De la quête de sécurité à l’audace de rêver à nouveau

l’UNICEF aide les enfants réfugiés à surmonter leurs traumatismes et à prendre un nouveau départ

Brice Kevin DA
Des enfants réunis devant un spectacle
UNICEF/2026/Da
09 août 2026

Chaque jour, l’espace adapté aux enfants du camp de réfugiés d’Oure Cassoni s’anime au rythme des jeux, des séances de dessin et des activités de sensibilisation. Au-delà des rires et des activités récréatives, ces moments de rassemblement ont une vocation essentielle : permettre aux travailleurs de la protection de l’enfance d’identifier les enfants susceptibles d’avoir besoin d’un soutien urgent.

Parmi les enfants qui participent aux activités se trouve Samira Ibrahim*, sept ans, reconnaissable à son foulard rose vif.

Comme beaucoup d’enfants autour d’elle, Samira et sa famille sont arrivées dans l’est du Tchad avec pour seuls bagages les quelques effets qu’elles avaient pu emporter. Originaires de Zamzam, dans la région du Darfour du Nord au Soudan, elles ont fui le conflit en juin 2025, après que les violences ont coûté la vie aux deux parents de Samira.

Avec ses six frères et sœurs, elle a rejoint le Tchad accompagnée de leur grand-mère, dont les blessures témoignent encore des violences qu’elles ont fuies. Après avoir été touchée par une balle, une blessure non soignée s’est infectée, entraînant l’amputation de son bras.

Depuis le déclenchement du conflit au Soudan voisin en avril 2023, le Tchad a accueilli plus de 938 000 réfugiés soudanais, dont la majorité sont des femmes et des enfants en quête de sécurité.

Pendant des mois, le quotidien de la famille a été marqué par les traumatismes liés au conflit et par la lutte incessante pour satisfaire ses besoins les plus élémentaires. Un tournant s’est produit lorsque Samira a commencé à fréquenter l’espace adapté aux enfants. C’est là que Ronel*, travailleuse psychosociale auprès du partenaire de l’UNICEF, l’Association pour la promotion des libertés fondamentales au Tchad (APLFT), l’a identifiée comme une enfant ayant besoin d’un accompagnement.

Aujourd’hui, Samira est inscrite en classe de CP1 dans une école située à proximité et ne manque presque jamais les activités de l’espace adapté aux enfants l’après-midi.

Depuis, un accompagnement psychosocial régulier l’aide à exprimer ses émotions, à retrouver confiance en elle et à mieux faire face aux conséquences durables du conflit.

Au-delà du soutien psychosocial, Samira et les membres de sa famille ont également reçu une aide essentielle, notamment des nattes, des couvertures, des vêtements, des moustiquaires, du savon, des vivres et d’autres articles ménagers, leur permettant de répondre à leurs besoins immédiats.

Nous sommes souvent le premier point de soutien pour les enfants vulnérables et leurs familles. À travers l’espace adapté aux enfants, nous identifions les enfants à risque, évaluons leurs besoins, sensibilisons aux questions liées à la protection de l’enfance, notamment la violence, l’exploitation et le travail des enfants, et les orientons vers les services appropriés lorsque cela est nécessaire. Notre rôle est de veiller à ce qu’aucun enfant ne soit privé des soins et de la protection dont il a besoin.

Ronel

Soutenue par 15 volontaires communautaires formés à la protection de l’enfance, Ronel supervise les activités de l’espace adapté aux enfants, qui accueille en moyenne 200 enfants. Cet espace constitue une porte d’entrée essentielle pour identifier les enfants vulnérables et les mettre en relation avec les services de protection.

Peu de personnes connaissent Samira aussi bien que Kadidia*, l’une des volontaires communautaires pour la protection de l’enfance.

Samira peut être assez timide au début. Mais dès qu’elle se sent en sécurité et qu’elle fait confiance aux personnes qui l’entourent, sa personnalité s’épanouit. Elle aime se laisser aller et raconte souvent les histoires les plus drôles. L’espace adapté aux enfants a offert à Samira bien plus qu’un lieu sûr pour jouer et apprendre. Il lui a aussi redonné la confiance nécessaire pour rêver à nouveau.

Kadidia
Samira se faufile au milieu du groupe pour trouver le meilleur point de vue et suivre les activités au plus près.
UNICEF/2026/Da Samira se faufile au milieu du groupe pour trouver le meilleur point de vue et suivre les activités au plus près.

J'aimerais vraiment devenir médecin pour pouvoir soigner les personnes malades.

Samira

Grâce à une contribution de près d’un million de dollars du Gouvernement du Japon, l’UNICEF et ses partenaires aident les enfants réfugiés et leurs familles à faire face aux traumatismes liés au conflit et au déplacement.

A travers des services intégrés de protection de l’enfance, les enfants bénéficient d’un soutien psychosocial, participent à des activités récréatives structurées et sont orientés vers des services spécialisés lorsque cela est nécessaire.

Non loin de l’espace ami des enfants, Ronel, Kadidia et un staff de l’UNICEF prennent le temps d’écouter Samira et d’échanger avec elle.
UNICEF/2026/Da Non loin de l’espace ami des enfants, Ronel, Kadidia et un staff de l’UNICEF prennent le temps d’écouter Samira et d’échanger avec elle.

L’histoire de Samira est loin d’être unique. Dans toute la communauté, de nombreux enfants continuent d’être exposés à de graves risques en matière de protection, malgré l’aide humanitaire apportée.

Les travailleurs de la protection de l’enfance suivent actuellement 37 cas présentant des risques élevés. Neuf incidents de violence basée sur le genre ont été documentés, bien que les volontaires communautaires de protection de l’enfance estiment que le nombre réel est beaucoup plus élevé, de nombreuses survivantes craignant encore de signaler les violences par peur de la stigmatisation ou de représailles.

Avant de quitter l’espace adapté aux enfants, Samira se retourne et fait un signe de la main à Ronel. Elle reviendra demain, dit-elle, pour jouer avec ses amis.

Pour une enfant qui, autrefois, passait ses journées repliée sur elle-même, paralysée par la peur, cette simple promesse en dit plus que mille mots.

 

* Nom d'emprunt