’aspect financier. 

« Les enfants sont plus motivés parce qu’elles ont leurs sacs, leurs fournitures et le matériel nécessaire.  Auparavant, certains élèves étaient inscrits tardivement parce que leurs parents n’avaient pas les moyens, au début de l’année scolaire, d’acheter des cahiers ou des fournitures scolaires. Aujourd’hui, cette aide favorise leur scolarisation »,

souligne-t-elle. 

Deuyikbe, 15 ans.
UNICEF/2026/Annadjib Deuyikbe, 15 ans.

Au village de Bissi-Mafou, situé à quelques kilomètres de la ville de Pala, une autre bénéficiaire nourrit un grand rêve. Deuyikbe Berthe, 15 ans, est élève en classe de 5ème au collège de Bissi-Mafou. Elle passera en classe de 4e à la prochaine rentrée scolaire. 

Grâce à la bourse reçue par ses parents, Berthe a pu payer son inscription scolaire et acheter des livres nécessaires à ses apprentissages, notamment en français, en biologie et en anglais. 

Elle a également choisi d’investir une partie de cette aide dans l’achat d’une chèvre, une initiative qui pourrait lui permettre de disposer d’une petite ressource pour répondre à certains besoins futurs. 

« Je suis heureuse d’avoir reçu cette bourse. Elle va nous aider à faire quelque chose et à mieux préparer l’école »,

dit-elle avec le sourire. 

Comme beaucoup de jeunes filles soutenues par ce programme, Berthe garde un objectif clair : réussir ses études et devenir enseignante. 

À Pala et dans les autres localités bénéficiaires, cette bourse scolaire représente bien plus qu’un appui financier. Elle contribue à lever certaines barrières qui empêchent les filles vulnérables de poursuivre leur parcours éducatif.